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lundi 1 mai 2023

Coacher les femmes pour négocier leur salaire ne sert à rien


 

… sans une véritable déconstruction des biais de genre en entreprise.

Une étude de McKinsey ainsi révélé que les femmes qui avaient tenté de négocier une promotion ou une augmentation de salaire étaient 30% plus susceptibles d'être qualifiées d'"agressives" ou de "autoritaires" que les hommes.

Pour atteindre l’égalité, il ne suffit donc pas d’inciter les femmes à oser demander : les entreprises doivent également travailler à déconstruire leurs propres biais sexistes.

Voici 14 règles, proposées par l’experte en négociation salariale, Katie Donovan, pour créer un environnement plus équitable pour tous.tes les employé.e.s.

  1. Ne demandez plus aux candidates leur salaire actuel. Cela maintient les inégalités salariales. Katie Donovan propose de bannir du recrutement cette question. Elle a réussi à faire inscrire cette interdiction dans une loi passée en 2016 dans le Massachussetts. Quand l’employeur n’est pas autorisé à demander aux candidat.e.s le montant de son salaire actuel, le salaire d’embauche retenu augmente de 2 % pour les hommes par rapport à leur salaire précédent, et de 8 % pour les femmes

  2. Arrêtez de baser les offres de salaire sur les salaires antérieurs des candidates. Cela perpétue les inégalités salariales.

  3. Évaluez les emplois et les compétences de manière objective et non discriminatoire.

  4. Déterminez une fourchette de salaire pour chaque poste en fonction du marché, de la performance et des compétences requises. Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à questionner le salaire d’embauche proposé et à postuler aux offres floues sur la marge de négociation salariale

  5. Offrez une fourchette de salaire plutôt qu'un chiffre unique pour donner aux candidates plus de marge de négociation.

  6. Assurez-vous que les offres salariales sont compétitives par rapport aux salaires du marché

  7. Assurez-vous que les femmes et les minorités raciales ont un accès égal aux emplois les mieux rémunérés.

  8.  Formez les recruteurs et les gestionnaires à la négociation salariale et à la diversité

  9. Éduquez les employé.e.s aux inégalités salariales et leur impact sur les femmes et les minorités raciales.

10.   Créez un environnement où les employées se sentent à l'aise pour négocier leur salaire. 

11.   Encouragez les employeurs à prendre en compte les soins familiaux et les obligations familiales lors de la négociation des salaires. 

12.   Utilisez des indicateurs de performance pour déterminer les augmentations salariales, plutôt que des critères subjectifs tels que l'estime de soi. 

13.   Mettez en place des mécanismes de transparence salariale pour permettre aux employées de comprendre comment sont fixés les salaires.

14.   Offrez des programmes de mentorat et de coaching pour aider les femmes et les minorités raciales à améliorer leurs compétences de négociation salariale.

En tant que spécialiste des stéréotypes de genre en entreprise, j'ai souvent constaté que la négociation salariale était un domaine où les femmes étaient désavantagées.

Il est temps que les entreprises prennent leurs responsabilités et déconstruisent leurs biais de genre pour garantir une égalité salariale pour tous.tes les employé.e.s.

Et vous, connaissez-vous des exemples de bonnes pratiques en la matière?


1.      

samedi 19 février 2022

Comment dire "non" au travail sans avoir peur de passer pour un pitbull ou une tire-au-flanc?

 


 Dans un précédent article « Et si on arrêtait d'acheter le gâteau? De la charge affective des femmes au travail » j’ai mis en lumière le poids des tâches liées au "care" (au travail affectif) que les femmes prenaient en charge au travail : s’occuper de l’onboarding des nouveaux/nouvelles, consoler des collègues, les aider, penser aux cadeaux d’anniversaire, rédiger des tutoriels. Au bureau, 20% du temps de travail des femmes serait ainsi consacré à ces tâches "gratuites". 

Pour ne pas rester au simple stade du constat, je me suis dit qu’il serait intéressant de vous aider à passer à l’action : voici donc quelques conseils pour apprendre à dire « non » au travail sans avoir peur de passer pour un pitbull ou une tire-au-flanc.

3 étapes d’introspection pour changer votre regard sur le « non »

Etape 1 -Faites le point sur vos besoins : en tant que fille, notre éducation ne nous a pas habituées à nous écouter mais plutôt à faire passer les besoins d’autrui avant les nôtres. A dire oui même quand nous pensons non, à faire plaisir, à être polie, bonne élève et surtout pas trop revendicative.

Examiner vos besoins régulièrement est pourtant fondamental car cet exercice permet de poser des limites claires et de prendre des décisions éclairées.

