> Villers en hiver

lundi 5 novembre 2012

Villers en hiver




J’ai aimé Villers sur mer cet été, ses tentes de plage, son odeur de gaufre et d’embruns, ses marées, ses familles à la queue leu leu, comme des tribus de canards.


J’ai aimé planter mes racines dans cette jolie petite maison de vacances, nos bottes alignées dans l’entrée et les cirés accrochés aux porte-manteaux.


J’ai découvert il y a 2 jours Villers sur mer en hiver, débarrassée de ses ornements et de sa foule, de son soleil de plomb et de ses cris d’enfants. Je l’ai trouvée encore plus attachante sous sa pluie cinglante et son vent à décrocher nos bonnets.


Plus de trace de cette buvette sur la plage ou du marchand de gaufre, chez qui nous venions nous sustenter après une chaude journée. Exit, les jeux de ballons ou de raquette, les transats chauffés par le soleil. Vidée la piscine, disparu le maitre-nageur. Je cherchais du regard machinalement les longues jambes de mon père qui dépassaient de la tente, alors que nous le rejoignions sur la plage les jours d’été. Sur la grève vide, ne se risquent en hiver que quelques mouettes affamées. Les tentes et les parasols sont sagement entreposés dans des cabanes en bois en attendant des jours meilleurs.

J’ai aimé Villers sur mer en hiver comme on aime un être cher que l’on découvrirait au réveil, sans maquillage et artifice. Une beauté brute et authentique qui serre le cœur et le réchauffe en même temps.

J’ai aimé voir Villers sur mer vidée pour mieux revivre mentalement les bons moments passés en famille. L’absence est parfois le meilleur révélateur. A la place de la danse hypnotique de ce sac plastique chassé par le vent, il y avait il y a quelques mois ma fille et ma mère qui dansaient main dans la main.


Je suis repassée devant notre petite maison le cœur serré. Cette année, elle sera mise en vente : disparu notre port d’attache. Il va falloir trouver, bon gré mal gré, un nouvel endroit où planter nos racines. Nous ne sommes décidément que des juifs errants.