> Elles osent! Entreprendre au féminin : Coline Debayle d'Artips

vendredi 20 juin 2014

Elles osent! Entreprendre au féminin : Coline Debayle d'Artips



Bonjour Coline, peux-tu nous parler d’Artips? Quel est son concept, comment est née cette newsletter ?

Bonjour Sophie,

Artips est une start-up française, qui apporte une dose d’art au quotidien. Trois fois par semaine, recevez gratuitement une anecdote originale et captivante sur une œuvre d’art connue ou moins connue. A lire par email, en moins d’une minute. Artips rend l’histoire de l’Art plus accessible à la fois en termes de mobilité et de contenu. Artips peut-être lu dans le métro sur smartphone, en famille sur tablette ou bien au travail sur ordinateur.

Pourquoi Michel-Ange est-il revenu pour signer sa Pietà comme un voleur ? Pourquoi la serveuse du bar des Folies-Bergères représentée par Manet semble si mélancolique ?
Quelles sont les prémonitions pas si surréalistes de Dali ou de Brauner ?

De l’Antiquité à l’art contemporain, Artips permet d’appréhender des œuvres d’art sous un angle nouveau. Avec plus de 80 rédacteurs spécialistes dont certains professeurs d’histoire de l’Art, Artips raconte chaque jour une anecdote mémorable sur une peinture, une sculpture ou une photo…

Le projet est né d’une frustration que je partageais avec mon associé. Diplômée
de Sciences-Po et d’HEC, j’étais très attristée de constater que, dans la vie active, on manque de temps pour se cultiver ou pour visiter des expositions. Mon associé quant à lui se levait tous les matins à 5 heures afin de lire de l’histoire de l’art avant d’aller développer des solutions techniques innovantes.

Quel a été ton parcours ?

J’ai été récemment diplômée de HEC et Sciences-Po Paris. J’ai également vécu un an aux Etats-Unis. J’ai lancé Artips avec Jean, 6 mois avant d’être diplômée.

Quel est le modèle économique d’Artips ?

-       Nous proposons à des musées de parler de leurs propres œuvres
-       Nous proposons à des grands groupes d’envoyer nos anecdotes à leurs employés
-       Nous avons édité un livre avec les meilleures anecdotes. Nous développons actuellement une application mobile. L’objectif est de fournir des options à nos abonnés comme par exemple un programme sur mesure, un focus sur une période, une visite guidée, les « 10 secrets d’une exposition ».


Peux-tu nous dresser le portrait robot d’un ou d’une abonné(e)? Combien d’abonné(e)s comptez-vous à ce jour ?

Il n’y a pas de portrait robot d’un ou d’une abonnée Artips. Le point commun de tous nos lecteurs est leur « curiosité ». Nous sommes très lus par les enseignants, les étudiants, entre autres, partout en France et déjà dans plus de 115 pays.
Aujourd’hui, nous comptons plusieurs dizaines de milliers de lecteurs.  

Comment trouvez-vous les anecdotes racontées par le site ? Quelle est ta préférée ?

Nous avons créé un réseau de plus de 80 spécialistes (professeurs, guides, médiateurs, étudiants…) qui proposent leurs anecdotes au gré de leurs visites et de leurs coups de cœur. Chaque anecdote est ensuite validée par Gérard Marié, professeur d’histoire de l’art dans des facultés parisienne pour s’assurer que tout notre contenu soit parfaitement crédible


Comment expliques-tu le succès des newsletters comme Artips ou My Little Paris ou d’applications comme « Un texte, un jour » ?

Que ce soit les newsletters de My Little Paris ou d’Artips, chaque email est très travaillé. Une équipe de spécialistes est mobilisée pour assurer une constance dans la qualité du contenu. Et puis, c’est un petit rayon de soleil dans notre quotidien, souvent très stressant.

En tant que femme, quelles ont été les difficultés rencontrées lors de la ta création d’entreprise ? Comment as-tu pu lever ces freins ? As-tu bien été accueillie dans le milieu du numérique ?

