> Tout à l'ego

samedi 4 mars 2017

Journée internationale des droits des femmes : le pire du 8 mars


 Le sujet est malheureusement devenu au fil des ans un marronnier sur le blog : voici le mois de mars et son cortège de récupérations commerciales, de stéréotypes et de glorification de LAFÂME, cette créature improbable vêtue de rose des pieds à la tête et obsédée par le shopping.

Cette année encore, beaucoup continuent de confondre la journée internationale des droits des femmes avec une foire commerciale ou un festival de clichés.

Illustration en quelques exemples qui piquent les yeux.

La mairie du 7ème et Rachida Dati, déjà épinglées sur le blog l'année dernière remettent ça cette année avec la "journée de la femme" et son indispensable atelier beauté.



Pour fêter la journée internationale des droits des femmes en 2012, la Caisse d'Epargne avait lancé une carte bleue avec un visuel «de cristaux Swarovski», accompagnée d'un «bijou fantaisie glissé dans une pochette en organza». Cette année, la Caisse d'Epargne a crée une carte bleue...rose.

 Cette année encore, les hommes mettent du rouge à lèvres pour lutter contre les violences faites aux femmes. Une opération gadget à laquelle avait participé Denis Baupin l'année dernière.



Le 8 mars, journée internationale du shopping:




Un jour, vous nous ferez une fleur et vous arrêterez de nous en offrir le 8 mars.
Le 8 mars n’est pas une fête ni un hommage, mais une journée de lutte pour les droits des femmes comme l'explique le site "8 mars".

En 2013, le stade Rennais tentait une opération séduction auprès des femmes avec un canard vibrant, cette année le stade de l'Aube mise tout sur une communication rose bonbon et des places à 5€.


Le pire pour la fin : le magazine Phosphore, destiné aux adolescents, s'est fendu d'un article à l'occasion du 8 mars intitulé "Jusqu'où faut-il être féministe?.

dimanche 15 janvier 2017

"Sois belle, mince et tais-toi": quand les marques de vêtements complexent les petites filles




En mai dernier, je m’insurgeais contre les marques de vêtements pour filles systématiquement sous-taillées, alertée par ma fille qui se plaignait des pantalons qui lui cisaillaient le ventre ou dans lesquels elle avait du mal à passer les jambes. Sans parler des t-shirts qui lui remontaient au-dessus du ventre. Un problème que je n’ai pas rencontré pour mon fils de 11 ans.

Quand elle m’a demandé si je la trouvais grosse et qu’elle a demandé à se peser, j’ai commencé à tiquer.

Pourtant ma fille est plutôt mince, elle a juste un petit ventre. Enfin, je devrais dire plutôt : elle a un ventre. Elle est également pourvue des cuisses et non pas de tiges longilignes. Des éléments anatomiques dont les fabricants de vêtements pour filles semblent totalement faire abstraction. En croisant il y a quelques mois une mère dans un magasin de vêtements aussi dépitée que moi devant les rayons, j’ai brièvement échangé avec celle-ci. Elle aussi déplorait l’impossibilité de trouver un pantalon autre que slim. Et me confiait devoir prendre systématiquement une taille au-dessus pour que sa fille puisse respirer et ne pas avoir le nombril à l’air.

L’injonction à la minceur n’attend donc pas le nombre des années. Les stéréotypes sexistes non plus.

Lors d’une séance de shopping chez C&A avec ma fille hier, je suis tombée en arrêt devant ce t-shirt au rayon fille (j’ai cherché, nul équivalent au rayon garçon).


Le message «  Trop jolie pour faire mes devoirs » cumule stéréotype sexiste et faute grammaticale (le « much » est justement too much).

En 2011 et 2015, des marques américaines avaient fait le bad buzz avec des t-shirts imprimés "Too pretty to do homework". 


Et ce genre d’horreur sexistes est loin d’être une première : en 2011, on se souvient de l’épisode des bodys Petit Bateau, puis les t-shirts « Plus tard, j’en aurai une grosse comme papa/Une paire comme maman », sans oublier les bavoirs « "Reine du shopping" pour elle et "Champion du Monde"  pour lui ».

