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lundi 2 novembre 2015

Interview fromage et féminisme : Vilaine



Parce que le fromage c’est la vie.
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Vilaine qui répond à mes questions.

Bonjour Vilaine, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Forte comme un Munster, sans hésiter (en même temps, pour une Alsacienne, c’est la moindre des choses : chez nous, le Munster est incontournable, et j’ai un faible pour la bouffe qui sent les pieds).

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

J’aimerais que ce soit le cas. Et que le féminisme fasse un maximum de bruit (et de fureur) : d’ailleurs, mon féminisme à moi sent aussi fort que du Munster et dégouline partout. Et c’est bien ça qui incommode les bonhommes : ils aiment et soutiennent le féminisme Vache Qui Rit (doux, tendre et facile à tartiner, qui s’écrase dans le pain), qui ne les menace pas, mais rejettent totalement le féminisme Munster (fort, odorant, avec un croûte qui pue et qui incommode leurs narines délicates).

La dernière actualité (pub sexiste, badbuzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

Ca tombe bien, je ne peux pas blairer le Roquefort. François Fillon, avec son refus de voir la France tel un pays à prendre, « comme une femme », m’a donné envie de lui carrer une meule de Bleu du Vercors dans chacun de ses orifices.

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

En sortant les couteaux, comme le conseille Christiane Rochefort, et en tranchant bien  net, droit au cœur.

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

Ce serait du chèvre frais à la ciboulette et à l’échalote, du Beaufort, du Morbier, du Coulommiers, du Bleu du Vercors et du Munster (avec une bonne couche de beurre sur le pain). Et pour accompagner le Coulommiers, des cornichons Harthertz. Et le premier qui s’approche de mon plateau de fromage, je lui plante le couteau dans la main. En toute cordialité.

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

Par principe, je n’ai honte de rien. Je n’ai donc pas du tout honte de me réconforter avec une grosse assiettée de pâtes ultra-cuites (je n’aime pas les pâtes al dente), recouverte d’un quintal de fromage râpé (n’importe lequel), sur lequel je dessine un bonhomme qui rigole en ketchup. Ensuite je prends fièrement mon assiette en photo, je la publie sur Instagram et je projette de devenir blogueuse bouffe.

Comme moi, tu fais partie de la team #vieilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?

Le fait que certaines de mes copines sur Twitter étaient à peines nées quand je dansais des slows moites sur du George Michael ou que je me collais contre les potes pour leur rouler des pelles  pendant qu’Alphaville me perçait les tympans. Et j’ai vu Depeche Mode en concert en 1989. Qui est encore vivant sur Twitter pour en parler avec moi aujourd’hui, hein ?

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

82%, comme le beurre que je mets en couche épaisse sous mes tartines de Munster.

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Oui. Je milite d’ailleurs activement pour la reconnaissance d’un véritable label rouge, afin de garantir à l’avenir aux hommes qui nous consomment d’avoir désormais affaire à des féministes qui seront garanties « élevées en liberté ». Certes, elles seront moins faciles à mettre en laisse et rechigneront à la muselière, mais c’est pas nous qu’on a commencé, alors bon.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Moi. En toute simplicité. Il est si mal vu, dans cette société patriarcale pourrie, qu’une femme se valide toute seule, se trouve vraiment cool et reconnaisse ses propres mérites, que j’ai décidé de bien ordonner ma charité, et de la commencer par moi-même. Tous les matins, en me croisant dans le glace, je me déclare donc avec passion et sincérité : « J’aime beaucoup ce que tu fais ». Et en plus, je suis vachement mieux coiffée que Belle des Champs.

Merci à Vilaine pour cette interview!

Tu es féministe, tu aimes le fromage et tu souhaites être interviewée ? (tu as le droit de répondre même si tu le détestes, le fromage, pas le féminisme). Ecris-moi un petit mail à sophiegourion(at)hotmail.fr et je t’enverrai les questions !