> "Elles osent! Entreprendre au féminin" : Hélène Quaniaux, fondatrice de Meetmyjob.fr

mardi 18 février 2014

"Elles osent! Entreprendre au féminin" : Hélène Quaniaux, fondatrice de Meetmyjob.fr



La rubrique « Elles osent ! Entreprendre au féminin » accueille aujourd’hui Hélène Quaniaux, fondatrice de « Meetmyjob ». 

Hélène fait partie de mes belles rencontres d’internet : elle m’a un jour adressé un très gentil mail suite à un de mes articles sur Rue89. Puis nous nous sommes croisées lors de la dernière soirée Girlz in Web (je n’ai pas osé lui adresser la parole car elle était très occupée !). Nous avons finalement pris le temps d’un déjeuner pour discuter de visu de son site et de sa vision de l'entreprenariat.

J’aime beaucoup le concept de Meetmyjob.fr et surtout la belle dose d’humanité et de sens que lui apporte Hélène. Si vous cherchez une idée de cadeau originale ou tout simplement une façon de sortir de votre quotidien alors Meetmyjob.fr est pour vous !

Bonjour Hélène et tout d’abord félicitations ! J’ai vécu en live la remise du prix du meilleur pitch que tu as décroché lors de la soirée Girlz in Web ! Alors, émue ? Qu’est ce que ce prix va changer pour toi ?

Merci Sophie ! Que d’émotions à cette soirée ! C’était mon premier pitch. Monter sur scène et prendre le micro devant tant de personnes, ce n’est pas un exercice auquel je suis habituée. J’ai bénéficié d’un super coaching par la spécialiste de la prise de parole en public, Annabelle Roberts. Elle m’a aidée à mettre la forme au service du fond. Ça m’a permis de transmettre mes idées et mon enthousiasme ! 

Recevoir autant de chaleureuses félicitations, ça fait un bien fou, après des semaines de travail acharné pour lancer Meet my Job.
Cette soirée m’a permis de rencontrer des personnes très intéressantes, qui m’ont donné de bons conseils et avec qui je reste en contact.

Peux-tu nous en dire plus au sujet de ton parcours et de « Meetmyjob » que tu as crée fin 2013 ? Comment t’est venue l’idée de ce projet ?

Après quelques années en tant qu’acheteuse dans l’industrie agro-alimentaire, je ne m’y plaisais plus. J’avais besoin de nouveaux challenges, et surtout de retrouver du sens dans mon travail. Ce n’est donc probablement pas un hasard que l’idée de Meet my Job me soit arrivée.

Je me promenais dans la campagne picarde, et en regardant des agriculteurs travailler, je me suis dit que j’aimerais beaucoup passer quelques heures avec eux, pour avoir un aperçu de leurs activités. L’idée de Meet my Job avait germé : découvrir les métiers et ceux qui les exercent. J’ai commencé  lister les métiers que j’aimerais découvrir, puis à proposer à mes amis parisiens d’organiser des après-midi de découverte chez des artisans… La réflexion a mûri jusqu’à ce que je me décide à quitter mon CDI pour m’y consacrer à 100%. C’était au printemps dernier.

Depuis, Meet my Job s’est concrétisé. C’est devenu une plateforme qui met en relation des particuliers, avec des professionnels passionnés dans les domaines de l’artisanat, l’agriculture et les arts, pour la réalisation d’ateliers de découverte participatifs en petits groupes.


Comment te positionnes-tu par rapport à certaines sociétés qui proposent des immersions professionnelles payantes ? (type Jobsenboite ou Viametiers)

Meet my Job est clairement positionné sur les loisirs, et non sur la reconversion professionnelle : on peut passer quelques heures avec un chocolatier, un fauconnier ou encore un magicien,  juste par curiosité. Ce sont des activités originales et accessibles d’un point de vue prix. Au-delà d’une simple découverte de métiers, c’est participatif et c’est surtout une rencontre humaine, avec des professionnels qui transmettent leur passion.



