> Danser sous la pluie...

lundi 1 octobre 2012

Danser sous la pluie...



A quelques jours d’intervalle, j’ai appris que 2 personnes de mon entourage avaient vécu des drames personnels et que je n’en ai rien su.

Facebook ne dit pas tout. Nos vies sous cellophane, nos statuts décalés ou joyeux, nos « j’aime » ou nos photos d’un bonheur figé ne racontent pas l’essentiel. Ils ne disent pas nos peurs, nos moments de solitude, nos doutes, notre mal-être. Le rire est la politesse du désespoir, aussi nous planquons nos angoisses et nos drames sous les fards d’une gaieté factice, d’un bonheur en carton. Il ne s’agit pas d’ « en mettre plein la vue », de se créer de toutes pièces une vie imaginaire qui ferait envie aux autres. Juste de garder sa dignité et de faire comme si l’existence continuait, sans statuts plaintifs ou messages cachés.

Je m’en veux rétrospectivement de n’avoir pas décelé ces drames chez mes 2 amies. Pour moi qui n’aime pas le téléphone, Facebook me permet de garder un œil quotidien et bienveillant sur la vie de ceux que j’aime. Mais j’en oublie parfois de lire entre les lignes et je rate le coche. Il m’arrive pourtant de décoder certaines choses, à travers un sourire trop figé, répété à l’identique sur une dizaine de clichés. Ou de voir qu’étrangement, un membre de la famille disparaît soudainement de tous les albums photos. Mais là, je n’ai rien vu, sans doute trop empêtrée dans mes propres problèmes d’égo.

Régulièrement, j’essaye de prendre du recul et je me demande quelle image de moi est projetée sur ma page Facebook. Que se dégage-t-il de ce cadavre exquis forcément réducteur fait de photos et de mots d’enfants, de clichés de gâteaux ou d’autopromotion éhontée de mon blog ? Une caricature forcément.

J’admire ces 2 amies qui n’ont rien laissé percer de leurs drames. Quand j’ai vécu des moments difficiles, j’ai essayé de ne rien dire sur Facebook mais certains ont très vite décodé qu’il se passait quelque chose. Une citation un peu désenchantée, une photo de profil changée et immédiatement quelqu’un m’a dit « tout va bien Sophie ? ». Même quand je restais muette, mon silence éloquent était perçu comme un aveu. Je n’ai pas su donner le change, par volonté inconsciente d’être plainte ou écoutée, je pense. Cet échec renforce d’autant mon admiration pour ces 2 personnes.

« Vivre sa vie ne veut pas dire attendre que l’orage passe.  C’est apprendre à danser sous la pluie ».

Continuez à danser, mes amies, vous le faites divinement bien.