 Il ne faut donc pas hésiter à prendre rdv avec vous-même, plusieurs fois dans l’année pour vous demander : « De quoi ai-je besoin dans ma vie en ce moment ? : de plus de temps pour moi? De davantage de reconnaissance ? De stimulation ? Est-ce que la demande qui m’a été faite me permet de nourrir ce besoin ou répond uniquement au besoin de mon interlocuteur ? Quand je lui dis oui, à quoi dis-je non pour moi ? ». Pour reprendre les mots de l’entrepreneur et auteur Derek Sivers : « If it’s not a hell yes, it’s a no » (« Si ça n’est pas un putain de oui, c’est non ! »).

Etape 2 -Demandez-vous pourquoi vous dites oui : très souvent chez les femmes que j’accompagne, derrière le « oui », se cache le désir d’être appréciée, de faire plaisir ou la peur d’être considérée comme incompétente ou tire au flanc. Tout ces croyances sont largement alimentées par les stéréotypes de genre : comme on l’a vu dans l’article précédent, le regard porté sur les collaboratrices qui refusent de rendre des services est généralement plus sévère que celui porté sur leurs homologues masculins. Et il flotte souvent autour des femmes une présomption d’incompétence qui les oblige à sur-travailler ou à faire plus que ce qui leur est demandé.

Il est pourtant très important de savoir marquer ses limites. Je l’ai souvent remarqué, une personne qui dit « non » fermement et avec des arguments posés est bien plus respectée que la bonne poire qui dit oui à tout, quitte à charger la mule et à ne plus arriver à mettre en œuvre les missions qui lui sont assignées.

Etape 3 - Déconstruisez vos croyances autour du « non » : dire non ne veut pas dire taper sur la table, claquer la porte, s’imposer ou hausser le ton. On peut tout à faire dire non de manière polie, argumentée et en respectant les besoins d’autrui, nous le verrons plus loin dans cet article.

Quelques conseils pour apprendre à dire non :

- Entraînez-vous à dire non : vous pouvez commencer par de petites choses au début comme refuser la carte de fidélité qu’essaie de vous refiler votre magasin de vêtements préférés ou le soin à 15€ que vous propose votre coiffeur. Ou encore décliner votre participation au pot de départ de ce collègue qui vous a pourri la vie depuis son arrivée dans la boîte. En vous entraînant avec des actions à faible enjeu, vous prendrez de l’assurance et vous verrez que la terre ne s’ouvre pas sous vos pieds quand vous dites non.

- Préparez une liste de réponses toutes faites : quand j’ai commencé à travailler à mon compte, j’ai reçu beaucoup de sollicitations, plus ou moins intéressantes, plus ou moins rémunérées. J’ai dû à chaque fois arbitrer en fonction de mes besoins et objectifs et ça a été l’occasion parfaite pour apprendre à dire « non » poliment et fermement. J’ai depuis préparé une liste de réponses toutes faites qui me font gagner du temps et m’évitent de trop avoir à tergiverser.

Quelle que soit votre décision, ne laissez pas passer trop de temps avant de répondre afin de ne pas donner une mauvaise image ou mettre dans l’embarras votre interlocuteur. Ne vous répandez pas non plus en justifications, soyez ferme et simple dans votre réponse.

- Prenez le temps de donner votre réponse : trop souvent, poussée par l’urgence du besoin de son interlocuteur on répond trop rapidement, quitte ensuite à s’en mordre les doigts. La première chose à faire est de reformuler la demande histoire de temporiser et mettre l’autre face à ses responsabilités. « Si je comprends bien, tu veux que je reprenne ce dossier, qui est déjà hors délai, en plus des 5 dossiers que j’ai à gérer, j’ai bien compris ta demande ? ». En général, votre interlocuteur acquiescera et sera légèrement déstabilisé face à l’énoncé de la demande , surtout si elle est exagérée. Quant à vous, vous aurez gagné un peu de temps. Ensuite, montrez que vous avez compris son besoin : « Les ressources en interne sont débordées, tu as donc besoin d’efficacité et de clarté, c’est pour cela que tu te tournes vers moi c’est bien cela ? ». Suite à sa réponse, réservez-vous le droit de ne pas y donner suite immédiatement. « J’ai bien entendu ta demande. Comme tu le sais, être efficace est très important pour moi. C’est pourquoi, j’ai besoin de faire le point sur mes dossiers en cours : je ne veux pas te dire oui et ensuite fournir un travail qui n’est pas à la hauteur de mes attentes en terme qualité. Je reviens vers toi dans l’après-midi sans faute, j’ai compris que c’était important pour toi ».