Etre une femme a des avantages et des inconvénients dans le milieu entrepreneurial, dans le monde du digital et dans l’univers professionnel en règle général.
Pour ma part, ça a vraiment été un atout et je n’ai jamais rencontré des interlocuteurs qui ne m’accordaient pas la même crédibilité qu’à un homme. En revanche, il faut bien choisir les personnes qui vont nous entourer au quotidien dans l’aventure (associé, employés, partenaires...) , ils sont la garantie essentielle de l’égalité.

Quels conseils donnerais-tu à une femme qui souhaiterait se lancer aujourd’hui ?

Lancez-vous, mais ne vous lancez pas seule. Associez-vous avec quelqu’un en qui vous avez une confiance professionnelle à toute épreuve, car des épreuves il y en aura !
N’attendez pas de tout savoir si l’entrepreneuriat, c’est impossible. Vous apprendrez.

Fais-tu partie d’un réseau féminin ? Si oui lequel ?

Non, je ne fais pas partie d’un réseau féminin, mais j’en côtoie certains.

As-tu un exemple de femme qui a pu t’inspirer ou avoir valeur d’exemple ?

Oui, j’ai lu le livre de Shéryl Sandberg,  actuellement COO  de Facebook. Elle analyse le comportement et la perception des femmes à fortes responsabilités dans le monde professionnel. Sous pression, hommes et femmes ne réagissent pas de la même façon de par les conventions établies.  Je vous invite à le lire, il est très instructif !


Quelles sont les futures évolutions d’Artips ?

Il y en a beaucoup à venir ! Les prochaines en date sont le lancement d’une application mobile et la traduction d’Artips en anglais et en espagnol en septembre prochain.

Pour en savoir plus : le site internet d'Artips

10 commentaires:

  1. wouai... les bidules "application mobile", ça a le vent en poupe... ils en font pour tout et n'importe quoi...

    c'est un bon exemple d'analyse des désirs culturels et sociaux d'une cible marketing.

    euh... autrement, elle ne répond pas vraiment à la question du modèle économique... ça aussi c'est classique chez les start-up...

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  2. Bonjour, l'idée de la newsletter sur l'art est sympa, mais je ne comprend pas non plus quel est le modèle économique ? comment gagnent-ils de l'argent, si tout est gratuit ? Par de la pub ?

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  3. D'après ce que je comprends, ils vendent du contenu aux entreprises et aux musées et ont sorti un livre.

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  4. oui, je pense qu'effectivement, comme dans le cas de beaucoup de start up dans le vent, ils vendent quelque chose... quand même... par exemple au musées... euh... privés peut-être... parce que je me demande si les musées publiques ont des subventions pour acheter des contenus de ce type...

    ce qui me gêne et m'interroge, c'est qu'un modèle économique est toujours présenté sous l'angle de comment on fait du chiffre d'affaire ! ce qui est faux !

    ce qui occulte totalement ce que coûte le produit. qui est payé ? comment ? à quel titre ?

    de quelle façon est valorisé le travail de production, donc les "TRAVAILLEURS" ?

    là, il semble, que cette entreprise fasse participer plus ou moins gratuitement des gens, par ailleurs référencés dans des corps de métiers, pour produire du contenu. Elle récupère à son propre titre le pouvoir symbolique de certains types de travailleurs, afin d'avoir une valeur aux yeux de ses cibles clientèle...

    désolé...

    j'ai un doute...

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  5. L'idéal serait que Coline vienne répondre dans les commentaires, ça m'est difficile de répondre à sa place.
    J'ai vu qu'il y avait 80 rédacteurs qui écrivaient pour le site maintenant est ce qu'ils sont payés, je ne sais pas.

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  6. Bonjour

    Je suis abonnée à Artips depuis quelques mois maintenant (un cadeau d'un lecteur).
    Perso, je le reçois en mail, je n'ai pas chopé le virus de l'appli pour mon idiot de portable.

