> Interview fromage et féminisme : Marion Scappaticci

mercredi 4 novembre 2015

Interview fromage et féminisme : Marion Scappaticci




Parce que le fromage c’est la vie.
Parce que les féministes ont de l’humour.
Parce que militantisme et fromage ne sont pas incompatibles.
Parce qu’il n’y a pas un féminisme mais des féministes.

J’ai crée cette série d’interviews décalées « Fromage et féminisme » #FF.

Aujourd’hui c’est Marion Scappaticci qui répond à mes questions.

Bonjour Marion, peux-tu te présenter en quelques mots : es-tu plutôt coulante comme un brie de Melun ou forte comme un Munster ?

Forte ! Comme le munster, comme le roquefort, comme le gorgonzola, comme une vieille tomme au lait cru fermière même !

D’après toi, le féminisme on en fait tout un fromage ?

On en fait tout un fromage sur la forme.
On en fait pas un assez bon fromage, fermier, sincère, au lait cru, sur le fond.
On se préoccupe de comment être féministe, de ce qu’est être ou ne pas être féministe, de ce qu’est être une vraie ou fausse féministe.
Mais en réalité, qu’est ce qui évolue ? Qu’est ce que chacune et chacun d’entre nous fait au quotidien pour que les choses changent ? Cela passe par les non-dits au quotidien, au travail ou dans le couple.

La dernière actualité (pub sexiste, bad buzz, déclaration de people…) qui sentait le roquefort ?

Quand j’ai voulu acheter un aspirateur il y’a deux mois chez Darty.  Grande classe Rowenta.


Aspirateur "Miss Chic" Rowenta

Comment couper le fromage de façon féministe (et donc égalitaire) ?

En se mobilisant dès la naissance de l’enfant. Par son éducation, par les valeurs qui sont transmises à la petite sœur comme au petit frère.
A la maison, en permettant aux petites filles de jouer aux Lego même s’ils ne sont pas roses, surtout s’ils ne sont pas roses. Leur acheter des petits livres qui les sensibilisent, les interpellent, les encouragent et en débattre.
A l’école, en faisant en sorte que les instituteurs et institutrices encouragent chaque petite fille à s’exprimer et prendre la parole et être fière de ses idées.
Au collège et au lycée, en encourageant les jeunes filles à s’orienter vers les carrières scientifiques quand elles en ont les capacités.
A l’âge plus adulte, en facilitant l’accès au mentorat pour renforcer le leadership.
Tout vient de l’éducation.

Ton plateau de fromage idéal ? Avec qui aimerais-tu le partager ?

Avec des gens qui savent rêver, qui me diront que tout est possible, qui auront vécu plusieurs vies et découvert plusieurs mondes dans une seule vie. Donc mes sœurs, mon amoureux et des créateurs de startup parce qu’ils vous donnent l’impression qu’on peut tout révolutionner.

Le one pot pasta a crée la polémique : et toi, c’est quoi ta recette de la honte avec du fromage ?

Mettre du parmesan sur mes linguine aux fruits de mer.  Et mettre parfois du gruyère dans les lasagnes. Véritable sacrilège en Italie. Mais pas aussi sacrilège que le one pot pasta.

Comme moi, tu fais partie de la team #vieilletwitta : qu’est ce qui te fait sentir parfois comme une vieille croûte, sur Twitter ou ailleurs ?

Quand les moins de 20 ans positionnent les Chtis à Miami en TT.

Es-tu favorable à une AOC pour le féminisme ?

Surtout pas.  On est déjà soumis à suffisamment d’étiquettes en permanence, non ?
Un AOC du féminisme serait selon moi contraire aux principes.

Si on devait remplacer « Belle des champs » par une femme que tu admires, qui serait-elle ?

Zelda Fitgerald, femme de Francis Scott Fitgerald, muse, plume, féministe enfermée et anéhantie.
Marguerite Duras également pour son Barrage contre le pacifique.

Merci à Marion pour cette interview!

Tu es féministe, tu aimes le fromage et tu souhaites être interviewée ? (tu as le droit de répondre même si tu le détestes, le fromage, pas le féminisme). Ecris-moi un petit mail à sophiegourion(at)hotmail.fr et je t’enverrai les questions !