> Dictionnaire participatif du féminisme : M comme militante par Cécile Vandorme Martin

vendredi 27 juin 2014

Dictionnaire participatif du féminisme : M comme militante par Cécile Vandorme Martin


Aujourd'hui, j'accueille sur le blog Cécile Vandorme Martin, fondatrice de  Féminin-business. Elle nous donne sa vision du mot "militante".

Une personne de mon entourage m’a dit récemment : « pour que ton projet marche, il va te falloir être militante ».
Euh, comment dire, est-ce que j’ai bien compris, là ? Moi, militante ?  Militante, comme politique ? Militante comme Femen ? Militante comme manifestations ?  
Ce furent les premières questions qui me vinrent à l’esprit - preuve que je suis moi-même pleine de stéréotypes, de clichés..) – j’ai eu une réaction d’immédiateté, sans réfléchir, sans chercher à comprendre ni connaitre.  Car militant signifie tout simplement : personne qui soutient activement une cause.  
Moi, ma cause, c’est la conciliation vie personnelle/familiale-vie professionnelle. Sous-tenue par une autre cause, le féminisme.
 Avant je portais cela en moi, sans le dire. En essayant de passer des messages mais sans les revendiquer à haute voix. Et même en le vivant mal, ayant peur, ayant honte parfois de tenir ce discours. Car pour moi, militer c’était manifester, récriminer, râler, pétitionner, se syndiquer, prendre une carte. Sans « concilier ». De manière obtuse. Sans discuter. J’avais en tête des drapeaux, des porte-voix, des claquements de porte qui se ferment.
Et puis, il y a eu une prise de conscience. Après un travail de recherche et d’approfondissement du mot « militant ». Et un travail sur moi, sur mes valeurs, mes attentes de la vie. Et c’est là que j’ai osé, j’ai dit, j’ai écrit, que je suis passée de adhérente à militante.
Pourquoi a-t-il été aussi difficile de me dire militante de ces deux causes, complémentaires : conciliation et féministe ?
Car on associe souvent militantisme et revendications. Et derrière revendications, on entend souvent « c’est mon droit, c’est mon dû », contre tout le reste.
Or je ne me vois pas revendicatrice de droits ou d’un dû, en tant que femme.
J’aspire à ce que, hommes et femmes trouvent chacun une place légitime dans la société, place qui respecte un équilibre auquel on peut prétendre aujourd’hui, au 21ème siècle. Je pense que concilier vie personnelle et vie professionnelle sera aussi bénéfique pour les femmes que pour les hommes.
Je veux cela pour mon mari, mes enfants, les amis de mes enfants et pour tous ceux qui souhaitent vivre sereinement. En accord avec ses envies, besoins, valeurs…
Et je me veux féministe parce que je m’inscris dans une histoire, celle de toutes les autres femmes, qui ont lutté pour que les femmes aient une « juste » place dans la société.  Et si je milite pour cette cause, je ne me rallie en aucun cas à un parti, à une idéologie, à une école de pensée.
Militer pour moi, c’est faire bouger les mentalités ! Ce n’est pas une fin, mais bien un moyen dynamique.
Maintenant, non seulement je défends une cause, mais je la défends activement. Activement par mes paroles, mes discours, mais aussi par mon métier, ma profession. Ma vie quoi !