> "Adopte un mec" et ses hommes en vitrine : la foire aux bestiaux version 2.0

mercredi 12 septembre 2012

"Adopte un mec" et ses hommes en vitrine : la foire aux bestiaux version 2.0




Hier soir, le site de rencontre en ligne « Adopte un mec » a ouvert une boutique éphémère dans le quartier des Halles. Le concept : mettre des hommes en vitrine comme de vulgaires marchandises. Mis sous boîte comme des poupées Barbies prêtes à l’emploi, ils sont étiquetés « Mr Muscle » « Le Rocker » ou « le Barbu ». Le principe est le même que sur le site internet, les hommes sont des objets que les femmes peuvent shopper et choisir comme une paire de chaussures.

C’est sexiste et avilissant mais ce n’est pas grave car ce ne sont que des hommes ! Et surtout, que ne ferait-on pas pour faire le buzz ! « C'est notre côté fun sans le poids social d'un site de rencontre, explique à l'AFP Thomas Pawlowski, directeur de la communication d'AdopteUnMec.com. C'est du second degré, toute notre communication est décalée, il n'y a aucune connotation graveleuse".


Sauf qu’on ne peut s’empêcher d’y voir une analogie avec le quartier rouge des vitrines d’Amsterdam. Et que chosifier un être humain, indifféremment de son sexe, n’est ni drôle ni anodin. J’ai demandé à mes followers masculins ce qu’ils pensaient de cette opération : la plupart ne se disent pas choqués, certains trouvent ça drôle, très peu s’indignent.

Tout simplement car il ne s’agit que d’hommes ? 2 poids 2 mesures dans l’indignation alors ? Peut-être est-ce une façon de se dire, après des siècles de sexisme anti-femmes, que « c’est une façon d’équilibrer les choses », un juste retour des choses. Sauf que la parité ne s’obtiendra pas par un nivellement par le bas ! Le féminisme n’est pas prendre le pouvoir sur le sexe masculin, quitte à l’avilir, mais aspirer à l’égalité !

Malgré ce qu’essaye de nous vendre « Adopte un mec », le « girl power », ce n’est pas traiter les hommes comme des marchandises, c’est vouloir l’égalité de traitement pour tous !

Sous ses dehors rose bonbon et son « ambiance boudoir », la boutique ephémère n’est rien d’autre qu’une vulgaire foire aux bestiaux façon 2.0.