> Quand les médias maltraitent les femmes

jeudi 18 octobre 2012

Quand les médias maltraitent les femmes

 


Ce n’est pas nouveau, les femmes sont les grandes absentes des médias.

Une étude récente avait démontré qu’elles ne représentaient aux Etats-Unis que 20% des publications dans la presse et qu’elles étaient cantonnées au « sujet roses » (cuisine, décoration, mode et famille).
Seuls 11% des articles de la rubrique « économie » avaient été écrits (ou co-écrits) par une femme.
Cet article du « Guardian » va encore plus loin dans l’analyse en y reprenant les chiffres de l’étude menée par « Women in Journalism » pendant 4 semaines auprès de 9 journaux britanniques.

 On y apprend ainsi que :

-       Les journalistes masculins représentent 78% des articles en 1ère page
-       La part des hommes mentionnés ou cités au sein des articles est de 84%
-       Les 3 femmes les plus citées sont : la Duchesse de Cambridge, sa sœur, Pippa Middelton et Madeleine McCann, la petite fille disparue
-       Les 3 hommes les plus cités sont : Simon Cowell, dont la biographie vient de sortir, Nicolas Sarkozy et le Prince William

Des chiffres à rapprocher d’une étude américaine citée par le Guardian. Elle révèle que sur 668 personnes citées au sein d’articles, 84% d’entre elles sont des hommes. Des mentions qui se rapportent essentiellement à leurs compétences professionnelles.

Ce chiffre tombe à 16% pour les femmes, qui sont surreprésentées en tant que victimes ou célébrités.

Question image, ce n’est pas beaucoup mieux! Alors qu’il semble y avoir davantage d’équité dans les photographies des unes, il n’y avait pas une seule femme politique ou dirigeante dans le top 10 des clichés qui illustraient les articles.

Et quand les femmes d’influence y figurent, c’est souvent de manière peu flatteuse. Ainsi quand Theresa May, femme politique britannique, est représentée, c’est 2 fois sur 3 en faisant une grimace. Quant à Angela Merkel, 2 photos sur 3 la mettent en scène en secouant ses bras en l’air et en soufflant.

Et en France ? Comme l’explique Isabelle Germain dans son édito du hors-série des Nouvelles News « Le sexe de l’info » : « Un quart de femmes, trois quarts d’hommes : c’est le reflet de notre société dans les médias d’information généraliste. Et les rares actrices de l’info sont le plus souvent victimes, anonymes ou présentes pour leur lien de parenté avec un homme, sujet de l’info. Les hommes figurent, eux, plutôt en qualité d’experts ou de décideurs. Les enquêtes qui fournissent ces chiffres saisissant sur le contenu des médias sont connues et renouvelées depuis 1995. Et pourtant rien ne change ou si peu ».

Un coup d’œil à la couverture de l’Express de la semaine dernière suffit pour s’en persuader…