Et il ne faut pas compter sur le monde des super-héros pour relever le niveau, alors même que ces personnages ont justement vocation à devenir des modèles pour les enfants.

En 2014, la célèbre maison d'édition américaine de bandes dessinées DC Comics a ainsi crée la polémique aux Etats-Unis en lançant 2 t-shirt genrés.




Sur la version pour garçons on pouvait y lire : « Je m’entraîne pour être Batman ».

Sur la version filles : « Je m’entraîne pour être la femme de Batman ».

Et puisqu’il n’est jamais trop tôt pour être victime de stéréotypes, DC Comics a également rhabillé les bébés avec des bodys dans la même veine sexiste.




Version garçon : « Futur « Man of steel » (homme d’acier, du nom d’un super-héros) »

Version fille : « Je sors uniquement avec des super-héros »

En Espagne, des bodys du même genre ont fleuri dans les rayons de supermarché.




Version garçon : « Intelligent comme papa »

Version fille : « Belle comme maman ».

Voilà comment rhabiller nos filles pour l’hiver. L’égalité fille/garçon s’est décidément pris une bien belle veste.

dimanche 23 octobre 2016

Interview fromage et féminisme : Anne-Christelle Beauvois


Parce que le fromage c’est la vie.
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Anne-Christelle Beauvois qui répond à mes questions.

NB : Cette série d'interviews a été menée en octobre 2015 (désolée, j'ai vraiment du retard dans la mise en ligne!)
Merci à Anne-Christelle pour cette interview!
 
Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Hello Sophie, 

D'abord merci pour cette idée d'interview un peu bizarre, étonnante, passionnante, différente, sympathique et drôle.

Pour ma part je dirais Munster mais avec les années je deviens bien plus coulante, comme pour les signes du zodiaque il paraît que dans la 2ème partie de ta vie, l'ascendant prend le dessus, je dirais donc que petit à petit je me transforme en Brie coulant mais la transformation est loin d'être achevée ! 

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

Non ! Il faut juste refaire le plateau trop souvent. A chaque fois tu crois avoir acquis ou être sur le bon chemin de l'égalité homme/femme, et HOP ! on fait marche arrière ou on stagne considérablement. C'est le cas en ce moment.

Ma génération a cru que c'était gagné grâce à nos SUPERS MUMS des années 70 et bien non. Même si tout n'est pas à refaire, on ne doit rien lâcher ! L’égalité homme/femme n'est pas encore gagnée ! Et notamment au travers de l'éducation que nous transmettons à nos enfants.

 Je suis une féministe au quotidien, je ne milite pas mais me bats au jour le jour sur de petites choses. 

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

Evidemment, la taxe dite "tampon". Je me pose encore et encore la question du résultat si il y avait eu 50% de femmes et pas 27% de femmes à l'Assemblé Nationale. Mais ça on ne pourra le savoir que le jour où la parité existera dans l'hémicycle.

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

On coupe pas !  Deux solutions : 

On fait comme les petits Chavignols du supermarché vendus par 2, chacun le sien, c'est très égalitaire.

Ou bien faisons une fondue (mélange de fromages), on ne se rend pas compte de quelle quantité est mangée par chacun et ne me demande pas pourquoi ça m'a fait penser à l'androgynie, ne pas savoir au premier abord si la personne que tu as en face de toi est homme ou femme, ça évite les stéréotypes au final comme dans la fondue, tu ne sais pas toujours quels fromages ont été mis dans le pot et tu goûtes sans idées pré-conçues.

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

On commence par mon plateau de fromages idéal, en fait j'adorerais faire un repas de fromages et pas seulement un plateau.

UNE scarmoza fumée, UN chèvre frais, DU brebis des Pyrénées, UNE belle part de gorgonzola, UN camenbert au lait cru, la tupi de Sort, DE l'Appenzeller, UN bleu d'Auvergne, de Bresse ou de Gex, UNE tomme de Savoie, UN roquefort, UNE mimolette vieille, DU parmesan.

