vendredi 28 novembre 2014

Résultat du concours "Tiens-toi droite"






Comme prévu, voici les noms des heureuses gagnantes qui ont remporté 2 places pour aller voir "Tiens-toi droite":

- Beauvois Anne-Christelle
- Astrid Declercq
- Mamie Sophie
- Joanna Cavey
- Ludivine Proudon

Merci de me contacter par mail (sophiegourion(at)hotmail.fr) afin me communiquer vos coordonnées pour que l'on puisse vous faire parvenir vos places rapidement.


mardi 25 novembre 2014

Le silence des pantoufles


En tant que blogueuse féministe, peut-on se passer d’écrire un billet un 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes ? Pas vraiment, même si la foi manque parfois.

Une journée coincée entre la journée des toilettes et celle de la poésie, quelques mois avant celle des droits des femmes (transformée en vaste foire commerciale destinée à vendre à LAFÂME des rouges à lèvre et des robots ménagers).

Cette année, je n’ai pas envie de répéter une énième fois des chiffres que vous aurez oubliés demain.

Si je vous donne les chiffres des victimes de violences conjugales, vous allez me demander pourquoi ces femmes ne sont pas parties avant.

Si je parle des victimes de harcèlement de rue, vous allez me dire que c’est terrible, on ne peut plus faire de compliments aux femmes.

Si je parle des viols, vous allez me dire que tous les hommes ne sont pas des violeurs, qu’elles n’avaient qu’à s’habiller autrement.

Si je parle de harcèlement moral ou sexuel, vous allez me répondre qu’on ne pourra plus se retrouver en tête à tête dans un ascenseur par peur de procès.

Vous trouvez que j’exagère ? Allez faire un tour sur Twitter, écoutez ce que les femmes racontent, lisez ce qu’écrivent les journaux, lancez ces sujets lors d’un repas de famille.

Pour ces femmes victimes de violences, c’est la double peine. Elles subissent une agression et ne sont généralement ni reconnues ni écoutées.

Les hashtags «Harcèlement de rue » et plus récemment « Paye ton utérus » ont libéré la parole des femmes sur les réseaux sociaux. Elles ont enfin pu parler. Mais pour combien de tweets assassins disant qu’elles n’avaient qu’à choisir un autre médecin ou s’habiller autrement ? Et je ne parle même pas du traitement médiatique de ces sujets de la part de journalistes gadgétisant l’info. Point du mari, viols, violences conjugales sont dans la plupart des cas traités de manière sensationnaliste ou excusant l’agresseur. Pour quelques jours seulement, puis Twitter bruissera d’un autre buzz et le sujet sera oublié.

Tant que des médecins infantiliseront les patientes et ne repéreront pas les situations de détresse

Tant que des journalistes préfèreront le buzz à de l’information sourcée, sans « victim blaming »

Tant que des passagers d’un métro laisseront faire et baisseront les yeux devant des situations de harcèlement de rue

Tant que l’industrie cinématographique et les médias entretiendront le mythe du violeur fou, agissant dans un parking.

Tant que des femmes jugeront d’autres femmes sur leurs tenues, leurs fréquentations.

Ca sera la double peine pour les victimes.

« Le silence des pantoufles est plus dangereux que le bruit des bottes » disait Martin Niemöller.

Dans le cas des violences faites aux femmes, le silence fait parfois autant de mal que l’agression elle-même. Alors écoutons.

Pour agir et en savoir plus :

- Répondre à l’enquête de l’association les Dé-chaînées sur l’accueil des victimes de crimes et délits sexuels
- Suivre la présentation de l'étude menée par le CESE sur les violences faites aux femmes, des plus visibles aux plus insidieuses
- Lire le billet de Doc Arnica sur la détection des violences psychologiques par les médecins
- Découvrir la campagne d’ « Osez le féminisme » pour reconnaître le féminicide
- Lire l’article de « Crêpe Georgette » : « Comment les journalistes peuvent-ils parler des violences sexuelles : proposition de charte ».

lundi 24 novembre 2014

Ce qu'il restera de moi



« Maman, tu sais le soir, une fois dans mon lit, j’aime bien entendre le bruit de tes bracelets quand tu es dans la salle de bains. Ca m’aide à m’endormir ».

