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mardi 5 novembre 2013

La culotte anti-viol, nouvel avatar de la culture du viol



Les vêtements pour femmes anti-agression semblent être tendance : après le collant à poils chinois pour repousser les pervers (fake ou pas, l’histoire nous le dira, les commentaires à son sujet sont néanmoins éloquents), le soutien-gorge indien électrique, voici la culotte anti-viol.

Crée par 2 femmes américaines, ce shorty d’un nouveau genre est constitué d’une matière indéchirable et équipé d’un cadenas possédant quelques 132 combinaisons de verrouillage. Les 2 new-yorkaises, qui espèrent financer leur projet via une plateforme de crowdfunding, ont mis en ligne une vidéo pour vendre leur produit aux internautes.

Dans ce spot, une des créatrices nous explique que la marque propose des culottes pour protéger les femmes « lorsque les choses tournent mal ». Exemples en image :

-       Lors d’un premier rendez-vous


-       Lors d’une soirée en boîte


-       Lors d’un jogging de nuit


-       Lors d’un voyage à l’étranger



-      Ou dans "toute autre situation potentiellement dangereuse" (gros plan sur des femmes en mini-jupes devant un SDF noir).



Elle cite également une étude prouvant que plus une femme résiste à une agression sexuelle, moins il y a de chances pour qu'elle se produise.

Un joli concentré de clichés alimentant la culture de viol.

Petite mise au point:

-       Non, un viol n’est pas « quelque chose qui tourne mal », c’est un crime
-       Non, ce n’est pas parce que les femmes boivent, mettent des mini-jupes ou voyagent (« des situations potentiellement dangereuses ») qu’elles incitent au viol. Arrêtons le « victim blaming ».D’ailleurs, l’image du violeur attendant dans une ruelle sombre est un mythe sachant que dans 80% des cas, la victime connaissait son agresseur.
-       Non, une femme violée n’est pas une femme qui n’a pas su se défendre ou qui consent.
-       Non ce n’est pas aux femmes de se couvrir pour ne pas être violées mais à la société d’être éduquée.  
-       Non la culture du viol n’est pas une spécificité américaine. La preuve ? Hier, le quotidien « La Montagne » qualifiait de « séducteur indélicat » un homme qui agressait sexuellement les femmes dans le bus.


A quand des slips cadenassés pour ces "séducteurs indélicats" plutôt que des culottes anti-viol pour femmes ?

15 commentaires:

  1. Je suis atterrée par le titre de l'article du journal "La Montagne". J'ai été victime de harcèlement sexuel et je n'ai jamais eu la sensation d'avoir affaire à un "séducteur indélicat".

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  2. Est-ce que les femmes qui ont "créée" cette culotte ont pu échanger avec des feministes ? Je veux dire est-ce que quelqu'un leur a expliqué en quoi cette idée était conne ?
    (je n'ai pas suivi du tout les échanges qu'il y aurait pu avoir)

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    1. Il est rare que l'on sollicite les féministes avant le lancement d'un produit malheureusement :-)

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    2. non je voulais dire une fois la sortie du produit effectuée, mais j'aurai du plus le formuler dans le sens "est-ce que certaines féministes leur ont dit pourquoi cette idée était très conne?"

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  3. Tu as bien raison, cela alimente les clichés sur le viol. Surtout, je pense que ce sont les hommes qu'il faut éduquer! Pourquoi toujours "résoudre" le problème du côté des femmes alors que ce sont les hommes qu'il faut changer? Belle soirée à toi!

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  4. Il faudrait surtout rappeler que beaucoup de viols sont effectués par des personnes connues de la victime (je pense notamment aux viols conjugaux qui sont plus que dénigrés) et où le port de ce genre de choses, à moins qu'il ne soit constant, ne sert à rien.

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    1. Quand je dis "D’ailleurs, l’image du violeur attendant dans une ruelle sombre est un mythe sachant que dans 80% des cas, la victime connaissait son agresseur" c'est bien à cela que je fais allusion!

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  5. C'est tout le progrès dans l'émancipation féminine : à la ceinture de chasteté dont la clé était détenue par l'homme, la culotte anti-viol est managée par la femme elle-même. Nous vivons une époque moderne, comme dirait l'autre !
    C'est proprement hallucinant.

    (ex-caracteresep, wordpress)

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    1. Ah coucou caracteresep, je ne t'avais pas reconnu!

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  6. Le victime blaming est la résultante du politiquement correcte et de la culture de l'excuse que vous défendez.

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    1. Blâmer les victimes est la résultante du politiquement correct? Elle est bien bonne celle-là, pouvez-vous développer?

