> Une sexiste de l'express : Eric Mettout (dans le meme sac), "Twitter a ses vapeurs"

vendredi 12 octobre 2012

Une sexiste de l'express : Eric Mettout (dans le meme sac), "Twitter a ses vapeurs"




Ces derniers jours ont sacrément senti le retour de bâton idéologique. Tout d’abord il y a eu cette une sexiste de l’Express qui titrait « Ces femmes qui lui gâchent la vie » (après « le poison de la jalousie » et « qui est le chef ? »), mélangeant allégrement conjointe, ex-conjointe et femmes politiques. Un mélange des genres qui entretenait savamment le mythe de la femme jalouse, conspiratrice et nuisible.  Puis le verdict scandaleux du procès des viols collectifs (oui « VIOLS COLLECTIFS », et pas tournantes, les mots ont leur importance, on ne parle pas ici de poker). Ces 2 sujets ont été traités  à la même échelle dans ma TL sur Twitter : j’y ai vu passer des tweets de Dariamarx, de Clémentine Autain ou même de Maître Eolas qui dénonçaient vivement ce verdict, alors que d’autres s’émouvaient de la une sexiste de l'Express.

Le buzz négatif autour du procès des viols collectifs a été tel sur Twitter que Guy Birenbaum en a fait une chronique aujourd’hui. Pas 2 poids 2 mesures donc dans le traitement de l’actualité.

Quand j’ai vu passer la réponse d’Eric Mettout, directeur adjoint de la rédaction de l’Express, dans ma TL ce matin, j’étais impatiente de lire sa réaction. Allait-il faire son mea-culpa ? Expliquer ce qui justifiait cette une si caricaturale et qui arrive à un bien mauvais moment  au regard de l’actualité?

Pas du tout. Pour Eric Mettout, tout cela c’est beaucoup de bruit pour rien : la « blogobulga » s’est émue d’une une « un peu potache », Twitter a « eu ses vapeurs » : en conclusion « on a les hystéries qu’on mérite ». Vous noterez ici l’utilisation du vocable féminin (hystérie, vapeurs, LA blogobulga) pour décrédibiliser toute argumentation ou revendication.

Après quelques lignes larmoyantes sur la violence de « la chasse aux médias » (rappelons que les « menaces » n’ont été que quelques tags sur un trottoir), Eric Mettout nous donne une magnifique leçon de « mansplaining ». Il nous explique ce que doit être le féminisme et nous indique surtout ce que sont les « VRAIS SUJETS ». Par exemple, s’occuper des viols collectifs et pas du sexisme dans la presse. 

D’ailleurs, d’après son petit bout de la lorgnette, il y a une émotion à 2 vitesses « Pendant ce temps-là, deux gamines abusées à répétition vont devoir faire avec l’acquittement de leurs bourreaux et les violences faites aux femmes ont gagné un procès, dans la quasi-indifférence de Twitter, de Facebook et des commentateurs du Plus ». Encore un qui juge Twitter à l’aune de ses 700 abonnés !

Vraisemblablement, votre TL manque un peu de diversité, cher Eric Mettout !

Quelques conseils d’abonnements au hasard, pour faire changer votre vision des choses : Olympeblogueuse, Dariamarx, Clémentine Autain, Isabelle Germain, Corinne Dillenseger et plein d’autres vous prouveront que Twitter ne se résume pas à une liste d’abonnés-clones.


A leur lecture, peut-être aurez-vous ainsi un peu plus de considération pour cette « blogobulga » et ces « excités de Twitter » qui font eux aussi partie de votre lectorat.

Et qui méritent mieux que cette caricature.