Devant ma boîte à bijoux, j’ai repensé à cette phrase de ma fille et je n’ai pas rangé mon jonc en argent, mon bracelet de perles avec sa petite main de fatma ainsi que ma manchette ciselée. J’ai aimé que ma fille me reconnaisse à mon bruit, comme un petit chat malicieux trahi par son grelot.

Savoir que les tintements de mes bijoux l’apaisent, ça veut dire beaucoup, que je suis encore celle qui rassure, malgré mes propres doutes. Qu'elle apprécie de me savoir à côté, pas encore oppressante, juste bienfaisante.

Je me dis que, plus tard, ce bruit a priori anodin restera une trace de moi audible parmi le fatras de ses souvenirs. Alors, je le cultive patiemment pour pouvoir exister quand je ne serai plus à ses côtés quotidiennement.

Car, quand on y pense, que garde-t-on de ses parents ? Quels souvenirs d’eux nous habitent, une fois adulte ?

De ma mère, je me souviens du bruit de ses belles bottes cavalières à talons, si typiques des années 70, quand elle venait me réveiller le matin.

De sa façon de chantonner « ti la la la » dans la cuisine quand elle ne connaissait pas les paroles.

Du goût si inimitable de sa vinaigrette. Elle a beau me répéter encore aujourd’hui « Mais c’est facile, 2 cuillères d’huile, une de vinaigre », je n’arrive jamais au même résultat.

De la douceur de son manteau en lapin, dont j’arrachais discrètement les poils quand elle l’avait sur le dos, jolie et apprêtée, pour lui montrer que je ne voulais pas qu’elle sorte le soir avec mon père.

De la sensation des draps frais quand elle changeait mon lit lorsque j’étais malade et qui me faisait supporter même jusqu’à la douleur des piqures.

Je sais que mes enfants ne retiendront de moi que des sensations diffuses, des souvenirs de pas grand-chose. Ils ne se souviendront pas des nuits hachées par les biberons, des jours posés pour rester auprès d’eux quand ils étaient malades. Ils oublieront les plats mijotés pendant des heures mais garderont le souvenir des coquillettes au beurre.

Alors, ces souvenirs, je le sème discrètement. Je me parfume de fleur d’oranger. Je peaufine mes petits plats en espérant qu’un d’entre eux figurera plus tard à leur panthéon culinaire. Je n’essaye pas de traquer mes tics de langage, qui les feront sans doute sourire un jour. 

Et je fais tinter mes bracelets.



vendredi 21 novembre 2014

J'ai vu "Tiens-toi droite" de Katia Lewkowicz (+ concours pour gagner 10 places de cinéma)



Il y a quelques mois,  la réalisatrice Audrey Dana se défendait d’avoir voulu faire un film féministe avec « Sous les jupes des filles », comme s’il s’agissait d’un gros mot.

Lundi dernier, j’ai été conviée à l’avant-première du film de Katia Lewkowicz « Tiens-toi droite », suivie d’un débat avec la réalisatrice.

Symptôme vivifiant d’un changement de mentalité, celle-ci assume pleinement le fait d’avoir voulu réaliser un film féministe.  « Tiens-toi droite » passe d’ailleurs haut la main le test de Bechdel : il comporte au moins deux personnages féminins identifiables par un nom, ces femmes se parlent et discutent d’autre chose que d’un homme. Plutôt enthousiasmant!

L’histoire raconte le destin croisé de 3 femmes : Louise (Marina Foïs) qui quitte le pressing familial pour travailler dans une grande entreprise de fabrication de poupées, Lili (Laura Smet), Miss Nouvelle-Calédonie, qui fait la rencontre d'un riche industriel et Sam (Noémie Lvovsky), mère de famille nombreuse, qui décide de prendre son indépendance. Toutes 3 vont se retrouver à travailler de concert sur le projet d’une poupée aux mensurations normales.

Le film m’a déroutée au premier abord : je m’attendais à une comédie alors qu’il s’agit véritablement d’une peinture sociale douce-amère de la condition des femmes aujourd’hui. La construction m’a également surprise : ici, pas de narration linéaire mais plutôt un patchwork de ressentis, de points de vue. On a parfois l’impression d’être pris dans un grand 8 émotionnel, naviguant de l’un à l’autre des personnages, les mains accrochées aux accoudoirs de son siège. Le rythme effréné de la caméra s’accompagne d’une impression d’oppression physique, matérialisée par des petits détails de jeu : plus les femmes s’émancipent, plus le monde autour d’elle semble étouffant, plus les hommes disparaissent et deviennent inconsistants.



