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Comme 35 000 élèves de CP et de CE1 à Paris, mon fils a répondu un questionnaire dans le cadre de l’opération « Filles et garçons, cassons les clichés ». Organisée par la fédération de Paris de la ligue de l’enseignement, cette action a pour but d’interroger les élèves sur la question du genre, de remettre en cause les idées préconçues et d’aborder les évolutions de la condition féminine et masculine en favorisant le dialogue et le débat.
Mon fils a donc répondu récemment à un test à base d’images d’ours non sexué représenté dans différentes activités. Pour chacune d’entre elle il devait dire s’il s’agissait de Madame Ours, Monsieur Ours ou les deux.
Je l’ai interrogé hier soir pour comprendre ce qui a conditionné ses réponses.
1ère image
Un ours avec un fer à repasser.
Réponse de mon fils : « J’ai dit Madame Ours car papa, on ne le voit pas beaucoup repasser ».
En effet, c’est en général moi qui m’y colle, mais le plus rarement possible. Je donne les chemises de mon mari à repasser mais le reste c’est de mon ressort. Je dois repasser une fois par mois et fais le minimum (pas les draps, les jeans etc…), pourtant ça a suffi à marquer l’esprit de mon fils !
2ème image
Un ours qui lit un livre
Réponse de mon fils « J’avais répondu les 2 dans ma tête mais j’ai vu que mon voisin avait mis Monsieur Ours donc j’ai fait pareil ».
Est ce que mon fils a senti que j’étais particulièrement vexée par cette réponse ? Je promets que je ne lui ai rien laissé entendre! Pourtant c’est vrai que cette réponse me hérisse les poils surtout que la littéraire de la famille c’est moi, celle qui se trimballe toujours avec un livre dans les mains et emmène ses enfants tous les mois à la bibliothèque aussi ! On va néanmoins laisser le bénéfice du doute à mon fils et invoquer le conformisme…
3ème image
Un ours qui tient une casserole
Réponse de mon fils « J’ai mis Madame ours car c’est toujours toi qui fais la cuisine »
Là encore, rien à dire, au quotidien c’est souvent moi qui suis derrière les fourneaux. Preuve de l’importance de la valeur d’exemple donné par les parents…
4ème image
Un ours tient un pinceau et un pot de peinture
Réponse de mon fils « J’ai mis Monsieur Ours car les ouvriers qui sont venus repeindre la maison la semaine dernière c’était tous des garçons »
Pour une fois, il n’a pas pris ses parents comme référents ! Il faut dire que ni son père ni moi-même ne sommes bricoleurs, ceci doit expliquer cela !
5ème image
Un ours donne le biberon à son bébé
Réponse de mon fils : « Les 2. Papa s’occupe autant de nous que toi ».
Enfin une réponse paritaire ! En effet, mon mari a depuis toujours été très impliqué dans l’éducation des enfants. A la naissance de mon fils, j’ai fait une dépression post-partum carabinée et c’est lui qui a pris le relais. Il a vraiment joué le rôle d’une maman bis et je pense que mon fils s’en souvient. Au quotidien, il joue aussi beaucoup plus avec eux que moi : autant les activités manuelles ou les sorties m’enthousiasment autant les jeux d’imagination m’assomment. C’est donc avec leur père qu’ils jouent à la poupée, construisent des légos ou font des combats d’épées. Pendant que je fais à manger ou range la maison hein faut pas rêver !
6ème image
Un ours qui conduit un vélo
Réponse de mon fils « J’ai mis Monsieur Ours car c’est papa qui m’a appris à faire du vélo »
Rien à dire à ce sujet !
7ème image

Réponse de mon fils « J’ai mis Monsieur Ours car Sarkozy est un garçon et que je n’ai jamais vu de femme présidente ».
Je lui ai quand même expliqué que les maires portaient aussi l’écharpe tricolore et que des maires au féminin cela existait déjà !
8ème image
Un ours devant un ordinateur
Réponse de mon fils : « J’ai mis les 2 car toi et papa travaillez beaucoup sur vos ordinateurs »
Mon mari a même rajouté « étonnant qu’il n’ait pas mis Madame Ours uniquement ! ». C’est vrai que la geek de la famille c’est moi !
A la lecture de ces réponses, on voit bien que la parité n’est pas encore une chose acquise dans l’esprit de mon fils. Entre la théorie et la pratique, il y a parfois un gouffre…Au quotidien, j’essaye de lutter de mon mieux contre les préjugés mais il sont parfois si profondément ancrés que je me surprends parfois à sortir des énormités à ma fille « Ne dis gros mots, ce n’est pas joli dans la bouche d’une petite fille » (en quoi serait-ce pire dans la bouche d’une fille que d’un garçon ?). Je réalise aussi que je l’appelle souvent « ma poupée » alors que j’appelle son frère « mon chat » .