    Zéro pub, zéro spam, 100% culture et histoire de l'art.

    Leur reprocher de vendre, voilà qui est étonnant...

    A mettre dans toutes les boites.

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    1. ah d'accord !!!
      c'est de "vendre" sur lequel j'aurais un doute ? et exprimé un reproche ?

      intéressante remarque de la part de quelqu'un qui met en lien le blog que je suis allé visiter... et qui semble se montrer analyste et critique de beaucoup de choses...

      pour que le TRAVAILLEUR soit payé, il faut effectivement que son travail soit vendu.

      donc ma question sur le "modèle économique" porte sur qui est payé pour sa production et comment.

      et j'ai mis TRAVAILLEUR en majuscule...

      nan mais bon, j'sais bien que pour la plus part des gens, les socialistes sont des gens de "gôche"... donc évidemment...

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  7. Paul, je ne comprends pas bien votre réponse, je ne faisais que souligner que le service était gratuit pour l'usager.... Je ne sais pas quel blog vous avez visité ni ce que ça peut bien vouloir dire que je le mette en lien, ni pourquoi travailleurs doit être en majuscules ou encore ce que le socialisme et les gens de gauche fichent ici.

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    1. ben, le monde n'est fait de boites indépendantes les unes des autres...

      le lien que vous indiquez est celui-ci : http://www.volubilis.me/
      et si vous signez avec ce lien et le nom de ce site, il y a de fortes chances que cela indique que vous adhériez à sa démarche...

      j'ai mis travailleur en majuscule pour appuyez ce sur quoi porte mon doute quant au modèle économique présenté.
      un modèle économique est toujours complexe
      on vit à une époque où les gens ont très peu de notion de la complexité de l'économie
      ce qui se traduit par des discours d'une naïveté confondante à tous propos.
      une économie, c'est un système de relations complexes entre les divers éléments actifs de diverses chaînes d'échanges et de productions.
      la finalité de toute économie est de permettre aux divers acteurs ou agents d'y et d'en vivre : donc ça pose la question de la valorisation identitaire et financière des diverses productions et des divers acteurs.
      donc du travail et des travailleurs.
      le féminisme relève depuis fort longtemps que dans le système économique, à cause du système culturel et sociale, les femmes, parmi les travailleurs, sont toujours dévalorisées.
      il y a des systèmes économiques qui aggravent la dévalorisation de certains agents de production plus que d'autres.
      il y a des pratiques marketing de lancement de produits qui aggravent aussi la dévalorisation de certains agents et de certaines productions.
      la gauche à l'origine, comme le féminisme, relevait cette dévalorisation de la production et des travailleurs des positions hiérarchiques inférieures du système social.

      on en arrive à une époque où les gens n'ont plus aucune conscience de l'effet de certaines pratiques ni des principes fondateurs de certains regards sur l'économie et le système social.
      etc...

      et on appelle ça la démocratie, et tout et tout...

      p't'être que le jour où on vous demandera de faire gratuitement le travail qui vous permet d'avoir un portable et l'abonnement qui va avec, un logement, des soins de santé, d'aller à bio-coop, et compagnie, euh... je sais pas hein...

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  8. Bonjour Paul

    Oui, il se pourrait même que je sois l'auteur de ce blog (où j'é ris gratuitement d'ailleurs)... où je me garde bien d'y décortiquer le moindre modèle économique, et je me range sans vergogne dans votre catégorie des naïfs.

    Sans avoir creuser la chose, j'avais l'impression que c'était du (très bon) boulot d'étudiant en histoire de l'art... donc a priori, des gens qu'on ne paie pas mais qui doivent se satisfaire de pouvoir faire connaître leur travail. Mais j'ai sûrement tout faux, et même visiblement : cette News n'est qu'une partie du service proposé par cette "start up" si je comprends bien.

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