> Lansay lance pour Noel prochain le "Spa pour petites filles"

vendredi 14 septembre 2012

Lansay lance pour Noel prochain le "Spa pour petites filles"




A Noel, je vous avais parlé du kit de Pole Dance destiné aux petites filles, en juillet dernier des chaussures à talons et bikinis panthère taille naissance. Ces objets n’ont pour l’instant pas (encore) débarqué en France. En revanche, les soutien-gorge rembourrés taille 6 ans ont envahi nos linéaires et les premiers salons de beauté pour petites filles ont vu le jour. Au « Kid Spa », les fillettes à partir de 6 ans peuvent ainsi se faire masser ou manucurer et se faire épiler…dès 10 ans !

Pas étonnant donc de retrouver au catalogue des jouets de Noel 2012 un spa pour petites filles ! Importé des Etats-Unis par Lansay où il a fait un carton l’année dernière (il s’en est écoulé plus de 400 000 l’année dernière) il sera vendu 50€ à Noel prochain. 

« Détente et relaxation sont les tendances du moment, et grâce au Spa Orbeez les enfants y auront accès à la maison. Mon Spa détente est composé de petites billes humides, colorées et toutes douces. Plongez vos mains et vos pieds dedans pour une sensation de bien être immédiate. Avec son système de fontaine, les billes tombent doucement sur les pieds pour un effet très amusant. Le parfum au jasmin absorbé par les billes Orbeez permet de se décontracter au maximum »

« Nous voulons développer le créneau de l’antistress pour les petites filles » explique cyniquement le PDG de Lansai. C’est vrai qu’entre les interros et les devoirs, les petites filles ont besoin d’être « déstressées » au risque de frôler la dépression nerveuse ! C’est surtout une façon à peine déguisée de commencer de plus en plus tôt le culte de l’apparence sous le prétexte commode du « jeu d’imitation ». Le spa trouvera  donc naturellement sa place entre le mini-fer à repasser et les Légos « spécial filles ».

« Une persuasion clandestine de l’identité sexuée » comme la nomme Catherine Monnet dans son étude citée par Mona Chollet dans « Beauté fatale », qui n’a rien n’anodin. Le conformisme dans l’éducation des petites filles, le culte de la beauté et de la maternité que l’on retrouve dans les livres ou les jouets façonnent leurs perspectives et leur vision future de voir le monde. « Cet accent mis sur leur apparence à un âge où le rapport à leur corps est souvent difficile, les pousse à développer une piètre image d’elles-mêmes à un moment où elles doivent faire des choix d’orientation stratégiques. (…). L’idée  qu’elles doivent chercher avant tout à plaire les amène à se tourner vers des métiers « qui leur permettront d’entrer en collaboration avec les autres, de leur venir en aide, et non pas de lutter contre eux ». Comme l’explique Mona Chollet, les statistiques montrent les effets de ces représentations : les femmes restent, dans leur majorité, concentrées dans un petit nombre de domaines. En 2002, sur les 31 catégories socio-professionnelles de l’INSEE, les 6 catégories les plus féminisées regroupaient 60% de l’emploi féminin.

Un ghetto rose qui n’a, lui, rien d’un jeu…