> Michel et Augustin : les trublions du mauvais goût?

lundi 9 avril 2012

Michel et Augustin : les trublions du mauvais goût?


On connaît tous « Michel et Augustin », la marque de biscuits au capital sympathie inégalé.
Depuis leur début, les 2 créateurs ont misé sur une communication décalée et proche de leur clientèle, n’hésitant à se mettre en scène sur leurs packaging ou à inviter les gens dans leur Bananeraie (traduisez siège social).
Les « trublions du goût », comme ils s’autoproclament, ont capitalisé à fond sur le marketing de la sympathie afin de toucher les jeunes actifs urbains (traduisez bobos). Jusque là rien de bien méchant : une communication plutôt rigolote et bien ficelée, qui fait mouche là où on ne l’attend pas. Enfin, jusqu’à cette toute nouvelle campagne publicitaire mettant en avant leur nouveau pot de yaourt familial aux noisettes et qui annonce « on a tous une grosse vache chez soi !». Pour faire passer la pilule, ils ont rajouté un fond rose, des petites fleurs et même un smiley. Pour essayer de faire le lien tant bien que mal avec l’accroche, ils essaient même de nous vendre un « mangez bougez » revisité : 1°) Mangez peu 2°) De tout 3°) Buvez de l’eau 4°) Dandinez vous. Et si jamais on n’avait pas compris que c’était de l’humour, ils en rajoutent une couche avec « vive la vie et les amis ». Youpi tralala !
Je ne sais pas ce qui justifie ce changement de registre vers l’humour beauf : une baisse des ventes, une communication gentillette qui cherche à se renouveler, ou une volonté de s’orienter vers une nouvelle cible les « bobeaufs » ?
Imaginons la même campagne pour la marque Cochonou qui titrerait « On tous un gros porc chez soi » : tout de suite plus choquant non ?
Bien sûr, il n’y a pas mort d’homme (ni de femme) : je m’attriste juste du manque de créativité d’une telle campagne, qui une fois de plus, utilise les femmes comme ressort comique. De plus, à part le jeu de mots, on ne comprend pas vraiment le lien avec le produit, on ne saisit pas sa nouveauté (« on a tous » laisse entendre que ce n’est pas un produit nouveau). En bref, on en attendait davantage d’une marque qui se dit décalée. Comble de l’ironie, cette publicité va être inaugurée au sein du magazine « Elle à Table » comme l’annonce le community manager de la marque sur Facebook : « Avec la phrase choc d’Augustin. Toutes les femmes de la Bananeraie ont souri. J’espère que chez vous aussi ! »