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samedi 4 mars 2017

Journée internationale des droits des femmes : le pire du 8 mars


 Le sujet est malheureusement devenu au fil des ans un marronnier sur le blog : voici le mois de mars et son cortège de récupérations commerciales, de stéréotypes et de glorification de LAFÂME, cette créature improbable vêtue de rose des pieds à la tête et obsédée par le shopping.

Cette année encore, beaucoup continuent de confondre la journée internationale des droits des femmes avec une foire commerciale ou un festival de clichés.

Illustration en quelques exemples qui piquent les yeux.

La mairie du 7ème et Rachida Dati, déjà épinglées sur le blog l'année dernière remettent ça cette année avec la "journée de la femme" et son indispensable atelier beauté.



Pour fêter la journée internationale des droits des femmes en 2012, la Caisse d'Epargne avait lancé une carte bleue avec un visuel «de cristaux Swarovski», accompagnée d'un «bijou fantaisie glissé dans une pochette en organza». Cette année, la Caisse d'Epargne a crée une carte bleue...rose.

 Cette année encore, les hommes mettent du rouge à lèvres pour lutter contre les violences faites aux femmes. Une opération gadget à laquelle avait participé Denis Baupin l'année dernière.



Le 8 mars, journée internationale du shopping:




Un jour, vous nous ferez une fleur et vous arrêterez de nous en offrir le 8 mars.
Le 8 mars n’est pas une fête ni un hommage, mais une journée de lutte pour les droits des femmes comme l'explique le site "8 mars".

En 2013, le stade Rennais tentait une opération séduction auprès des femmes avec un canard vibrant, cette année le stade de l'Aube mise tout sur une communication rose bonbon et des places à 5€.


Le pire pour la fin : le magazine Phosphore, destiné aux adolescents, s'est fendu d'un article à l'occasion du 8 mars intitulé "Jusqu'où faut-il être féministe?.

dimanche 15 janvier 2017

"Sois belle, mince et tais-toi": quand les marques de vêtements complexent les petites filles




En mai dernier, je m’insurgeais contre les marques de vêtements pour filles systématiquement sous-taillées, alertée par ma fille qui se plaignait des pantalons qui lui cisaillaient le ventre ou dans lesquels elle avait du mal à passer les jambes. Sans parler des t-shirts qui lui remontaient au-dessus du ventre. Un problème que je n’ai pas rencontré pour mon fils de 11 ans.

Quand elle m’a demandé si je la trouvais grosse et qu’elle a demandé à se peser, j’ai commencé à tiquer.

Pourtant ma fille est plutôt mince, elle a juste un petit ventre. Enfin, je devrais dire plutôt : elle a un ventre. Elle est également pourvue des cuisses et non pas de tiges longilignes. Des éléments anatomiques dont les fabricants de vêtements pour filles semblent totalement faire abstraction. En croisant il y a quelques mois une mère dans un magasin de vêtements aussi dépitée que moi devant les rayons, j’ai brièvement échangé avec celle-ci. Elle aussi déplorait l’impossibilité de trouver un pantalon autre que slim. Et me confiait devoir prendre systématiquement une taille au-dessus pour que sa fille puisse respirer et ne pas avoir le nombril à l’air.

L’injonction à la minceur n’attend donc pas le nombre des années. Les stéréotypes sexistes non plus.

Lors d’une séance de shopping chez C&A avec ma fille hier, je suis tombée en arrêt devant ce t-shirt au rayon fille (j’ai cherché, nul équivalent au rayon garçon).


Le message «  Trop jolie pour faire mes devoirs » cumule stéréotype sexiste et faute grammaticale (le « much » est justement too much).

En 2011 et 2015, des marques américaines avaient fait le bad buzz avec des t-shirts imprimés "Too pretty to do homework". 


Et ce genre d’horreur sexistes est loin d’être une première : en 2011, on se souvient de l’épisode des bodys Petit Bateau, puis les t-shirts « Plus tard, j’en aurai une grosse comme papa/Une paire comme maman », sans oublier les bavoirs « "Reine du shopping" pour elle et "Champion du Monde"  pour lui ».

Et il ne faut pas compter sur le monde des super-héros pour relever le niveau, alors même que ces personnages ont justement vocation à devenir des modèles pour les enfants.

En 2014, la célèbre maison d'édition américaine de bandes dessinées DC Comics a ainsi crée la polémique aux Etats-Unis en lançant 2 t-shirt genrés.




Sur la version pour garçons on pouvait y lire : « Je m’entraîne pour être Batman ».

Sur la version filles : « Je m’entraîne pour être la femme de Batman ».

Et puisqu’il n’est jamais trop tôt pour être victime de stéréotypes, DC Comics a également rhabillé les bébés avec des bodys dans la même veine sexiste.




Version garçon : « Futur « Man of steel » (homme d’acier, du nom d’un super-héros) »

Version fille : « Je sors uniquement avec des super-héros »

En Espagne, des bodys du même genre ont fleuri dans les rayons de supermarché.




Version garçon : « Intelligent comme papa »

Version fille : « Belle comme maman ».

Voilà comment rhabiller nos filles pour l’hiver. L’égalité fille/garçon s’est décidément pris une bien belle veste.