> Je ne suis pas un pigeon

jeudi 4 octobre 2012

Je ne suis pas un pigeon


Dernier billet sur les auto-entrepreneurs et après, promis, je varie les sujets (moi-même, je fatigue c’est pour dire).

Juste une mise au point car je lis beaucoup de raccourcis et de contre-vérités à mon sujet. Quand cela vient de blogueurs, ce n’est pas grave. Quand cela vient de media sérieux c’est plus dérangeant.

Ainsi, Libération m’associe dans cet article au mouvement des pigeons qui ont crié à « la fausse mort des auto-entrepreneurs ». France TV fait de même ici, le site « Arrêt sur Images » me décrit, quant à lui, comme une volatile qui « voit ses rêves brisés par un gouvernement sans cœur » (tu la sens la grosse dérision là ?).

Sauf que je vais le répéter : je ne fais pas partie du mouvement des pigeons pour différentes raisons :

-       Ce sont, pour la plupart, des anonymes. Tout comme les pétitions, les revendications à visage couvert me gênent. Je donne autant de poids aux anonymes qui trollent derrière leur écran pour poster des commentaires rageux qu’aux revendications des foules sans visage. Prendre ses responsabilités, écrire en son nom est un minimum si on veut s’impliquer dans une lutte quelle qu’elle soit.

-       Je ne me reconnais pas dans les revendications qui tournent essentiellement autour de la plus-value sur les cessions d’entreprise

-       Ce que je vois passer sur Twitter avec le hashtag « pigeons » va du pire au meilleur, des revendications sensées aux pires clichés

-       Je ne sens pas à proprement parler de cohésion entre tous les entrepreneurs, qui parleraient tous d’une même voix, au sein d’un mouvement unifié. Pire, je sens même parfois un certain mépris de classe à l’égard des auto-entrepreneurs. Ceux qui m’ont affublée du sobriquet de « lumpenentrepreneur » étaient eux-mêmes des entrepreneurs

-       Enfin, je me méfie toujours des mouvements de foule quels qu’ils soient. « Quand on est plus de 4, on est une bande de cons » disait Brassens et je partage assez cette avis. Je crains, de plus,  les récupérations du mouvement par l’UMP ou le MEDEF.

Quand j’ai écrit ma lettre au Président, ce n’était rien qu’un billet d’humeur, posté en mon nom. Je n’ai jamais prétendu représenter qui que ce soit ni n’ai revendiqué aucune appartenance. Qu’on me laisse au moins cette liberté.