Avec qui : Des ami(e)s, beaucoup d'ami(e)s. Chaque personne apporterait son fromage/son pain et sa boisson préférée afin de le faire découvrir aux autres. Tiens c'est une bonne idée pour mon prochain "grand " dîner.

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

J'ai pas vraiment de recette de la honte en fait ! Depuis toujours j'adore finir les croûtes dans les assiettes des autres, je ne laisse jamais de croûtes de fromages dans mon assiettes, je mange tout ! 
Petite fille, je mangeais toujours mon camembert avec des quartiers de pomme, j'avais un peu honte de le dire, je me demande encore pourquoi. C'est vraiment bon les deux ensembles.

Comme moi, tu fais partie de la team #vieilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?


Déjà, je ne savais pas qu'il existait un hashtag #vieilletwitta, bon ça commence bien, encore un truc inconnu de moi. L'affaire (si affaire il y a) Enjoy Phoenix, une grande inconnue à mon bataillon ! Du coup je suis allée voir sur ses différents réseaux sociaux si elle avait fait un masque au fromage, apparemment non, certainement à cause de l'odeur.

En fait, il y a plein de truc que je ne connais pas comme la Reine des glaces, heu non Princesse des neiges enfin, je me trompe toujours. Je me rends compte que c'est notamment les personnes/trucs/Jeux dit "de filles" ou "girly" et oui, je suis en minorité à la maison.

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

Bon ne connaissant pas "Bridelight" j'ai donc googlisé pour savoir la signification de ce mot. C'est donc une marque industrielle de produits laitiers mais on ne peut quand même pas parler de fromages là ! 

Devines quoi, je n'ai jamais mangé de Brillat-Savarin, ceci dit en regardant les photos de ce fromage sur le net, il a l'air d'être une vraie "tuerie" ! Il est déjà noté sur ma prochaine liste de course.

Un juste milieu comme un chèvre frais de mon pays (la Charente-Maritime), goûtu mais pas trop, onctueux avec une légère odeur d'étable et d'herbes. J'ai énormément de difficulté avec les extrêmes même en féminisme.

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Certainement pas, tu imagines être féministe avec appellation d'origine contrôlée? Mais contrôlée par qui? Une AOC permet à un produit de ne pas disparaître, d'être protégé et défendu. Pour ma part, j'aimerais que le féminisme disparaisse cela voudrait dire que l'égalité homme/femme a été atteinte, on aurait donc plus besoin de féminisme donc d'AOC.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Au pétard depuis que j'ai lu "Belle des champs" j'ai la chanson de Richard Gotainer dans la tête avec les images de la pub ! 

Je ne suis pas certaine d'admirer une femme plus qu'une autre ou plus qu'un homme mais d'un coup tu penses à: 

- Simone Veil qui a porté le projet de loi sur l'avortement.
- Helen Keller, son histoire et un des premiers livres qui m'a profondément touchée étant jeune fille.




 

samedi 15 octobre 2016

Interview fromage et féminisme : Dominique Guégan-Bochel



 
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Dominique Guégan-Bochel qui répond à mes questions.

NB : Cette série d'interviews a été menée en octobre 2015 (désolée, j'ai vraiment du retard dans la mise en ligne!)

Merci à Dominique pour cette interview!

Tu es féministe, tu aimes le fromage et tu souhaites être interviewée ? (tu as le droit de répondre même si tu le détestes, le fromage, pas le féminisme). Ecris-moi un petit mail à sophiegourion(at)hotmail.fr et je t’enverrai les questions !


Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Dure comme l'emmental, mais avec beaucoup de trous partout.

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

Certains nous en chient des camemberts, alors qu'ils feraient mieux de voir la bûche (de chèvre) qui est dans leur œil plutôt que le brin (d'amour) qui est dans le nôtre.

