> Et le bordel fut...

mercredi 7 décembre 2011

Et le bordel fut...

Avant j’avais des principes. Maintenant j’ai des enfants.

Avant d’être mère, je m’étais jurée que mes enfants n’envahiraient jamais notre salon par exemple. A chaque fois que j’allais voir des copains dont les pièces à vivre regorgeaient de portiques, caisses de jouets, camion géants et autres décorations bariolées j’étais partagée entre consternation et compassion. Symboliquement, cette invasion en disait long sur la place du couple et celle des enfants-rois au sein du foyer. Chez moi ça serait différent, incontestablement : chacun serait à sa place, pas question de laisser ma descendance marquer son territoire à coup de Barbie ou de toupies Beyblade. Et puis on ne s’était pas décarcassé à décorer l’appart pour qu’il soit relooké façon « La Grande récré ».

Puis naquit le divin enfant. Et avec lui le bordel.

D’abord le tapis d ‘éveil puis le transat, la chaise haute, le youpala ont débarqué sans crier gare dans le salon (de toutes façons, ils auraient pu hurler avec un mégaphone, on n’aurait pas réagi tellement on était épuisés). A cette époque, la décoration ne faisait plus vraiment partie de nos priorités, quant au regard des gens, on ne s’en souciait guère puisque notre vie sociale était proche du néant. Puis le temps a passé, les enfants ont appris à marcher, à manger à table avec nous et tout ce barda n’avait plus de raison d’être. Ouf l’occupation par l’ennemi en couches allait être de l’histoire ancienne !

C ‘était sans compter sur l’imagination de notre chère descendance, qui, tel un oiseau migrateur, prend chaque jour un malin plaisir à déplacer consciencieusement ses jouets de la chambre vers le salon. Je suis sûre que si des scientifiques se penchaient sur la question, ils trouveraient des similitudes entre le cerveau des oies et ceux des enfants ! La transhumance commence dès le réveil : c’est d’abord le doudou de la nuit qui débarque dans le salon puis la boîte de feutres suivis des 10 000 micros accessoires Playmobil, des puzzles et des mini-pièces de Légo (je vous laisse imaginer le bonheur de marcher en pleine nuit dessus !). La même scène se répète quotidiennement : chaque jour, tel un ministre de l’intérieur zélé, je raccompagne les jouets sans papiers dans leur patrie et chaque matin je les vois réapparaitre dans mon salon. Si on filmait mes journées en caméra accélérée, je pense que la scène serait digne des meilleurs films comiques : on verrait les enfants apporter tout leur bazar en courant, puis on me verrait échevelée tout rapporter dans leur chambre et ainsi de suite ! Ne manquerait plus que la musique de Benny Hill en fond sonore !

Je ne sais pas vraiment à quel moment nous avons perdu le dessus, je n’ai plus vraiment de souvenirs clairs à ce sujet. Tout ce que je sais c’est que les enfants ont gagné, ils ont marqué leur territoire, les jouets sont partout. Il n’y a pas de caisses visibles, de vélo en évidence ou de gros camion, l’ennemi est bien plus subtil que ça. Il a réussi à s ‘imposer partout sans ostentation, en toute discrétion. La preuve en images.


Oh la jolie table basse! Rien qui dépasse!


L'ennemi a judicieusement planqué son bazar dans des tiroirs coulissants!


Le beau meuble hi fi blanc laqué choisi amoureusement


RIP nos CD, qui ont été remplacés par des puzzles et de jeux de société


Le joli meuble industriel typiquement bobo

Là encore l'envahisseur a pris possession des lieux

Meme le canapé a été réquisitionné

Une innocente chaise pour bébé...

...renferme une terrible cachette secrète!

L'ennemi, sûr de lui, a étendu son territoire : la salle de bains...


...mon bureau...

...ma chambre!Bon, ok j'avoue les jouets sur l'étagère sont tous à moi, interdiction d'y toucher!