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dimanche 23 octobre 2016

Interview fromage et féminisme : Anne-Christelle Beauvois


Parce que le fromage c’est la vie.
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Anne-Christelle Beauvois qui répond à mes questions.

NB : Cette série d'interviews a été menée en octobre 2015 (désolée, j'ai vraiment du retard dans la mise en ligne!)
Merci à Anne-Christelle pour cette interview!
 
Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Hello Sophie, 

D'abord merci pour cette idée d'interview un peu bizarre, étonnante, passionnante, différente, sympathique et drôle.

Pour ma part je dirais Munster mais avec les années je deviens bien plus coulante, comme pour les signes du zodiaque il paraît que dans la 2ème partie de ta vie, l'ascendant prend le dessus, je dirais donc que petit à petit je me transforme en Brie coulant mais la transformation est loin d'être achevée ! 

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

Non ! Il faut juste refaire le plateau trop souvent. A chaque fois tu crois avoir acquis ou être sur le bon chemin de l'égalité homme/femme, et HOP ! on fait marche arrière ou on stagne considérablement. C'est le cas en ce moment.

Ma génération a cru que c'était gagné grâce à nos SUPERS MUMS des années 70 et bien non. Même si tout n'est pas à refaire, on ne doit rien lâcher ! L’égalité homme/femme n'est pas encore gagnée ! Et notamment au travers de l'éducation que nous transmettons à nos enfants.

 Je suis une féministe au quotidien, je ne milite pas mais me bats au jour le jour sur de petites choses. 

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

Evidemment, la taxe dite "tampon". Je me pose encore et encore la question du résultat si il y avait eu 50% de femmes et pas 27% de femmes à l'Assemblé Nationale. Mais ça on ne pourra le savoir que le jour où la parité existera dans l'hémicycle.

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

On coupe pas !  Deux solutions : 

On fait comme les petits Chavignols du supermarché vendus par 2, chacun le sien, c'est très égalitaire.

Ou bien faisons une fondue (mélange de fromages), on ne se rend pas compte de quelle quantité est mangée par chacun et ne me demande pas pourquoi ça m'a fait penser à l'androgynie, ne pas savoir au premier abord si la personne que tu as en face de toi est homme ou femme, ça évite les stéréotypes au final comme dans la fondue, tu ne sais pas toujours quels fromages ont été mis dans le pot et tu goûtes sans idées pré-conçues.

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

On commence par mon plateau de fromages idéal, en fait j'adorerais faire un repas de fromages et pas seulement un plateau.

UNE scarmoza fumée, UN chèvre frais, DU brebis des Pyrénées, UNE belle part de gorgonzola, UN camenbert au lait cru, la tupi de Sort, DE l'Appenzeller, UN bleu d'Auvergne, de Bresse ou de Gex, UNE tomme de Savoie, UN roquefort, UNE mimolette vieille, DU parmesan.

Avec qui : Des ami(e)s, beaucoup d'ami(e)s. Chaque personne apporterait son fromage/son pain et sa boisson préférée afin de le faire découvrir aux autres. Tiens c'est une bonne idée pour mon prochain "grand " dîner.

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

J'ai pas vraiment de recette de la honte en fait ! Depuis toujours j'adore finir les croûtes dans les assiettes des autres, je ne laisse jamais de croûtes de fromages dans mon assiettes, je mange tout ! 
Petite fille, je mangeais toujours mon camembert avec des quartiers de pomme, j'avais un peu honte de le dire, je me demande encore pourquoi. C'est vraiment bon les deux ensembles.

Comme moi, tu fais partie de la team #vieilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?


Déjà, je ne savais pas qu'il existait un hashtag #vieilletwitta, bon ça commence bien, encore un truc inconnu de moi. L'affaire (si affaire il y a) Enjoy Phoenix, une grande inconnue à mon bataillon ! Du coup je suis allée voir sur ses différents réseaux sociaux si elle avait fait un masque au fromage, apparemment non, certainement à cause de l'odeur.

En fait, il y a plein de truc que je ne connais pas comme la Reine des glaces, heu non Princesse des neiges enfin, je me trompe toujours. Je me rends compte que c'est notamment les personnes/trucs/Jeux dit "de filles" ou "girly" et oui, je suis en minorité à la maison.

