> Interview fromage et féminisme : Serval Frayer

vendredi 30 octobre 2015

Interview fromage et féminisme : Serval Frayer



Parce que le fromage c’est la vie.
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Serval Frayer qui répond à mes questions.

 Bonjour Serval, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Bonjour ! Je suis bien embêtée par ta question car je serais plutôt tendance Reblochon fermier bien fait : savoureuse avec une pointe de piquant mais coulante quand même ; et qui embaume. Certains disent « fouette » parfois mais je les laisse seuls maîtres de leurs propos. Pour résumer : force, caractère et onctuosité avec une identité bien singulière.

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

Franchement, on en parlerait sur tous les plateaux, je ne dis pas mais là, il n'y a vraiment pas de quoi ! Et puis LE féminisme, c'est quoi ? C'est comme dire LE fromage... C'est si réducteur ! Encore un coup du lobby du fromage pasteurisé ça !! Blague à part, ma vie sans féminisme serait au moins aussi triste que ma vie sans une bonne Epoisse : fade.

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sent le roquefort ?

Il y en a tellement qu'il y a de quoi suffoquer des vapeurs de moisissures... Je ne sais pas quoi te répondre, je vais donc fermer ma boite à camembert (au lait cru bien sûr!)

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

Chaque personne avec un couteau dans la main, tu éteins la lumière et chacun-e se débrouille. Ça, c'est la version empirique.
Sinon, il y a la version scientifique avec une règle, une équerre et une voire deux bouteilles de vin pour aider au calcul parfaitement égalitaire.

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

Le partager ? Parce que tu crois que je PARTAGE mon fromage ? JAMAIS !!! (Je fais parfois une exception avec mon +1 sinon il me traiterait de misandre sexiste et autocentrée du lait cru... Et puis, je l'aime quand même !)
Sur mon plateau idéal, il y a du Bleu des Causses, un Reblochon fermier, un Gruyère caramel (36 mois d'affinage), un Saint Félicien, Un Mont d'Or... Voilà pour le minimum syndical. Quand même ajoutes-y une Epoisse et un bon Gorgonzola...

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

Vraiment ? Mais tu veux définitivement flinguer ma réputation ?! …
Du pain blanc toasté, un bonne couche de beurre de cacahuète crunchy et du Gruyère (ou de l' Amsterdamer) vieux dans les deux cas.

Comme moi, tu fais partie de la team #veilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?

Les masques à la cannelle, les influents, l'humour « décalé et tellement drôle » des publicitaires... L'heure à laquelle je me couche et le fromage allégé !

Pour toi le féminisme c’est plutôt à -0% de matière grasse comme le Bridelight ou à plus de 35% comme le Brillat Savarin?

Non, suis pas fan du Brillat Savarin. Une bonne Brique Ardéchoise, là je ne dis pas. Tu vois, c'est solide, goûté comme on dit chez moi. Tu peux les empiler facilement et ça résiste aux intempéries.  C'est un fromage du terroir, sans prétention mais incontournable.

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Tu vois, à notre dernière réunion des FFFF (Féministes Fans de Fromages du Finistère) on a finit par s'envoyer des croûtes de fromages à la tête : il y a celles qui militent pour une AOC, celles qui militent pour une AOP et celles qui considèrent que le féminisme, le vrai, ne peut être contrefait... Je ne sais pas quelle position adopter, d'autant que je mange mon fromage avec sa croûte alors... Je trouve que c'est gâcher que de se jeter les croûtes à la figure, très primitif (oserais-je masculin?) comme comportement... Il va finir par y avoir scission, j'en ai bien peur.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Si je devais remplacer « Belle des champs » par une femme, ça ne serait pas par une que j'admire. Non mais tu as vu la gourdasse ?! Non, cela serait renforcer un stéréotype très paternaliste et schématique qui ancrerait dans le psychisme fromager que les femmes ne sont belles que dans les champs. Inacceptable !

Merci à Serval Frayer pour cette interview!

Tu es féministe, tu aimes le fromage et tu souhaites être interviewée ? (tu as le droit de répondre même si tu le détestes, le fromage, pas le féminisme). Ecris-moi un petit mail à sophiegourion(at)hotmail.fr et je t’enverrai les questions !