La voix-off qui nous guide au début du film, s’efface progressivement, rajoutant encore à la confusion de nos sentiments. La réalisatrice nous l’a confirmé par la suite, elle a voulu laisser à chacun la possibilité de se forger sa propre opinion, sans réponse formatée. Inconfortable mais intéressant.

Car ici, tout n’est que suggestion et le portrait des femmes d’aujourd’hui est brossé par petites touches, quasi-subliminales. En creux, se lisent la dictature de l’apparence, la culpabilité permanente, la difficulté de tout vouloir concilier, les injonctions contradictoires, le sexisme, le sentiment d’imposture, l’hyper-sexualisation des petites filles.



Malgré l’efficacité de la démonstration, le portrait n’en est pas noir pour autant, bien au contraire. De belles scènes de solidarité féminine, pleines d’énergie et d’espoir viennent ponctuer le film, comme de véritables bouffées d’oxygène. On se sent portés par la détermination de toutes ces femmes à sortir de leur condition.


« Tiens-toi droite » devient alors autre chose qu’une énième simple injonction à la féminité.

Cette phrase, qui nous habite bien longtemps après le film, donne à toutes l’énergie de relever la tête et d’aller de l’avant.

Concours « Tiens-toi droite »
Je vous donne la possibilité de gagner 5x2 places pour aller voir « Tiens-toi droite ».

Pour jouer, postez en commentaire un exemple d’injonction à la féminité ( ex : « Sois belle et tais-toi » « Souris ») ou de remarques sexistes (« Une fille qui rit fort c’est vulgaire » « Les jeux vidéos c’est pas un truc de nanas »).

Si vous manquez d’inspiration, vous pouvez aller jeter un coup d’œil au Tumblr « Tiens-toi droite » (et même y participer si ça vous dit).

Je tirerai au sort 5 gagnant(e)s le vendredi 28 novembre et communiquerai les résultats ici.

Bonne chance !

Bandes-annonces du film :







mardi 18 novembre 2014

J'ai lu : "Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus" de Charlotte Lazimi



J’ai découvert Charlotte Lazimi via le blog "Les Martiennes" dont elle est la cofondatrice. Nous sommes ensuite croisées à plusieurs reprises notamment lors d’une passionnante table ronde autour du féminisme en juin dernier. Charlotte a un parcours assez atypique puisqu’elle se revendique féministe tout en étant freelance dans la presse féminine : un grand écart pas toujours simple à gérer comme elle l’explique dans son livre "Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus – L’égalité aujourd’hui", que je viens de terminer : "Encore aujourd’hui, plus de 3 ans après sa création, à chaque rencontre, à chaque présentation de notre blog, il faut se justifier et rassurer sur nos intentions. Nos réponses sont toujours les mêmes : "C’est un blog féministe, mais pas un blog d’hystériques" ou encore "Je te rassure : féministe c’est vouloir l’égalité entre les hommes et les femmes" ou "Il n’y a pas un féminisme mais des féminismes, avec des points importants de dissension"".

Charlotte l’affirme : "Je fais partie d’une génération qui croit, à tort, que l’égalité entre femmes et hommes est acquise pour de bon. Les féministes seraient des "extrémistes" voire des "emmerdeuses" qui viendraient réclamer une égalité déjà obtenue." 

Le but de son livre est donc de tordre le cou à cette idée reçue en démontrant que tout est loin d’être gagné en terme d’égalité hommes-femmes. A travers 12 chapitres, Charlotte dresse ainsi un panorama très complet de notre société : monde du travail, maternité, stéréotypes de genre, médias et contraception sont ainsi passés au crible. A travers des exemples très imagés, elle répond à des questions concrètes telles que "Est-ce vraiment plus simple pour une femme de réussir qu’il y a 20 ans ? " Pourquoi les filles doivent aimer le rose et les garçons le bleu ? " "Quelle est la réelle place des femmes au cinéma ou dans le sport, qu’elles soient coaches ou sportives de haut niveau?". Le livre pourrait être aride, il ne l’est nullement, grâce aux témoignages de nombreuses femmes interviewées : expertes ou anonymes, personnalités du monde sportif, économique ou culturel.

