> "La mère de Max est accro à Twitter"

mercredi 22 février 2012

"La mère de Max est accro à Twitter"


Il est venu le temps des vacaaaances (à chanter sur l’air de Notre Dame de Paris).

Quand je travaillais, cette période était source de culpabilité (ouh la mauvaise mère qui laisse ses enfants chez la nounou). Désormais elle est source…de culpabilité (ouh la mère au foyer qui n’a rien d’autre dans son existence que ses enfants). On ne change pas une formule qui gagne.

Entre 2 expos/ciné/théatre, nous nous sommes donc retrouvés hier à la bibliothèque avec les enfants.

Alors que mon fils de 6 ans fait désormais sa vie et choisit ses livres seul, ma fille de 3 ans est dans la période « je veux tout lire mais en attendant de le faire toute seule c’est maman qui s’y colle ». A chaque visite, je me retrouve donc avec 6 Tchoupis, 3 Petit ours Brun et 2 Juliette sur les bras pour une séance de lecture à voix haute (en général, je récupère d’autres enfants captivés par ma voix enjôleuse. La version officielle c’est que les nounous, plus enclines à bouquiner ou à téléphoner, sont bien contentes de me les refiler).

Puis nous repartons, le sac plein à craquer de bouquins en tout genre.

Souvent, c’est de retour à la maison que je découvre les livres choisis par mon fils : Tintin, le journal de Mickey et plus récemment « Max et Lili ». Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une série très bien faite sur « les petits problèmes de la vie » constituée d’une histoire et de questions adressées à l’enfant sur la problématique traitée. Il y en a des légères « Max n’aime pas lire » « Lili a la passion du cheval » mais d’autres qui font moins rire dans les chaumières du type « Max ne pense qu’au zizi » ou « La copine de Lili a une maladie grave». Ambiance.

Mon fils a déjà « Max est timide » (une tare atavique) « Max aime les jeux vidéos » (autre tare atavique) et « Max n’aime pas perdre » (suivez mon regard). En ce qui concerne la mort, je pense qu’il n’a besoin de rien. La semaine dernière, alors que l’on discutait des grands-parents (« Mamie Annie c’est la maman de maman et Mamie Monique c’est la maman de papa »), sa sœur a demandé où était la maman de Mamie Monique. D’une voix la plus douce possible j’ai répondu évasivement « elle est partie », réponse que je trouvais la plus adaptée à une petite fille de 3 ans. Mon fils, qui n’a pas encore lu Dolto, lui a assené très calmement « Oui, elle est morte maintenant. Elle est dans un cercueil en bois. Sous terre ». Puis il s’est replongé dans son livre.

Pas de Max et Lili sur la mort donc. En revanche, j’ai été très étonnée de découvrir que mon fils avait choisi « Le tonton de Max est en prison ». Le truc qui va être sympa à rendre à la bibliothèque sans se faire remarquer…Quand on connaît mon fils : discret, profil du premier de la classe, pas rebelle pour un sou ça prête à sourire. Sans doute le fantasme du bad-boy…Ceci dit, ça aurait pu être pire, n’oublions pas qu’il existe dans cette série « Emilie n’aime pas quand sa mère boit trop».

Si mon fils avait pu créer un « Max et Lili » sur mesure, je pense qu’il aurait choisi « La mère de Max est accro à Twitter ». Dès le premier jour des vacances, il m’a lancé de sa chambre « Maman, tu ne vas pas faire ton Twitter toute la journée hein». Puis l’autre jour, en voyant défiler les photos dans ma TL il m’a demandé « tu les connais vraiment tous ces gens ? ». « Non, pas tous » ai-je répondu « c’est un peu comme des amis imaginaires ». En prononçant cette phrase, je me suis rendue compte de la bizarrerie de la situation. Mais comment expliquer cela de façon rationnelle ?

Je ne vois qu’une solution créer un « La maman de Max est accro à Twitter » ! J’ai déjà en tête toutes les questions de la fin si ça peut aider l’éditeur :

« Toi aussi ta maman a les yeux rouges à force de regarder son écran ? »

« Ta maman t’a-t-elle déjà dit qu’elle avait des amis imaginaires ? Qu’as-tu ressenti ? »

« As-tu déjà entendu ta maman rire toute seule devant son écran ? Est ce que ça t’a fait peur ? »

« As-tu l’impression que ta maman est de meilleure humeur le vendredi ? Est ce qu’elle t’a expliqué ce qu’était le « Follow Friday » ?

« Quand tu as fait une bêtise, l’as-tu entendu te dire « C’est quoi ce bazar ? REP A SA BOLOULOU ! » Est ce que tu t’es senti gêné ? »

Sinon la version féminine de « le père de Max et Lili est au chômage » m’irait bien aussi.

Rep a sa boloulou.