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

Bon ne connaissant pas "Bridelight" j'ai donc googlisé pour savoir la signification de ce mot. C'est donc une marque industrielle de produits laitiers mais on ne peut quand même pas parler de fromages là ! 

Devines quoi, je n'ai jamais mangé de Brillat-Savarin, ceci dit en regardant les photos de ce fromage sur le net, il a l'air d'être une vraie "tuerie" ! Il est déjà noté sur ma prochaine liste de course.

Un juste milieu comme un chèvre frais de mon pays (la Charente-Maritime), goûtu mais pas trop, onctueux avec une légère odeur d'étable et d'herbes. J'ai énormément de difficulté avec les extrêmes même en féminisme.

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Certainement pas, tu imagines être féministe avec appellation d'origine contrôlée? Mais contrôlée par qui? Une AOC permet à un produit de ne pas disparaître, d'être protégé et défendu. Pour ma part, j'aimerais que le féminisme disparaisse cela voudrait dire que l'égalité homme/femme a été atteinte, on aurait donc plus besoin de féminisme donc d'AOC.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Au pétard depuis que j'ai lu "Belle des champs" j'ai la chanson de Richard Gotainer dans la tête avec les images de la pub ! 

Je ne suis pas certaine d'admirer une femme plus qu'une autre ou plus qu'un homme mais d'un coup tu penses à: 

- Simone Veil qui a porté le projet de loi sur l'avortement.
- Helen Keller, son histoire et un des premiers livres qui m'a profondément touchée étant jeune fille.




 

samedi 15 octobre 2016

Interview fromage et féminisme : Dominique Guégan-Bochel



 
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Dominique Guégan-Bochel qui répond à mes questions.

NB : Cette série d'interviews a été menée en octobre 2015 (désolée, j'ai vraiment du retard dans la mise en ligne!)

Merci à Dominique pour cette interview!

Tu es féministe, tu aimes le fromage et tu souhaites être interviewée ? (tu as le droit de répondre même si tu le détestes, le fromage, pas le féminisme). Ecris-moi un petit mail à sophiegourion(at)hotmail.fr et je t’enverrai les questions !


Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Dure comme l'emmental, mais avec beaucoup de trous partout.

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

Certains nous en chient des camemberts, alors qu'ils feraient mieux de voir la bûche (de chèvre) qui est dans leur œil plutôt que le brin (d'amour) qui est dans le nôtre.

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

La dernière ? Si seulement ! Il y a les involontaires, comme la pub de France 3 pour la parité qui était justement sexiste, il y a les "oups, pardon, c'est de l'humour" comme le nouveau Bercy (Accord Arena Hôtel) et ses femmes "à nos pieds" qui est retirée suite au bad buzz mais a fait son petit effet et il y a les "j'assume et je vous emmerde" et pour cela on peut, par exemple, remettre le prix du jury à la marque CUISINELLA HAHA chez qui je suis sûre, mais alors sûre de chez sûr de ne JAMAIS acheter une cuisine. Vous avez ensuite tous les petits wanna-be qui cherchent à se faire remarquer, les petits crottins du sexisme que vous pouvez retrouver régulièrement exposés ici.

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

En deux. Mais vraiment en deux. Pas le talon et la croûte pour les unes, et le cœur de meule pour les autres. Pas question par exemple de ne garder que les têtes de listes pour ces messieurs et les fonds de listes pour ces dames et venir ensuite prétendre être "paritaire". L'égalité c'est lorsque les parts sont identiques en taille, certes, mais aussi en goût et qualité. Or pour l'instant, il semblerait que nous ayons surtout les trous et eux le fromage.

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

Avec les hommes, tout simplement. Mon plateau de fromage idéal c'est celui qui contente tout le monde, pas celui qu'on garde pour en soi en craignant, en plus, de se le faire piquer ou qu'on met de côté sans finalement y toucher.
Les bonnes choses sont faites pour être partagées et appréciées pas pour pourrir au fond d'un coffre fort.