Quelle est la palette d’activités proposées ? Quel type de public vises-tu ?

Aujourd’hui, une cinquantaine d’activités sont proposées sur Meetmyjob.fr.
Elles sont vraiment variées, puisque nos partenaires sont ébéniste, magicien, corsetière, sculpteuse sur verre, trufficulteurs, chorégraphe, pâtissière, créatrice de bijoux, caféologue ou encore horloger….
Ça s’adresse donc à un public très large, qui est généralement urbain et plutôt jeune.


A ce jour, quelles activités ont rencontré le plus de succès ? As-tu des idées de nouvelles activités ?

La découverte de la caféologie avec des experts en café,  remporte un grand succès !

J’ai un faible pour les activités agricoles, notamment l’élevage. Je vais bientôt proposer de découvrir le métier d’éleveur d’autruches, de chevaux, de chèvres, et même d’escargots !

Je suis aussi admirative du métier de nez : je viens de rencontrer une jeune femme qui exerce ce métier avec talent. Nous allons mettre un place un atelier de découverte qui va sûrement beaucoup plaire.

J’envisage également de proposer la rencontre avec des sportifs de haut niveau, qui feraient découvrir leur parcours et leur sport. Je vais par exemple contacter l’équipe de France de curling à son retour de Sotchi : c’est un sport qui suscite les moqueries, mais je suis sûre que ça serait vraiment intéressant à découvrir !


En tant que femme, quels ont été les freins et les aides que tu as pu expérimenter lors de la création de ton entreprise ? As-tu des anecdotes à raconter à ce sujet ?

Entreprendre, ça reste un concept encore très masculin dans l’imaginaire collectif. Alors quand on est une femme, qui plus est jeune, et qu’on ose se lancer dans le grand bain de la création d’entreprise, j’ai l’impression que ça suscite un peu d’admiration et de bienveillance.

Je n’ai pas rencontré de véritables freins liés à ma condition féminine pour l’instant, même si de temps en temps, je me retrouve dans des situations désagréables qui ne m’arriveraient probablement pas si j’étais un homme.
En effet, je fais beaucoup de networking. Dans certains évènements en lien avec l’entrepreneuriat, il y a parfois très peu de femmes. Je suis de nature avenante et souriante. Certains en profitent et font mine de s’intéresser à mon projet, on échange nos cartes, on prévoit de se revoir… Ça me met hors de moi quand je me rends compte que ce n’est clairement pas Meet my Job qui les intéresse et qu’ils m’ont fait perdre mon temps !


Quels conseils donnerais-tu à celles qui souhaitent se lancer ?

Osez : si vous avez un projet auquel vous croyez, osez ! N’oubliez pas de bien vous entourer et de demander des conseils et des feedbacks. Vous serez sûrement surpris de la bienveillance rencontrée.

Fais-tu partie d’un ou plusieurs réseaux féminins ? Que t’apportent-ils ?
Je fais partie de Girlz in Web : on peut y trouver de l’entraide, et c’est une bouffée d’oxygène de pouvoir y trouver des femmes qui ont réussi dans le monde du digital qui manque encore de modèles féminins.

As-tu des exemples de femmes qui ont pu t’inspirer ou avoir valeur d’exemple ?

La réalisatrice libanaise Nadine Labaki, et mon amie l’actrice palestinienne Yasmine El Masri sont deux femmes qui m’impressionnent car elles sont talentueuses et car elles ont réussi à s’émanciper dans des sociétés orientales qui sont encore très dures pour les femmes.

Quelques grandes sportives m’inspirent également, comme la cavalière de saut d’obstacle Pénélope Leprévost. L’équitation est un sport pratiqué en grande majorité par des femmes, mais quand on arrive au plus haut niveau, on retrouve essentiellement des hommes. Pénélope est une grande championne : un vrai modèle pour beaucoup de cavalières, dont je fais partie.


3 mots pour définir l’année qui commence ?

Enthousiasme, ambition, curiosité

Pour en savoir plus :