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dimanche 12 février 2012

RIP Whitney Houston...et mon adolescence

Moi dans ma période Whitney Houston


Ce matin, en parcourant ma timeline sur Twitter très tôt, j’ai appris la mort de Whitney Houston.

Quelques heures après, fleurissaient fatalement les mêmes vannes sur Facebook avec des « Houston nous avons un problème » en rafale (il y a toujours un décalage horaire de quelques heures voire de quelques jours entre la planète Facebook et la planète Twitter).

Moi je n’avais pas trop le cœur à rire.

Car c’est un peu de mon adolescence qui part avec avec la mort de Whitney Houston.

Elle faisait partie du top 3 de mes artistes préférés de l’époque avec Michel Berger et Mickael Jackson, devenu funestement aujourd’hui mon petit panthéon personnel.

Je me souviens avoir patiemment économisé pour m’acheter la cassette de son 1er album qui tournait en boucle dans mon walkman auto-reverse (le comble de la hype de l’époque, l’équivalent de l’Iphone il y a 3 ans). Je connaissais les paroles de toutes ses chansons par cœur et me revois encore improviser des chorégraphies et des playbacks endiablés dans ma chambre avec mon déo comme micro. Ses chansons ont servi de bande originale à mes premiers émois amoureux (platoniques forcément, j’étais très en retard à ce niveau là). Je m’imaginais alors dans des clips sirupeux dignes des pires karaokés sur « I’m saving all my love for you », courant les cheveux au vent vers l’élu de mon cœur. Forcément, à force d’écouter en boucle les mêmes morceaux, les piles s’usaient et la cassette au ralenti donnait à Whitney Houston des airs de Raymond Barre sous Prozac. Alors en attendant d’en racheter, j’écoutais quand même cette mélopée traînassante tout en observant en détail les pochettes de mes 2 albums.

Sur le premier, elle y apparait les cheveux attachés, avec un simple collier de perles et une robe drapé orange ressemblant à un sari. Elle ne sourit pas et semble marquer une distance quasi-aristocratique avec le spectateur. Elle n’est pas maquillée et resplendit de toute sa jeunesse sans artifice.

Sur son deuxième album, changement d’ambiance : ses cheveux ne sont plus plaqués mais s’échappent en boucles folles, elle est maquillée, sourit de toutes ses dents, moulée dans un débardeur blanc et un simple jean. Ah le fantasme du débardeur blanc…Avec cet album c’est devenu mon graal personnel en terme d’accessoire de mode. J’ai essayé beaucoup de marques, de Petit Bateau à H&M, dans l’espoir de ressembler un jour à ce cliché, à cette beauté naturelle juste mise en valeur par ce petit bout de tissu et qui incarnait la classe absolue à mes yeux. Malheureusement, mon tour de poitrine donnait fatalement des accents libidineux à mon virginal débardeur et malgré tous mes efforts je ressemblais davantage à un routier qu’à une pin-up.

Mais ce qui me fascinait vraiment c’était sa voix : puissante sans être beuglante, passant d’une octave à un autre avec une facilité désarmante. Une voix qui réunissait la rigueur du gospel et la couleur du funk, sautant d’une balade à un air de pop avec une virtuosité incroyable.

Comme toutes les ados de mon époque, j’ai vu Bodyguard au cinéma. Je me souviens de ma déception, du scénario faiblard et de l’intrigue improbable. Cet épisode a marqué la fin de mon idylle avec Whitney Houston. Je n’ai plus jamais acheté d’autres CD d’elle depuis, me contentant de réecouter de temps à autres ses 2 premiers albums.

Je n’ai pas voulu regarder les photos d’elle vieillissante, les vidéos où, la voix cassée, elle oublie les paroles de ses chansons. Je préfère garder en moi l’image de cette beauté immaculée, le souvenir de cette voix remarquable. Car contrairement au portrait de Dorian Gray, son visage marqué par les ans ne m’épargne pas pour autant. Bien au contraire, c’est ma propre vieillesse que je vois se refléter dans ses traits fatigués. Et aujourd’hui, je fais bien plus que le deuil d’une chanteuse. Je fais celui de mon adolescence.