> Mon top 8 des plus belles chansons

samedi 21 avril 2012

Mon top 8 des plus belles chansons


J’ai toujours aimé faire des listes : des courses, des pour et des contre, de choses à faire, des gens à appeler, des expos à voir. En couchant ces quelques mots sur le papier j’ai l’impression illusoire de maîtriser ma vie, à travers les pleins et les déliés, c’est le cours sinueux de mon existence que je crois contrôler.
Depuis que j’ai lu « Haute fidélité » cette manie s’est aggravée et transformée. Comme, Rob,  le héros qui classe tout, des 5 pires ruptures de sa vie aux 5 boulots de rêve, je m’adonne aux tops avec délectation. D’ailleurs, ici ou ailleurs, vous avez déjà eu droit au top 10 des pires cadeaux de Noel, au top 10 des pubs les plus sexistes, au top 10 des pires produits genrés, au top 10 des pires cadeaux de St Valentin …et ce n’est pas fini.
Pour une fois, et parce que ces derniers temps j’ai surtout parlé de sujets qui fâchent, j’ai eu envie de vous faire partager mon top 8 des plus belles chansons. Celles qui vous font frissonner, vous collent la boule dans la gorge ou une claque dans la figure. Celles qui vous questionnent, vous ressemblent ou que vous auriez rêvé d’écrire. Celles qui vous habitent et qui vous font monter le son quand vous les entendez à la radio.

1°) Les gens qui doutent d’Anne Sylvestre (reprise par Vincent Delerm)


Une chanson sublime, magnifique ode à tous ceux qui n’osent pas, qui n’ont pas confiance, qui « trop écoutent leur cœur se balancer », à tous ces gens qui "passent moitié dans leurs godasses et moitié à côté". A l’heure où il faut avoir un avis sur tout et une confiance en soi en béton armée, cette hommage à ceux qui "n'osent s’approprier les choses, encore moins les gens" est réconfortant et profondément émouvant.  

2°) Guigui de Michel Jonasz






Une chanson peu connue de Michel Jonasz, issue de l’album du même nom qui me dérange, me fascine et m’émeut à la fois. Des violons déchirants, un piano sobre et une voix qui passe de la douceur à la douleur…Qui est cet homme qui semble perdre le fil de sa vie et lentement glisser vers la folie ? « C'est à cause que dans ma tête,
Ça cogne, des fois j'ai mal ». Et qui était cette Guigui pour lui ? « Guigui, Je sais plus qui tu étais, ma sœur, ma mère, ma p'tite fille, une fiancée qu'on déshabille ». Troublant et émouvant.

3°) L’ennemi dans la glace d’Alain Chamfort


A mes yeux la plus belle chanson d’Alain Chamfort, sans doute celle qui me parle le plus aussi. Une façon très poétique de parler de la difficulté d’être en paix avec soi-même :
« Dehors je croise des étrangers
des ombres qui marchent dans le noir
ce n'est pas d'eux que vient le danger
mais je reconnais chaque soir
mon pire ennemi dans ce miroir »

4°) Ma révérence de Véronique Sanson


Une chanson magnifique issue de l’album « 7ème », mon préféré de Véronique Sanson. Des paroles qui prennent à la gorge et qui parlent à demi-mot de la vieillesse, de la solitude et de la mort. Des mots que j’aimerais avoir la dignité de prononcer le jour où « je n’aurais plus le temps de trouver tout le temps du courage ».

5°) Mistral gagnant de Renaud



Je ne suis pas du tout fan de Renaud ni de son personnage de rocker à bandana. Pourtant, cette chanson fait exception, véritable petit bijou de nostalgie et de poésie, à la fois acidulé et piquant, à l’image du bonbon qui prête son nom au titre. Des paroles sublimes, magnifiées par une ligne mélodique très simple, des mots beaux et doux d’un père à sa fille :
« si moi je suis barge, ce n'est que de tes yeux, car ils ont l'avantage d'être deux »
« Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie Et l'aimer même si le temps est assassin Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants »


6°) Majorette de Bénabar




Oubliez les derniers albums de Bénabar, commerciaux et bâclés et écoutez les 3 premiers, petites pépites à l’état brut. Des tranches de vie, des petits films qui vous transportent pendant quelques minutes dans un univers à part. Ma préférée « Majorette » commence de façon légère, sous fond de musique de fanfare, puis au fil des paroles on comprend, si on tend l’oreille, que la chanson est plus profonde qu’elle n’y paraît.  Le joueur de trombone nous raconte à la première personne son histoire douce-amère.
« D'habitude on me moque
Alors j'aime bien qu'on me confonde avec
Le fils du notaire le gérant de l'épicerie
Moi j'ramasse les feuilles pour la mairie »

Progressivement, on comprend à demi-mot sa différence et son amertume teintée de jalousie :

« Moi aussi j'aurais pu avoir l'même uniforme
Pourquoi c'est toujours les mêmes qu'on réforme
Parce que dans ma tête y'a un truc qui va pas
La patrie et Nadège y veulent pas d'moi ».

