> Vol de contenu : quand YouMag pique des articles en toute illégalité

vendredi 2 novembre 2012

Vol de contenu : quand YouMag pique des articles en toute illégalité





Mon blog ne me rapporte rien, à part le plaisir d’être lue et cela me suffit amplement.

Je refuse tout partenariat, billet sponsorisé et pub, ce qui me permet une grande latitude d’écriture et une objectivité à toute épreuve.

J’estime que bloguer n’est pas un métier, juste un hobby. Pour autant, même si ce n’était pas le but final, écrire ici m’a ouvert de nombreuses portes professionnelles et a été la source de multiples et fructueuses rencontres.

J’écris pour être lue. Ce qui ne veut pas dire que je suis prête à tout pour être lue, comme offrir gratuitement mon contenu à un site commercial qui se rémunérerait grâce à de la publicité.

Je découvre ainsi régulièrement mes écrits repris dans leur intégralité sur des sites, qui, même s’ils citent leurs sources sont dans l’illégalité la plus totale.

En effet, les règles de la propriété intellectuelle sont claires et s’appliquent même sur les blogs, en dépit de ce que semble penser la plupart des gens.

Comme l’explique très précisément cet article d’Eklablog:

« En France le droit de courte citation est soumis à certaines règles :

-       Elle doit être partielle (2 paragraphes maximum) à moins de justifier clairement de l'autorisation de l'auteur ou de ses ayant-droit.
- elle doit être utilisée "dans la mesure justifiée par le but à atteindre", par exemple pour illustrer un propos ou le contenu d'un article.


-       Elle ne doit pas porter atteinte au droit moral


-       L'auteur doit être clairement mentionné. Dans le cas d'article pris sur le Net, doivent être mentionnés le nom de l'auteur et un lien direct vers l'article dont est extrait la citation.

La reproduction d'un article au-delà de la longueur autorisée ou dans son intégralité peut-être considéré comme contrefaçon, délit pénal pouvant être sanctionné jusqu'à 2 ans de prison et 150 000 € d'amende, si vous ne pouvez justifier de l'autorisation de l'auteur. »

Les blogs sont soumis aux mêmes règles.

Pour beaucoup d’éditeurs de site, la simple mention du nom de l’auteur ou un lien vers un blog suffit  et autorise, de fait, à recopier l’intégralité d’un texte sans autorisation.

Aujourd’hui je découvre que Youmag, un site qui ambitionne de devenir « le nouveau Spotify de la presse » a pompé en intégralité un de mes articles ici. Quand on arrive sur cette page, tout porte à croire que j’ai écrit, de façon rémunéré mon billet sur ce site alors que c’est faux.


Après une rapide recherche sur le net, je tombe sur cet article des Echos. Il nous apprend qu’ "une équipe d'une dizaine de journalistes met en forme les contenus de Youmag" et qu' "une fois l'offre publicitaire lancée, dans les prochains jours, les revenus publicitaires seront partagés avec les éditeurs, comme pour les articles vendus".

Facile dans ces conditions de monter un site et d’engranger des recettes publicitaires sur du contenu volé, sans jamais rémunérer les auteurs ou même leur demander l’autorisation.

"Nous croyons en la valeur éditoriale" clame haut et fort le fondateur du site. Visiblement, beaucoup moins en la valeur morale….

Le pire dans tout ça, c’est que peu de gens semblent reconnaître le préjudice une fois pris la main dans le sac : 

"Après tout, l’important est d’être lu non ?" "c’est plutôt flatteur" et "c’est une bonne façon de se faire connaître" sont les objections les plus souvent avancées.

Autant de prétextes fallacieux qui permettent à de nombreux sites commerciaux de récupérer du contenu gratuitement et de façon illégale. Dernier exemple en date, le site MeltyBuzz, qui a été contraint au retrait d’un article et à des excuses publiques suite au bad buzz sur Twitter. Malgré ce cas d’école, le racket du contenu sur internet a encore de beaux jours devant lui…