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dimanche 16 mars 2014

Sur la route



Mon retour au salariat n’aura finalement duré qu’une semaine.

7 jours de nuits blanches, de maux de ventre et de gorge serrée.
7 jours à me dire que je faisais perdre du temps à mon employeur.
7 jours à me dire qu’écrire 8 heures par jour sur un thème unique n’était pas pour moi.
7 jours à mettre dans la balance sécurité de l’emploi et équilibre psychique.

Je suis finalement partie lundi soir dernier.

Les gens étaient pourtant adorables.

Mon boss était sans doute la personne la plus humaine rencontrée au long de ma vie professionnelle.

J’avais un bon salaire, des tickets restaurants, une bonne mutuelle.

Mais je n’ai pas tenu le coup.

Ce départ n’a rien du caprice d’une enfant gâtée. Je ne suis physiquement et psychiquement pas capable de pondre du texte 8 heures par jour sur une même thématique, voilà ce que m’a appris cette expérience.

Je repars riche de cette certitude mais la tête de nouveau pleine de doutes quant à mon avenir.

Cette décision a été douloureuse mais nécessaire. Et je la vis comme une véritable rupture sentimentale.

Sur le papier, tout était parfait, genre gendre idéal. Stabilité, confort matériel et attention mais le cœur qui ne battait pas. J’ai pourtant bien essayé de ne pas y penser, de faire un mariage professionnel de raison. De mettre mes sentiments de côté mais mon corps a vite tiré le signal d’alarme.

Et m’a rapidement rappelée qu’il y a 4 ans j’ai failli laisser ma peau à cause de mon travail.

Ces maux de ventre, ces bouffées d’angoisse, ces nuits blanches, je ne pouvais pas  ne pas les écouter cette fois-ci.

Alors je suis partie, dans l’incompréhension générale. Aux yeux de tous, j’étais la célibataire endurcie qui laissait passer l’homme idéal. Et qui allait s’en mordre les doigts quand elle retrouverait la solitude de ses 4 murs.

Un mec comme ça, à son âge, elle n’en retrouverait pas un de sitôt.

Aujourd’hui je suis groggy et un peu perdue. J’ai passé plusieurs jours à traîner en pyjama, comme lors d’une rupture. Je me suis dit qu’il était parfois plus difficile de quitter que d’être quittée car on ne peut s’en prendre qu’à soi-même.

On n’a personne à détester pour pouvoir mieux rebondir, surtout quand celui d’en face a été digne et respectable jusqu’au bout.

J’ai appris aujourd’hui que j’ai été remplacée, la nouvelle commence lundi.

Sans déception ni aigreur, je leur souhaite, du fond du cœur, tout le bonheur du monde.

Quant à moi, je reprends la route…