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

La dernière ? Si seulement ! Il y a les involontaires, comme la pub de France 3 pour la parité qui était justement sexiste, il y a les "oups, pardon, c'est de l'humour" comme le nouveau Bercy (Accord Arena Hôtel) et ses femmes "à nos pieds" qui est retirée suite au bad buzz mais a fait son petit effet et il y a les "j'assume et je vous emmerde" et pour cela on peut, par exemple, remettre le prix du jury à la marque CUISINELLA HAHA chez qui je suis sûre, mais alors sûre de chez sûr de ne JAMAIS acheter une cuisine. Vous avez ensuite tous les petits wanna-be qui cherchent à se faire remarquer, les petits crottins du sexisme que vous pouvez retrouver régulièrement exposés ici.

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

En deux. Mais vraiment en deux. Pas le talon et la croûte pour les unes, et le cœur de meule pour les autres. Pas question par exemple de ne garder que les têtes de listes pour ces messieurs et les fonds de listes pour ces dames et venir ensuite prétendre être "paritaire". L'égalité c'est lorsque les parts sont identiques en taille, certes, mais aussi en goût et qualité. Or pour l'instant, il semblerait que nous ayons surtout les trous et eux le fromage.

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

Avec les hommes, tout simplement. Mon plateau de fromage idéal c'est celui qui contente tout le monde, pas celui qu'on garde pour en soi en craignant, en plus, de se le faire piquer ou qu'on met de côté sans finalement y toucher.
Les bonnes choses sont faites pour être partagées et appréciées pas pour pourrir au fond d'un coffre fort.

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

Des coquillettes, de l'emmental, du beurre salé, une cuillère et j'ai 4 ans.

Comme moi, tu fais partie de la team #veilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?

J'ai connu les premières classes dans le métro, j'ai tourné des bandes avec des bics (comprendront ceux qui savent). Voilà. Ça me semble assez clair comme cela. Ce qui me fait surtout sentir un peu le moisi du bleu d'auvergne, c'est l'importance en terme de place qu'occupe aujourd'hui la crétinerie. Challenges débiles, émissions débiles, animateurs débiles, commentaires débiles, prises de position débiles, on zappe de stupidités en débilités, finalement heureusement que Dieu est mort, car l'internet l'a bien remplacé et par moment, oui, je me trouve tellement vieille que j'aspire au Sud de Nino Ferrer.

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

C'est surtout du calcium pour grandir, de la matière grise pour le cerveau, de la vache pour le coup de sabot et de la chèvre pour l'entêtement, de l'acidité pour réveiller les sens et du sucre pour faire passer le tout.

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Sûrement pas, mettre un label sur le féminisme c'est déjà l'enfermer, il n'y a pas un féminisme, mais des féminismes et tous ont leur place. Je refuse les étiquettes, les contrefaçons mourront toutes seules. On doit laisser tous les talents, mais aussi les manières de penser y compris parfois contradictoires s'exprimer. La contradiction apporte le débat, la différence apporte la tolérance et le tout amènera le progrès. L'intolérance dont font parfois preuve les féministes entre-elles est à mon sens la meilleure façon de ses tirer une balle dans le pied. Regardez, messieurs, pas d'inquiétude pour vos larges privilèges, nous sommes occupées à nous battre entre nous, on s'occupera de vous plus tard.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Tamara de Lempicka, ma peintre préférée entre toutes. Son talent, son ambiguïté, son féminisme avant-gardiste, sa modernité, son intelligence, sa beauté, son arrogance aussi et l'œuvre magistrale qu'elle nous a laissée en héritage en même temps que sa luminosité et son audace. Un exemple à suivre, une inspiration quotidienne.

vendredi 7 octobre 2016

Sexistes et opportunistes : les pires opérations d'octobre rose




Chaque année c’est la même chose : après la couleur des soutiens-gorge en statuts Facebook c’est désormais le ruban rose qui envahira les photos de profil de vos ami.e.s Facebook vous enjoignant à vous faire dépister.

Cette année encore, le rose va s’imposer partout, du bijou à paillettes au robot électroménager, tout sera bon pour profiter de cette magnifique foire commerciale qu’est devenu octobre rose.



J’ai l’impression de radoter tant rien ne semble changer : en 2014, j’écrivais déjà cet article pour Slate « Avec le Pinkwashing, le cancer du sein devient un produit comme un autre ». Un produit genré, destiné aux femmes, donc rose forcément et  stéréotypé.