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  7. Il est évident que le genre d'ustensile qui est le sujet de votre article ne concerne pas les "viols par proches et des connaissances". (même si ce terme est usité à tort ou à travers car si vous vous faites violer par un voisin que vous avez croisé 2 fois ou par le coursier de la boite ou vous travaillez et qui vous a repéré ce viol sera considéré comme " viol de proximité".) Donc la "culotte anti-viol " concerne l'agression par un inconnu dans la rue.
    Vous dites vous même dans votre article " Non, ce n’est pas parce que les femmes boivent, mettent des mini-jupes ou voyagent (« des situations potentiellement dangereuses ») qu’elles incitent au viol. Arrêtons le « victim blaming ».D’ailleurs, l’image du violeur attendant dans une ruelle sombre est un mythe sachant que dans 80% des cas, la victime connaissait son agresseur."
    ou encore
    "Non ce n’est pas aux femmes de se couvrir pour ne pas être violées mais à la société d’être éduquée."
    mais la société n'ose plus éduquer, s'interposer entre les croyances ou dogmes de certains et les victimes en raison du politiquement correct. Alors dites moi comment éduquer un mec qui croie que toutes les femmes en jupes sont des p.... ? En totale contradiction avec une majorité d'homme que la drague et la peur du dédain effraie car ils sont assimilés à ceux qui insultent au moindre refus..
    Niez vous que beaucoup de femmes se rhabillent en pantalon pour prendre les transport en commun ou rentrer chez elles?... Ou bien allez vous dire que je stigmatise? Et n'est ce pas cet abandon d'éducation que vous qualifierez de stigmatisant ou la culture de l'excuse sur ce pauvre violeur et la perte de repère due à son déracinement, son enfance violentée ou sa condition sociale basse qui est responsable ? "Allez on le condamne à 18 mois de prison" qu'il fera dehors avec une chevillère électronique (ça aussi ça nous vient des States) afin qu'il puisse recommencer car ce n'est pas le genre d'individu à comprendre que ce n'était pas bien alors qu'il n'a pas fait 1 mois de taule.
    Ce n'est rien après tout, sa victime est juste traumatisée à vie, sa vie sexuelle, sociale et familiale est foutue et elle aura le bonheur de recroiser son assaillant le soir même su procès. Il pourra à nouveau la menacer...
    Et tout ça c'est seulement si elle a été reconnu comme victime!
    C'est ça le politiquement correct et la culture de l'excuse que vous défendez.
    Et puisque vous dénigrez cet objet je vous trouve en totale contradiction avec vos idéaux, puisque vous êtes pour moi dans le déni de la réalité des femmes violées aujourd'hui.
    C'est parce que porter des "culottes anti viol" me parait plus accessible que refaire l'education de ceux qui n'ont ni âme ni empathie, que je suis pour.
    Et comme moi je vis dans cette réalité, si cet objet peut aider une femme qui a été agressée à ressortir de chez, éh ben je suis pour !

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  8. J'ai bien l'impression que vous faites dire des choses à mon billet qui ne sont absolument pas évoquées ou sous-entendues.
    Oui, j'ai bien compris que la culotte ne concernait pas le viol par les proches : ce que je dis c'est que ce vêtement entretient un mythe au sujet du viol ainsi que la culpabilité des femmes puisque le viol par un inconnu dans la rue ou dans un parking reste extremement minoritaire puisque 80% des viols sont commis par un proche. Et que faire pour les viols conjuguaux, on porte la culotte à cadenas à la maison? Et non je ne nie pas que les femmes préfèrent porter le pantalon pour ne pas être harcelées, j'ai même parlé de ces stratégies d'évitement dans un précédent billet sur le harcèlement de rue.Eduquer la société ça ne veut pas dire excuser les violeurs ou les laisser se balader en liberté, vous déformez mon propos. Vous dites que je suis dans le déni des femmes violées en critiquant cet objet, vous n'avez pas l'impression de vous approprier leur parole par hasard? Vous pensez que c'est vraiment les aider en les incitant à porter ce genre de vêtement qui sous-entend qu'elles n'ont pas fait tout ce qu'il fallait pour éviter le viol?

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  9. "Vous pensez que c'est vraiment les aider en les incitant à porter ce genre de vêtement qui sous-entend qu'elles n'ont pas fait tout ce qu'il fallait pour éviter le viol?"
    Où ai-je dis cela ?
    Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, même avec un jogging, vert si vous êtes au mauvais endroit au mauvais moment.... Justement l'entière responsabilité incombe au violeur donc cette culotte est une sorte de dernier rempart face à l'imprévisible.
    Mais en fait je pense que ce vêtement est plus psychologique qu'autre chose car il permettra à une personne traumatisé par une agression ou tentative de ressortir de chez elle.
    Je pense aussi que ceux qui sont près à enfermer pour longtemps les violeurs n'auront jamais les mains libres pour le faire, le politiquement correct s'interposera grâce à la culture de l'excuse.
    Je pense aussi que "l'éducation des hommes" que vous prônez est impossible d'une part par le politiquement correct qui hurlera à la stigmatisation de minorités au moeurs ultra machistes avec une considération de la femme rétrograde. Alors on éduquera et culpabilisera les autres, ceux qui n'ont déjà plus de c..... depuis longtemps.

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  10. Et on dira quoi aux victimes " fallait porter vot' shorty ma bonne dame , ce serait pas arrivé !"
    Et puis il se passe quoi quand l'agresseur découvre la fameuse culotte "oh non une culotte anti viol, je suis déçu! Bon et bien au revoir madame" et s en aller gentiment ? On a le choix entre le viol ou le passage à tabac? (Certaines veinardes ont droit aux deux)
    Une dernière question on doit commencer à la porter quand ?
    A 20 ans quand on est une petite étudiante fêtarde qui prends des risques inconsidérés en allant boire des verres?
    A 15 ans quand on a les nénés qui poussent et qu on incite au crime?
    A 10 ans parce que y a peut être bien un taré au club de poterie?
    Bon allez on va commencer à5 ans parce que les parcs municipaux sont quand même des repères à détraqués !
    Ça me dégoûte cette façon de nous enfermer dans la peur et la culpabilité au lieu d éduquer !
    Super blog, très bon article !

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