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

Des coquillettes, de l'emmental, du beurre salé, une cuillère et j'ai 4 ans.

Comme moi, tu fais partie de la team #veilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?

J'ai connu les premières classes dans le métro, j'ai tourné des bandes avec des bics (comprendront ceux qui savent). Voilà. Ça me semble assez clair comme cela. Ce qui me fait surtout sentir un peu le moisi du bleu d'auvergne, c'est l'importance en terme de place qu'occupe aujourd'hui la crétinerie. Challenges débiles, émissions débiles, animateurs débiles, commentaires débiles, prises de position débiles, on zappe de stupidités en débilités, finalement heureusement que Dieu est mort, car l'internet l'a bien remplacé et par moment, oui, je me trouve tellement vieille que j'aspire au Sud de Nino Ferrer.

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

C'est surtout du calcium pour grandir, de la matière grise pour le cerveau, de la vache pour le coup de sabot et de la chèvre pour l'entêtement, de l'acidité pour réveiller les sens et du sucre pour faire passer le tout.

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Sûrement pas, mettre un label sur le féminisme c'est déjà l'enfermer, il n'y a pas un féminisme, mais des féminismes et tous ont leur place. Je refuse les étiquettes, les contrefaçons mourront toutes seules. On doit laisser tous les talents, mais aussi les manières de penser y compris parfois contradictoires s'exprimer. La contradiction apporte le débat, la différence apporte la tolérance et le tout amènera le progrès. L'intolérance dont font parfois preuve les féministes entre-elles est à mon sens la meilleure façon de ses tirer une balle dans le pied. Regardez, messieurs, pas d'inquiétude pour vos larges privilèges, nous sommes occupées à nous battre entre nous, on s'occupera de vous plus tard.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Tamara de Lempicka, ma peintre préférée entre toutes. Son talent, son ambiguïté, son féminisme avant-gardiste, sa modernité, son intelligence, sa beauté, son arrogance aussi et l'œuvre magistrale qu'elle nous a laissée en héritage en même temps que sa luminosité et son audace. Un exemple à suivre, une inspiration quotidienne.

vendredi 7 octobre 2016

Sexistes et opportunistes : les pires opérations d'octobre rose




Chaque année c’est la même chose : après la couleur des soutiens-gorge en statuts Facebook c’est désormais le ruban rose qui envahira les photos de profil de vos ami.e.s Facebook vous enjoignant à vous faire dépister.

Cette année encore, le rose va s’imposer partout, du bijou à paillettes au robot électroménager, tout sera bon pour profiter de cette magnifique foire commerciale qu’est devenu octobre rose.



J’ai l’impression de radoter tant rien ne semble changer : en 2014, j’écrivais déjà cet article pour Slate « Avec le Pinkwashing, le cancer du sein devient un produit comme un autre ». Un produit genré, destiné aux femmes, donc rose forcément et  stéréotypé.

Et cette année encore, l’actualité est riche en opérations douteuses.

En tête du palmarès, cette affiche d’une association relayée sur la page Facebook de la mairie de Laon qui entretient la confusion entre examen médical et agression sexuelle



En 2ème position, cette chocolatière qui a crée pour octobre rose des « seins en chocolat qui ne se laissent pas peloter »


Le cancer du sein façon poupée gonflable, ils ont osé : à Pau cette magnifique sculpture gonflable trône en ce moment sur le boulevard des Pyrénées.



À Chicago, l’agence Havas a, quant à elle, crée une salle accessible aux passants leur permettant de jouer avec des énormes seins gonflables.



Etrangement, la lutte contre le cancer de la prostate n’incite pas les hommes à se déshabiller, c’est pourtant le cas avec le cancer du sein :

A Nantes, la ligue contre le cancer du sein organise ainsi un défilé de soutiens-gorge customisés


Dans l’Orne « toujours sexy, jamais vulgaires, les agricultrices se mettent à nu pour la recherche contre le cancer du sein »



De l’art ou du cochon : à Mâcon, l’exposition "J’aime mes seins et j’en prends soin" propose au public de découvrir 52 bustes  moulés sur des femmes


Pas de photo à poil, euh pardon "épaules dénudées", pas d'argent reversé à l'association pour cette fédération étudiante.

