> Sexisme, racisme : Lewino ou la conjonction de la bêtise

mercredi 12 mars 2014

Sexisme, racisme : Lewino ou la conjonction de la bêtise



En février dernier, je dénonçais ici les propos sexistes de Frédéric Lewino dans un billet intitulé « Frédéric Lewino, le pervers pépère récidive ».

Je ne pensais pas qu’il y aurait une récidive…à cette récidive.

Et pourtant, force est de constater qu’il y a souvent conjonction de la bêtise, pour rester polie, entre le sexisme et le racisme. Le journaliste du Point nous en fait aujourd’hui une brillante démonstration en franchissant d’un pas léger le pont entre ces deux discriminations.

Sur  Twitter, il a ainsi posté tout à l’heure une gravure colonialiste sur laquelle on pouvait voir un homme blanc apprenant à lire à une femme noire agenouillée. Pour l’illustrer, le journaliste s’est alors fendu d’une légende supposément hilarante : "Le procureur François Faletti apprenant à lire à Christiane Taubira".




Un commentaire dans la droite ligne de Minute qui titrait encore récemment « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane ».

Devant le tollé suscité par ce tweet, Frédéric Lewino a ensuite été contraint de l’effacer, puis de s’excuser (sans doute poussé par sa rédaction).


On retrouve ici un grand classique des marques ou personnalités prises en flagrant délit de sexisme/racisme : ce n’est pas moi qui suis en faute mais vous qui avez mal compris.

Ou vous qui vous n’avez pas d’humour, forcément.


Son mea-culpa téléguidé ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à celui d’un petit garçon contraint à l’excuse par ses parents et qui, en pied de nez, en profite pour écorcher le nom de celle qu’il a attaquée (« Toubira » à la place de « Taubira »).

Pour défendre son « œuvre » le journaliste invoque la mémoire de son père, Walter Lewino, lui-même journaliste au Point (est-ce pour cette raison qu’il bénéficie d’une immunité auprès de la rédaction en dépit de ses saillies racistes et sexistes ?). Un père qui en son temps avait fait polémique avec un test intitulé « Etes-vous une salope ? ». La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre comme disait ma grand-mère…

Suite au buzz crée sur Twitter, Etienne Gernelle, directeur de la rédaction du Point, a quand même jugé nécessaire de qualifier le tweet de «débilissime». Un progrès donc puisque les saillies sexistes de Lewino ne « posaient aucun problème » à la rédaction en février dernier.

Le fait que le racisme, contrairement au sexisme, soit pénalement condamnable n’y est sans doute pas étranger…