Une chanson terriblement émouvante et qui tire sa puissance de son contraste entre sa musique légère et ses paroles profondes.

7°) Le Bagad de Lann-Bihoué d’Alain Souchon





Pas facile de choisir parmi toutes les chansons d’Alain Souchon…Ma préférence va à celle-ci, qui convoque en chacun de nous l’enfant qu’il était afin de juger sa vie d’aujourd’hui.
Elle raconte l’histoire des renoncements, des rêves perdus et de petites concessions :

 « Tu la voyais pas comme ça ta vie, pas d'attaché-case quand t'étais petit,
Ton corps enfermé, costume crétin, t'imaginais pas, je sais bien.
Moi aussi j'en ai rêvé des rêves. Tant pis.
Tu la voyais grande et c'est une toute petite vie »

« Tu la voyais pas comme ça frérot
Doucement ta vie t'as mis K.O.
T'avais huit ans quand tu te voyais
Et ce rêve-là on l'a tous fait »

J’aime le contraste entre la tristesse du constat d’une « petite vie » et les accords flamboyants du rêve d’enfant qui remonte à la surface.

La fin sonne comme un avertissement sans concession, qui invite chacun à réinventer sa vie

« Mais qui ta rangé à plat dans ce tiroir,
Comme un espadon dans une baignoire ?

Tes moche en week-end, tes mioches qui traînent »
Loupé capitaine, bateau de semaine dune drôle de fête foraine. »


8°) Tu verras de Nougaro



Une reprise d’une chanson de Chico Buarque « Que sera », le maitre de la bossa nova. Au-delà de la musique plutôt classique, ce sont véritablement les paroles qui apportent tout leur sel à ce morceau revisité, avec de jolies trouvailles, qu’on rêverait d’avoir écrites :

« Je ferai plus le con, j’apprendrai ma leçon
Sur le bout de tes doigts »
« Je me réveillerai, tu verras, tu verras
Tout rayé de soleil, ah, le joli forçat! »
« Tu verras mon ami dans les os de mes bras
Craquer du fin bonheur de se sentir aidé »

Une montée émotionnelle qui va crescendo tout au long du morceau et qui donne envie d’y croire, quoi qu’ait fait le héros de la chanson !







6 commentaires:

  1. aaahhhh...les chansons qui nous accompagnent dans la vie :-)Tu vois, j'ai lu un billet à propos de la musique qui rythme nos années il n'y a pas longtemps et j'y retrouvais dans l'esprit ce que tu dis.
    Véronique Sanson...difficile d'en choisir une seule alors ce sera son interprétation de "Seras-tu là". Brel "quand on a que l'amour". Yves Duteil "la langue de chez nous" (oui, je sais...). The Boss "the River". William Sheller "centre ville". Bon, je vais pas te faire ma liste (il y en a tellement!!!) mais à te lire, je me suis replongée dans ma "musithèque" et ça m'a donné envie d'en reécouter tout plein...Merci Sophie pour cette page tendresse :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En te lisant, je me rends compte que j'en ai oublié plein, William Sheller entre autre! Dur de n'en retenir que 8! A ton tour de faire ton top sur ton blog! ;-)

      Supprimer
    2. De Zeus...oui mais non...pas du tout en lien avec ma ligne éditoriale!! ;-ppppp (mais cela va avec un texte que j'ai écris...je vais remanier un peu le bouzin).
      Pourquoi 8?

      Supprimer
  2. C'était 10 à la base mais après 8 ça devenait poussif et redondant donc j'ai coupé! :-)

    RépondreSupprimer
  3. Il y a tellement de belles chansons, certaines pour une raison ou pour une autre prennent une résonnance particulière et la gardent au fil des ans. Pour ma part il y a toujuors un petit air de musique dnas un coin de mon crane, je ne sais pas si je serais capable de n'en garder que 8. Celle qui m'a mis la plus grosse claque et que je ne peux pas écouter sans me mettre instantannément à pleurer , c'est Nuit et brouillard de Jean-Ferrat, un artiste que mes aprents écoutaient beaucoup quand j'étais petite. Cette chanson en particulier est pour moi l'illustration la plus parfaite de la force que peut avoir la musique. Et sinon pour finir sur une note plus légère, je suis tout autant époustouflée par le dynamisme et l'énergie que peut me transmettre une chanson comme I fell good. Bonne journée :)

    RépondreSupprimer