Une chaîne de salons de thé a imaginé une opération marketing mélangeant allègrement cancer du sein et cupcakes, gâteau girly par excellence : "les clientes terminent le nappage elles-mêmes, à partir de 3 motifs indiqués sur un set de table.Un geste simple qui correspondait en réalité à celui permettant d’analyser le cancer du sein." Euh on ne voir pas bien le rapport avec l'auto-diagnostic là...



A quand les décorations de macaron pour sensibiliser au dépistage du cancer de la prostate? Ah ben non, les hommes ça ne cuisine pas!

Heureusement, certaines voix s’élèvent désormais pour remettre en cause le dépistage systématique qui nous est vendu comme le remède infaillible à la maladie.

Les opportunistes du cancer du sein vont donc devoir trouver autre chose pour nous refourguer leurs opérations sexistes et leurs produits rose bonbon.

Edit : Suite à un commentaire laissé en réponse à ce billet, je mets en ligne la vidéo de "Cancer Rose" qui met les choses au point au sujet du dépistage du cancer du sein.


samedi 28 mai 2016

Fête des mères ou fête des bonniches?



Seulement 2 mois après la journée des droits des femmes et son festival d'événements sexistes, voici qu'arrive déjà la fête des mères qui n'est pas non plus en reste question clichés.

Petite sélection du meilleur du pire de la cuvée 2016.

Bienvenue dans les années 50, pour encore beaucoup de marques fête des mères = fêtes des bonniches 
Sinon chez Leclerc ils sont dans les starting-blocks pour la fête des mères...#cuisine #ménage poke @Dauvers70 pic.twitter.com/EvuTtkPyJs


Fatiguée de passer l'aspirateur? Demander à votre moitié de s'y mettre! Ah non, je suis bête, changez d'aspirateur!
  

Après le ménage, la cuisine : on nous prend vraiment pour des quiches, la preuve en image!


 Et surtout, sois belle et tais-toi!
D'autres règlent leur compte à la publicité Marionnaud:


Quoi de plus attendrissant que des couches qui envoient des messages d'amour aux mamans quand elles sont remplies? On en viendrait presque à regretter le collier de pâtes...




Sinon, on peut conseiller aux marques d'aller jeter un coup à ces infographies : "Fête des mères : plutôt que m'offrir un fer, partageons les tâches ménagères" et "Tâches ménagères : passons aux actes!"



lundi 16 mai 2016

Qui a fait croire à ma fille qu'elle était grosse?


« Maman, tu trouves que je suis grosse ? »

Quand ma fille de 7 ans m’a posé la première fois cette question, j’ai commencé à tiquer. 

Puis quand elle a demandé à se peser, je me suis dit que quelque chose ne tournait pas rond.

J’ai alors réalisé que nous avions récemment fait ensemble un tri drastique dans sa penderie : les ¾ de ses pantalons, pourtant achetés au cours de cette année ne lui allaient pas, non pas au niveau de la longueur mais de la taille.

Souvent, je la retrouvais le soir, la taille cisaillée à cause de l’étroitesse des vêtements et le matin, c’était des contorsions sans fin pour arriver à passer ses jambes l’une après l’autre dans les pantalons. 

Quant aux t-shirts, ils lui découvraient souvent le nombril si je ne lui achetais pas systématiquement une taille au-dessus. Je précise que je n’ai jamais rencontré ce genre de désagrément avec mon fils ainé.

Pourtant ma fille est plutôt mince, elle a juste un petit ventre. Enfin, je devrais dire plutôt : elle a un ventre. Elle est également pourvue des cuisses et non pas de tiges longilignes. Des éléments anatomiques dont les fabricants de vêtements pour filles semblent totalement faire abstraction.

Il y a quelques mois, j’errais désespérément dans les rayons de vêtements pour filles à la recherche d’un pantalon à taille élastique et à la coupe droite et confortable. J’y ai alors croisé une mère aussi dépitée que moi et nous avons échangé à ce sujet : elle aussi déplorait l’impossibilité de trouver un pantalon autre que slim. Et me confiait devoir prendre systématiquement une taille au-dessus pour que sa fille puisse respirer et ne pas avoir le nombril à l’air.