Et cette année encore, l’actualité est riche en opérations douteuses.

En tête du palmarès, cette affiche d’une association relayée sur la page Facebook de la mairie de Laon qui entretient la confusion entre examen médical et agression sexuelle



En 2ème position, cette chocolatière qui a crée pour octobre rose des « seins en chocolat qui ne se laissent pas peloter »


Le cancer du sein façon poupée gonflable, ils ont osé : à Pau cette magnifique sculpture gonflable trône en ce moment sur le boulevard des Pyrénées.



À Chicago, l’agence Havas a, quant à elle, crée une salle accessible aux passants leur permettant de jouer avec des énormes seins gonflables.



Etrangement, la lutte contre le cancer de la prostate n’incite pas les hommes à se déshabiller, c’est pourtant le cas avec le cancer du sein :

A Nantes, la ligue contre le cancer du sein organise ainsi un défilé de soutiens-gorge customisés


Dans l’Orne « toujours sexy, jamais vulgaires, les agricultrices se mettent à nu pour la recherche contre le cancer du sein »



De l’art ou du cochon : à Mâcon, l’exposition "J’aime mes seins et j’en prends soin" propose au public de découvrir 52 bustes  moulés sur des femmes


Pas de photo à poil, euh pardon "épaules dénudées", pas d'argent reversé à l'association pour cette fédération étudiante.

Une chaîne de salons de thé a imaginé une opération marketing mélangeant allègrement cancer du sein et cupcakes, gâteau girly par excellence : "les clientes terminent le nappage elles-mêmes, à partir de 3 motifs indiqués sur un set de table.Un geste simple qui correspondait en réalité à celui permettant d’analyser le cancer du sein." Euh on ne voir pas bien le rapport avec l'auto-diagnostic là...



A quand les décorations de macaron pour sensibiliser au dépistage du cancer de la prostate? Ah ben non, les hommes ça ne cuisine pas!

Heureusement, certaines voix s’élèvent désormais pour remettre en cause le dépistage systématique qui nous est vendu comme le remède infaillible à la maladie.

Les opportunistes du cancer du sein vont donc devoir trouver autre chose pour nous refourguer leurs opérations sexistes et leurs produits rose bonbon.

Edit : Suite à un commentaire laissé en réponse à ce billet, je mets en ligne la vidéo de "Cancer Rose" qui met les choses au point au sujet du dépistage du cancer du sein.


samedi 28 mai 2016

Fête des mères ou fête des bonniches?



Seulement 2 mois après la journée des droits des femmes et son festival d'événements sexistes, voici qu'arrive déjà la fête des mères qui n'est pas non plus en reste question clichés.

Petite sélection du meilleur du pire de la cuvée 2016.

Bienvenue dans les années 50, pour encore beaucoup de marques fête des mères = fêtes des bonniches 
Sinon chez Leclerc ils sont dans les starting-blocks pour la fête des mères...#cuisine #ménage poke @Dauvers70 pic.twitter.com/EvuTtkPyJs


Fatiguée de passer l'aspirateur? Demander à votre moitié de s'y mettre! Ah non, je suis bête, changez d'aspirateur!
  

Après le ménage, la cuisine : on nous prend vraiment pour des quiches, la preuve en image!


 Et surtout, sois belle et tais-toi!
D'autres règlent leur compte à la publicité Marionnaud:


Quoi de plus attendrissant que des couches qui envoient des messages d'amour aux mamans quand elles sont remplies? On en viendrait presque à regretter le collier de pâtes...




Sinon, on peut conseiller aux marques d'aller jeter un coup à ces infographies : "Fête des mères : plutôt que m'offrir un fer, partageons les tâches ménagères" et "Tâches ménagères : passons aux actes!"



lundi 16 mai 2016

Qui a fait croire à ma fille qu'elle était grosse?


« Maman, tu trouves que je suis grosse ? »

Quand ma fille de 7 ans m’a posé la première fois cette question, j’ai commencé à tiquer. 