J’ai particulièrement aimé le fait que Charlotte rattache son histoire personnelle à chacun des chapitres évoqués : ces anecdotes rendent le livre attachant et très concret, à des années lumière d’une rébarbative leçon de morale. Même si le portrait dressé de notre société est loin d’être idyllique, il n’en est pas noir pour autant. Au fil des pages, on croise ainsi des témoignages très inspirants de femmes entrepreneuses ou politiques, de sportives de haut niveau, de chercheuses, de militantes et d’auteures. Des modèles d’empowerment qui font du bien à lire et qui auront sans doute valeur d’exemple pour de nombreuses femmes.

En résumé, un livre définitivement féministe et générationnel, à recommander à tous ceux qui pensent que l’égalité est acquise!


lundi 17 novembre 2014

Cadeaux de Noël : 10 idées de jouets non genrés



Il y a quelques mois, une journaliste qui m’avait interviewée m’avait demandé si je connaissais des marques de jouets non genrés. Je n’avais pas su quoi répondre à part Hasbro et son four mixte qui avait fait parler de lui. J’ai donc trouvé intéressant à quelques semaines de Noël de vous faire part de ma petite sélection.

Il ne s’agit bien sûr que de recommandations et je n’ai testé que 2 des jouets qui figurent dans cette liste. Je me suis rendue compte au fil de mes recherches que la problématique du dé-genrage (ouch le néologisme) rencontrait souvent celle de l’environnement et de l’éthique : les jouets proposés ici sont ainsi en bois ou en matière recyclée, fabriqués dans des conditions qui respectent l’humain d’où leur prix souvent plus élevé que des jouets classiques. Pour ma part, je ne mettrais jamais 60€ dans une poussette-jouet par exemple, aussi belle soit-elle, mais j’ai trouvé intéressant de dresser un panorama de l’existant, preuve que les mentalités commencent à changer sur le sujet.

Maison de poupée Plantoys


Une maison de poupée mixte, en bois et tissu, facilement transportable. Livrée avec 13 pièces de mobilier et 2 poupées,  elle est  garantie sans paillette ni rose bonbon !

Prix : 63,20€
Disponible ici

Dînette Plantoys



Une très jolie dînette bleu ciel, pour futurs petits chefs, faite en bois et métal.

Prix : 19,80€
Disponible ici

Garage Vilac


Un joli garage en bois très coloré qui plaira aussi bien aux filles qu’aux garçons. Livré avec 2 voitures en bois.

Prix : 62,90€
Disponible ici


Kit à construire Sevi

Une alternative créative aux écrans : 35 pièces en bois pour créer, assembler et inventer selon ses envies !

Prix : 25,80€
Disponible ici

Circuit de billes Quadrilla


Les billes de notre enfance, revues et corrigées par Quadrilla ! Des heures de jeu en perspective avec ce circuit composé de 97 pièces de bois !

Prix : 79,80€
Disponible ici

Chariot barbecue JANOD

Une agréable façon de joindre l’utile à l’agréable : apprendre à marcher à l’aide de ce trotteur donc en cuisinant des saucisses ! Livré avec 1 côtelette, 2 saucisses, 1 poisson 
et 1 steak haché !

Prix : 44,95€
Disponible ici

Marteau et clous Goki

Un jeu découvert à la maternelle et adoré par ma fille (que l’on voit ici en action). Il permet de développer l’imagination en créant des tableaux tout en faisant travailler la motricité fine. Attention en revanche à ne pas laisser traîner les petits clous par terre !

Prix : 11,61€
Disponible ici

Kit salade Green toys

Pour donner de bonnes habitudes alimentaires aux enfants, voici un kit salade 100% végétarien ! Cerise sur le gâteau, les jouets de la marques sont fabriqués à base de bouteilles de lait recyclées et garantis sans BPA, sans PVC et sans phtalates.

Prix : 20,16€
Disponible ici

Poupées en bois à habiller Goki


Ma mère avait offert à mes enfants ces poupées à habiller et elles ont rencontré un grand succès auprès de ma fille et de mon fils. Les vêtements sont faciles à enfiler, les poupées tiennent debout et c’est un jeu facilement transportable. Elles existent également en version « famille asiatique » et « famille noire ».