En voyant passer les tweets de Sacripanne puis son billet « Attention ça taille un peu petit », j’ai alors réalisé que nous n’étions pas seules et que ce phénomène n’avait rien d’isolé.

Voici une photo tirée de son billet : 


« Dessus un t-shirt fille  en taille 3 ans. Dessous un t-shirt garçon taille 3 ans. Sans même focaliser sur la longueur, il y a bien 2-3 cm d'écart (à multiplier par un devant et un dos, donc le double, voyez ce que ça fait comme différence sur un corps d'enfant) en largeur ».



« Je suis dans une rage folle. Contre le monde. Contre les injonctions faites sur le corps de toutes petites filles. Sur le fait de faire flipper des parents si tôt, sur les fabricants, les distributeurs, les cons. En colère.


Et je partage avec vous.


Pour que tous les parents qui se disaient que c'était bizarre, cette taille de vêtement, tiltent comme j'ai tilté. Pour qu'on ait encore moins de remords à piocher dans les rayons qui leur vont, pour qu'on coupe leurs étiquettes (ça rend le tri compliqué, je sais, j'ai fait !), pour qu'on les rassure, pour qu'on soit de moins en moins nombreux à être dupes et de plus en plus nombreux à être scandalisés.


Parce que c'est un scandale. »

L’injonction à la minceur n’attend donc pas le nombre des années. Et le phénomène est mondial.

En faisant quelques recherches, je suis ainsi tombée sur cet article du DailyMail daté de 2014 : une mère de York, Pennsylvania, raconte avoir écrit une lettre à la chaîne de magasins Target pour dénoncer la différence flagrante de tailles entre vêtements pour filles et ceux pour garçons, photos à l’appui.




Récemment, j’ai aussi découvert qu’un journal destiné aux filles de 8 à 13 ans, « Discovery Girls », délivrait des conseils pour choisir son maillot de bain en fonction de sa morphologie (qu’est ce qu’une morphologie à 8 ans, sérieusement ?).


« If you're curvy up top, coverage is key » : « si vous avez des courbes en haut, se couvrir est la solution »

En avril dernier, enfin, la marque Playmobil créait la polémique en postant sur page Facebook cette image.


Histoire de formater les petites filles dès le plus jeune âge et les préparer à l’épreuve du maillot de bains.

Face à cette profusion d'exemples et d'anecdotes, je n’aurais qu’un conseil : parents, soyez vigilants. 

Et parlez à vos filles avant que les marques ne s’en chargent.


jeudi 5 mai 2016

Interview fromage et féminisme : Mumissime



Parce que le fromage c’est la vie.
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Mumissime qui répond à mes questions.



Bonjour Mumissime, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Forte comme un Munster ! et je me transforme en Brie pour les grandes occasions…

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

Y’a de quoi se battre, égalité des salaires par exemple ou encore droit des femmes sur leur corps… Ce qui est malheureux et qui fasse fromage c’est qu’on en soit toujours là en 2015. La race des machos devrait pas être éteinte ?

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

Une pub de parfum où des tas de femmes en robes de mariées court après un seul type : on vante encore et encore l’homme idéal ! mais, bizarrement jamais la femme idéale, alors qu’elle est bien plus simple à trouver ;)

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

Les gens qui coupent le fromage en laissant la croûte au dernier m’exaspèrent. Pour moi, tu pars du centre et tu fais des quartiers !

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

Un bon brebis, une bonne tome de vache, un bon roquefort et un cabécou.
J’aimerai le partager avec mon oncle, qui me faisait mes tartines de roquefort tous les dimanches midis.

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

Je mets du gruyères dans mes carbonaras, plein plein plein.

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

35% voire plus si affinités.
Le culte de la minceur, très peu pour moi.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Daphné Bürki. 

Merci à Mumissime pour cette interview!