Puis quand elle a demandé à se peser, je me suis dit que quelque chose ne tournait pas rond.

J’ai alors réalisé que nous avions récemment fait ensemble un tri drastique dans sa penderie : les ¾ de ses pantalons, pourtant achetés au cours de cette année ne lui allaient pas, non pas au niveau de la longueur mais de la taille.

Souvent, je la retrouvais le soir, la taille cisaillée à cause de l’étroitesse des vêtements et le matin, c’était des contorsions sans fin pour arriver à passer ses jambes l’une après l’autre dans les pantalons. 

Quant aux t-shirts, ils lui découvraient souvent le nombril si je ne lui achetais pas systématiquement une taille au-dessus. Je précise que je n’ai jamais rencontré ce genre de désagrément avec mon fils ainé.

Pourtant ma fille est plutôt mince, elle a juste un petit ventre. Enfin, je devrais dire plutôt : elle a un ventre. Elle est également pourvue des cuisses et non pas de tiges longilignes. Des éléments anatomiques dont les fabricants de vêtements pour filles semblent totalement faire abstraction.

Il y a quelques mois, j’errais désespérément dans les rayons de vêtements pour filles à la recherche d’un pantalon à taille élastique et à la coupe droite et confortable. J’y ai alors croisé une mère aussi dépitée que moi et nous avons échangé à ce sujet : elle aussi déplorait l’impossibilité de trouver un pantalon autre que slim. Et me confiait devoir prendre systématiquement une taille au-dessus pour que sa fille puisse respirer et ne pas avoir le nombril à l’air.

En voyant passer les tweets de Sacripanne puis son billet « Attention ça taille un peu petit », j’ai alors réalisé que nous n’étions pas seules et que ce phénomène n’avait rien d’isolé.

Voici une photo tirée de son billet : 


« Dessus un t-shirt fille  en taille 3 ans. Dessous un t-shirt garçon taille 3 ans. Sans même focaliser sur la longueur, il y a bien 2-3 cm d'écart (à multiplier par un devant et un dos, donc le double, voyez ce que ça fait comme différence sur un corps d'enfant) en largeur ».



« Je suis dans une rage folle. Contre le monde. Contre les injonctions faites sur le corps de toutes petites filles. Sur le fait de faire flipper des parents si tôt, sur les fabricants, les distributeurs, les cons. En colère.


Et je partage avec vous.


Pour que tous les parents qui se disaient que c'était bizarre, cette taille de vêtement, tiltent comme j'ai tilté. Pour qu'on ait encore moins de remords à piocher dans les rayons qui leur vont, pour qu'on coupe leurs étiquettes (ça rend le tri compliqué, je sais, j'ai fait !), pour qu'on les rassure, pour qu'on soit de moins en moins nombreux à être dupes et de plus en plus nombreux à être scandalisés.


Parce que c'est un scandale. »

L’injonction à la minceur n’attend donc pas le nombre des années. Et le phénomène est mondial.

En faisant quelques recherches, je suis ainsi tombée sur cet article du DailyMail daté de 2014 : une mère de York, Pennsylvania, raconte avoir écrit une lettre à la chaîne de magasins Target pour dénoncer la différence flagrante de tailles entre vêtements pour filles et ceux pour garçons, photos à l’appui.




Récemment, j’ai aussi découvert qu’un journal destiné aux filles de 8 à 13 ans, « Discovery Girls », délivrait des conseils pour choisir son maillot de bain en fonction de sa morphologie (qu’est ce qu’une morphologie à 8 ans, sérieusement ?).


« If you're curvy up top, coverage is key » : « si vous avez des courbes en haut, se couvrir est la solution »

En avril dernier, enfin, la marque Playmobil créait la polémique en postant sur page Facebook cette image.


Histoire de formater les petites filles dès le plus jeune âge et les préparer à l’épreuve du maillot de bains.

Face à cette profusion d'exemples et d'anecdotes, je n’aurais qu’un conseil : parents, soyez vigilants. 

Et parlez à vos filles avant que les marques ne s’en chargent.