> Il n'est jamais trop tôt pour inciter les jeunes filles à se faire épiler

mardi 17 juillet 2012

Il n'est jamais trop tôt pour inciter les jeunes filles à se faire épiler



Alors que les salons de beauté pour enfants débarquent en France, une polémique fait rage aux Etats-Unis suite à une publicité promettant une réduction de 50% aux jeunes filles de 15 ans et moins venant se faire épiler à la cire.

Sur l’affiche d’Uni K Wax Center, on peut y voir une jeune pré-adolescente en bikini qui saute en l’air en regardant l’objectif. Pour faire le lien avec le 4 juillet, jour de l’indépendance, le salon propose aux jeunes filles de fêter « l’indépendance et la liberté » en expérimentant leur première épilation à la cire « naturelle, sure et agréable ».
La publicité a immédiatement fait le tour du net et a suscité un vif tollé, beaucoup de parents la jugeant "inappropriée" voir "dégoutante".

Le salon a réagi en expliquant que même si la personne sur la publicité portait un bikini, la campagne n’encourageait pas les jeunes filles à se faire épiler le maillot. 

Pourtant, la pratique semble répandue, comme en témoigne la gérante d’un salon « nous avons beaucoup de jeunes filles comme clientes, la plupart viennent se faire épiler le maillot, elles veulent se sentir bien dans leur bikini. ».

La fondatrice de la chaîne Uni K Wax Center affirme quant à elle pour la défense de son salon que « beaucoup de jeunes filles d’onze ou douze ans développent du duvet sur les jambes ou au-dessus des lèvres. C’est non seulement embarrassant mais c’est aussi souvent une cause de harcèlement à l’école.»

A l’écouter, l’épilation à la cire serait presque une mission de santé publique !

Je peux comprendre que dans certains cas, une pilosité excessive puisse être une source de gêne chez une jeune fille pas très à l’aise avec son apparence.

Mais vraisemblablement, ce n’est pas cette cible précisément qui est visée par cette campagne très agressive d’un point de vue marketing. La jeune fille qui saute (blonde et bronzée, forcément) a l’air extraverti et plutôt bien dans ses baskets. Elle invite ses pairs à célébrer l’indépendance et la liberté… en se faisant épiler (comble du cynisme quand on sait l’aliénation et la contrainte que représente la traque du poil !). 

Une pratique vendue comme « naturelle, sûre et agréable ». « Sûre » sans doute, personne n’étant encore décédé sur la table d’une esthéticienne. « Naturelle » sûrement pas, plutôt contre-nature même, en dépit de ce que voudrait faire croire le publicitaire aux jeunes filles. Quant à « Agréable », c'est le dernier adjectif susceptible de décrire l’arrachage de poils à la cire chaude.

Un joli tissu de mensonges qui explique en filigrane aux jeunes filles que la beauté ne vient que de la transformation du corps, forcément imparfait au naturel. Il n’est jamais trop tôt pour commencer le matraquage et la culpabilisation.

En 2004, 326 000 américains de 18 ans ou moins ont eu recours à une opération de chirurgie esthétique. Une étude récente a également prouvé que 80% des petites filles âgées de 10 ans avaient été au régime une fois dans leur vie.
Et que 53% des jeunes filles de 13 ans n’aimaient pas leurs corps. Un chiffre qui passe à 78% à l’âge de 17 ans.