- Proposez une alternative : si vous le souhaitez, vous pouvez répondre « Oui, mais… » : « Ok pour prendre en charge ce dossier si j’ai un délai supplémentaire/des personnes en interne pour m’aider/la possibilité de déléguer un autre projet ». Mais aussi « Non, mais … » : « Désolée, je ne peux pas t’aider, en revanche je peux te recommander une personne très compétente sur le sujet/je ne peux pas prendre ce sujet en intégralité, en revanche, je veux bien apporter mon expertise sur un point en particulier »

- Ecoutez vos émotions : Si on se sent dépassé.e par la colère car on vient une énième fois vous demander un service, plutôt que d’y céder, il vaut mieux prendre un temps d’arrêt, sortir prendre l’air et faire une pause. Cette émotion doit être entendue comme un clignotant sur un tableau de bord : c’est le signe qu’un de vos besoins est contrarié. L’idée n’est pas ici de la refouler en fumant une cigarette, en vous jetant sur votre téléphone pour scroller indéfiniment ou sur une tablette de chocolat. Mais plutôt de la prendre comme un messager qui essaie de vous dire quelque chose : une limite a été franchie.

Pour conclure, je reprendrai les mots du psychosociologue Jacques Salomé, "Oser dire non à l’autre, c’est oser dire oui à soi-même" . Alors, vous commencez quand ?

 


lundi 14 février 2022

Un coaching bénévole ça vous dit?


 

Vous avez du mal à atteindre vos objectifs personnels ou professionnels, vous êtes freiné.e par des peurs et des croyances ?

Vous procrastinez, partez dans tous les sens, avez besoin d’un œil expert pour vous aider à y voir plus clair ?

Si ça vous parle, ce message est pour vous : je vous propose un coaching bénévole !

Consultante en gestion de carrière depuis 3 ans, j’ajoute aujourd’hui une nouvelle corde à mon arc en suivant une formation certifiante de coach professionnelle à la Haute Ecole de Coaching.

Dans ce cadre, je suis à la recherche de 3 personnes à coacher gratuitement afin de valider ma formation et obtenir ma certification.

Qu’est-ce qu’un coaching ?

Un coaching est l’action d’accompagner une personne vers son objectif futur, qu’il soit professionnel ou personnel. Il ne s’agit ni d’une prestation de conseil ni de formation.

Qui peut être coaché.e ?

Toute personne peut être coachée à condition d’être dans un état d’esprit positif, d’être motivée et d’avoir une vraie volonté et ouverture face au changement.

Le coaching dans le cadre de ma formation n’est pas forcément adapté aux personnes souffrant actuellement de dépression, de burn-out ou d’angoisses.

Pour des raisons de neutralité, je ne peux coacher aucun.e ami.e ou membre de ma famille ou plus largement une personne avec qui j’ai un lien affectif ou de proximité.

Enfin, la personne coachée doit avoir plus de 24 ans.

Quels sont nos engagements réciproques ?

Je m’engage à vous coacher avec rigueur et bienveillance au moyen d'outils et méthodes éprouvés. 

Je serai supervisée par un coach senior de la Haute Ecole de Coaching et vous ferai signer un contrat de coaching.

En formation, je ne peux facturer ma prestation. C’est un échange de services : en contrepartie vous me permettez d’obtenir ma certification en vous engageant jusqu’au bout de la démarche d'une durée de 3 mois environ, avec implication et motivation. 

J’insiste sur l’importance de cet engagement, dans la durée et jusqu’à la fin du coaching.

Sur quelles thématiques le coaching peut-il porter ?

En coaching, toutes les thématiques peuvent être abordées mais je souhaiterais si possible privilégier les sujets autour de la sphère professionnelle : souhait de créer son entreprise mais peur de se lancer, difficulté pour passer à l’action, dépasser le manque de confiance en soi au travail, déséquilibre vie pro-vie perso etc…et toutes les demandes que vous pourriez avoir et que nous pourrons traiter ensemble.

Quelles sont les modalités pratiques ?

Un coaching dure environ 3 mois à raison d’une dizaine de séances d’1h à 1h30 espacées d’une semaine à 10 jours (sur une période allant de maintenant jusqu’à juillet). Le coaching a lieu en distanciel, en visio.

Comment débuter ?

Si vous êtes intéressé.e et motivé.e par la démarche et que vous remplissez les conditions énoncées ci-dessus, n’hésitez pas à remplir le questionnaire ci-après : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe7FmdRWE-kU3QmUYkyKLpOebXd1MT9RvXnkx58VMVZspCsyg/viewform?usp=sf_link

Si vous êtes retenu.e, je vous contacterai rapidement pour convenir d’un bref échange téléphonique afin de fixer notre premier rdv.

N’hésitez pas à partager cette information aux personnes autour de vous susceptibles d’être intéressées.

Merci par avance!

Edit du 17/02/2022 : le questionnaire a été désactivé car j'ai trouvé les 3 personnes à coacher, merci à toutes et tous pour votre participation! N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez être tenu.e au courant de mon offre, une fois que je serai certifiée (en septembre si tout va bien!). Par ailleurs, je continue toujours les bilans de compétences, même si mon agenda est très réduit à cause de ma formation. Contrairement au coaching, il peut être pris en charge par votre CPF, je vous explique tout dans cet article.