Prix : 22,39€
Disponible ici

Poussette Minikane


Les poussettes-jouets de luxe, pliables et aux motifs très design qui plairont aux filles et aux garçons. Seul hic : le prix, aussi cher qu’une poussette canne normale. Sinon, Oxybul propose une poussette bleue à pois blanc très jolie pour 9,90€.

Prix : 65€
Disponible ici

mardi 11 novembre 2014

L'heure du bilan


Mon blog a fêté ses 3 ans en septembre dernier.

Je n’en ai pas parlé parce que je n’aime pas particulièrement les anniversaires.

Et puis j’ai une très mauvaise mémoire des dates (je suis d’ailleurs obligée d’aller voir dans les archives dès que l’on me demande depuis quand mon blog existe).

Pour autant, j’avais envie de dresser un bilan car le blog, tel qu’il existe aujourd’hui, ne me convient plus.

Mon blog en quelques chiffres c’est 451 articles, près de 900 000 visites et des lecteurs qui proviennent de Google en majorité.



Le top 10 des requêtes me laisse d’ailleurs assez dubitative et relativise énormément la portée de ce que j’écris ici : beaucoup de ceux qui arrivent là par hasard veulent juste entendre parler du régime de Chimène Badi. Ou pire, sont persuadés de l’existence du « nez juif ».

Au départ, ce blog avait pour vocation de parler pêle-mêle de mes aventures en tant qu’auto-entrepreneure, de ma vie de famille mais aussi de féminisme (d’où le nom de « Tout à l’égo, ma vie en vrac sans tri sélectif »). Au fil du temps et sans vraiment m’en rendre compte, j’ai abandonné les 2 premières thématiques au profit essentiellement de la dernière. En tant que blogueuse non anonyme, j’ai en effet rapidement réalisé à quel point il était difficile de parler de ma vie personnelle sans impliquer indirectement mes proches. Les rares fois où je l’ai fait, notamment en évoquant ma grand-mère, je me suis pris une telle volée de bois vert que je tourne désormais 7 fois mes mains sur le clavier avant de me lancer.

La conséquence indirecte, c’est la vision parcellaire de moi-même qu’offre ce blog. En relisant parfois plusieurs billets d’affilée, j’avoue ne pas me reconnaître dans cette femme qui semble avoir fait de l’indignation son fond de commerce. 

Je ne parle pas ici de mes doutes, des mes coups de cœur, de mes questionnements de mère, de femme et d’épouse ou de ce qui fait battre mon cœur. Je me rends compte que la colère est un puissant facilitateur d’écriture pour moi : j’ai bien pris la bonne résolution de ne plus écrire à chaud, pour autant les billets positifs, drôles ou anecdotiques ne constituent qu’une infime partie de ce que j’ai écrit ici. J’ai parfois l’impression d’avoir crée une sorte de Frankenstein bloguesque qui ne me ressemble plus et qui me dépasse un peu.

Symptôme préoccupant, les gens rencontrés par le biais de ce blog récemment semblent étonnés du décalage entre ce que j’écris ici et ce que je suis vraiment. Ce hiatus me dérange de plus en plus.

Autre évolution : écrire sur le féminisme m’enthousiasme de moins en moins. Il y a 3 ans, nous n’étions que quelques unes à aborder cette thématique dans la blogosphère, il y avait tout à faire. Aujourd’hui, et il faut s’en féliciter, cette problématique est rentrée dans le débat public : des magazines féminins aux médias plus sérieux, tout le monde parle de genre ou de sexisme et s’indigne des clichés rétrogrades véhiculés par les marques.

Des associations comme Osez le féminisme ou des collectifs comme Georgette Sand ont pris la parole avec une force de frappe bien plus importante que des blogs comme le mien d’où une relative impression d’inutilité. J’ai également arrêté progressivement de dénoncer les publicités sexistes ici, certaines marques, à l’image de Perrier ou de Rue du Commerce, ayant intégré les féministes à leur plan de communication. Je n’ai donc plus envie de contribuer indirectement à leur buzz.

Pour autant, l’envie d’écrire et de partager est toujours là.

Dans les semaines ou les mois à venir, ne soyez donc pas étonnés de me voir aborder d’autres thématiques qui me tiennent à cœur et que je me refusais d’aborder jusque là comme l’éducation, la consommation éthique ou même la cuisine.

J’espère que vous resterez malgré tout.