Tu es féministe, tu aimes le fromage et tu souhaites être interviewée ? (tu as le droit de répondre même si tu le détestes, le fromage, pas le féminisme). Ecris-moi un petit mail à sophiegourion(at)hotmail.fr et je t’enverrai les questions !






dimanche 24 avril 2016

Interview fromage et féminisme : Poule Pondeuse


Parce que le fromage c’est la vie.
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Poule Pondeuse qui répond à mes questions.

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Je suis les deux à la fois, un peu le brie de Munster. Très coulante sur certaines choses, et plus forte sur d’autres. Tout compte fait je suis comme le comté (mon fromage préféré) : fruitée mais ferme.

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

Le féminisme c’est à la fois complètement évident (qui peut encore en 2015 dire que les hommes valent mieux que les femmes ? je sais il y en a plus qu’on ne le pense mais l’afficher brut de fonderie ça ne se fait plus trop) et profondément révolutionnaire (quand on décline concrètement ce que ça implique, c’est une refonte en profondeur de la société). Donc certains en font tout un fromage à base de vilaines féministes hystériques et poilues qui veulent porter leurs couilles en collier, mais en réalité il faut en faire bien plus qu’un fromage, ça va de l’apéro au digestif.

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

Par où commencer, on ne sait plus où donner de la tête…  peut-être les actrices françaises qui sont moins payées que les acteurs et ne peuvent afficher une ride ou un bourrelet sans préjudice pour leur carrière mais insistent haut et fort qu’elles sont contre le féminisme ? Magnifique syndrome de Stockholm. Ou alors la mobilisation sur le consentement en milieu médical (notamment autour des touchers vaginaux faits sur des patientes sous anesthésie générale) : le décalage complet de certains médecins avec le fond de la problématique fait froid dans le dos (ou dans le vagin plutôt).

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

Dans l’idéal il faudrait que chacun-e exprime ses envies et besoins et qu’on négocie pour la meilleure répartition des parts. Mais dans la vraie vie on sait que ces négociations sont rarement équitables… donc je ne sais pas !

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

C’est le moment de la honte où j’avoue qu’en fait je n’aime pas trop le fromage (surtout ceux qui coulent et qui puent des pieds) et qu’en général je zappe le plateau. Du coup je suis la convive idéale puisque j’en laisse plus pour les autres, même si je reprends deux fois du pain et du vin pour compenser. Et voilà transition idéale pour proposer une rencontre IRL avec les féministes à fromage des tes interviews…

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

Un reste de n’importe quoi (pâtes, riz…) à poêler avec du fromage râpé. Rien qu’à l’odeur on se sent déjà mieux.

Comme moi, tu fais partie de la team #vieilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?

Je vais passer pour une vieille croûte bobosnob (de 35 ans tout pile :D) mais comme je ne regarde pas la télé (je préfère aller voir une petite expo d’art moderne suivie d’un smoothie kalé-cajou –nan j’déconne je préfère regarder des séries US sur mon canapé en mangeant des chips) je ne comprends rien aux LT d’émissions de téléréalité dont je ne connais pas le principe et auxquelles participent des « stars » dont je n’ai jamais entendu parler.

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

Etant une militante fervente pro-cellulite et anti-régime je ne peux que choisir 35% (voire plus).

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Il me semble que le féminisme c’est plutôt comme le fromage, avec une multitude d’AOC qui coexistent et qui traduisent la richesse de ces questions. C’est vrai que ça me hérisse de lire certaines choses sous l’étiquette « féministe », mais comment tracer la limite ? qui est légitime pour adouber le Véritable Féminisme TM ?

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Je proposerais bien Elisabeth Badinter, la féministe publicitaire (sauf que je ne l’admire pas vraiment). Elle m’évoque aussi certaines blogueuses qui aiment à se prendre en photo dans des tenues et des décors variés (clique ici pour voir le tuto des tresses qui rebiquent). Peut-être qu’il faudrait mettre un homme dans cette position ornementale pour changer un peu ?

Merci à Poule Pondeuse pour cette interview!

Tu es féministe, tu aimes le fromage et tu souhaites être interviewée ? (tu as le droit de répondre même si tu le détestes, le fromage, pas le féminisme). Ecris-moi un petit mail à sophiegourion(at)hotmail.fr et je t’enverrai les questions !