Ces mots ont un sens : un objet que l’on habille et que l’on coiffe est différent d’un petit animal qui peut sortir les griffes. A mon corps défendant, je me rends compte que je la complimente davantage sur son physique que son frère, chez qui je valorise inconsciemment beaucoup plus la réussite intellectuelle.
Après lui avoir offert plusieurs bébés et poupées, j’ai réalisé finalement qu’elle adorait les puzzles et les jeux de construction, jouets que l’on n’offre pas spontanément aux filles. Depuis, elle est devenue experte et très habile dans un domaine que n’aurais pas naturellement pensé à explorer. La lutte pour la parité ne va donc pas forcément de soi, tant notre histoire personnelle et notre environnement sont façonnés de conditionnements inconscients. Je tente à ma façon de lutter au quotidien contre ces automatismes désastreux mais c'est davantage une gymnastique de l'esprit qu'un penchant naturel.
La valeur d’exemple parental est par conséquent fondamentale : néanmoins elle ne fait pas tout. Je discutais à ce sujet avec une maman sur Twitter qui me disait que ses 2 enfants avaient fait le test et avaient eu des résultats très différents, son fils ayant mis des « Monsieur ours » partout ! Pourtant, ils avaient reçu la même éducation !
En effet, le sexisme est insidieux va bien au-delà de la sphère familiale: dans les livres pour enfants par exemple, les héroïnes féminines sont plus rares et cantonnées dans des tâches domestiques alors que les personnages masculins travaillent à l’extérieur. Les explorateurs et aventuriers sont les petits garçons alors que les héroïnes féminines sont passives et attendent le prince charmant.
Les vêtements conditionnent également notre vision du monde : les chaussures à talons entravent la marche (comme le faisaient les grandes jupes à crinoline de l’époque), les tenues hypersexualisées et soutien-gorges rembourrés jusque là réservés aux femmes envahissent les rayons enfants. Petit Bateau a même récemment crée le (bad) buzz en lançant une gamme de bodys ultra-stéréotypés.
L’école, enfin, peut parfois enfermer les enfants dans des stéréotypes : on encourage les garçons à prendre la parole alors que l’on attend des filles qu’elles soient obéissantes par exemple.
Par ailleurs, une étude commandée par la Halde en 2008 avait montré que les manuels scolaires n’étaient pas exempts de discrimination sexiste. L’analyse de 29 manuels de collège et lycée reflétait ces stéréotypes, en terme de choix de métiers notamment : s’ils comptaient 3 fois plus d’images masculines que féminines, les premières mettaient dans un quart des cas l’homme en situation dominante.
Par curiosité, je me suis penchée sur le livre de lecture de mon fils : surprise, on y compte 2 héroïnes féminines et un héros masculin !
Pourtant, malgré cette sur-représentation, les stéréotypes ne sont jamais loin : la première est « une petite fille en sucre », la seconde s’appelle « la sorcière Petassou » (oui, oui, vous avez bien lu ! A quand la sorcière pouffiassette ou Bimbo ?). Le petit garçon, quant à lui, fait forcément des bêtises.
Entre l’image de la petite fille fragile ou de la sorcière, il y a encore des progrès à faire en terme de valorisation féminine au sein des manuels scolaires…
En effet, que vous suiviez une dizaine de personnes ou un millier, le réseau social vous apparaitra tour à tour comme un village ou une mégapole.
Une constante néanmoins : à l’image de tout groupe social, celui-ci agrège un certain nombre de « personnalités types » que je vais tacher d’énumérer ici.
Je vais m’intéresser aujourd’hui aux utilisateurs que l’on adore détester : les casse-pieds, lèche-bottes et autres attention whores que l’on retrouve dans toute TL normalement constituée.
1°) Le newbie

On a tous dans nos amis Facebook un vieux copain de primaire à l’humour si fin qu’il ferait passer Cauet pour un poète ou une copine qui nous abreuve de photos de ses gosses à longueur de temps (celle-là même qui a jugé bon mettre en ligne son test de grossesse encore fumant). Sur Facebook, on regarde tout ça d’un œil distant voire on masque leur activité quand ils sont trop envahissants. Mais depuis que tous les médias nous martèlent qu’il faut être sur Twitter, voilà qu’ils ont décidé eux aussi de débarquer avec leurs gros sabots. Evidemment, ils n’y comprennent rien et ils vous ont choisi pour être leur pygmalion ! Depuis les mentions pleuvent « c’est quoi un FF ? » « Je peux écrire aux gens qui ne me suivent pas ? » « Comment je fais pour avoir plus d’abonnés ? ». Pour les aider, vous décidez, dans votre grande mansuétude, de les FF (les recommander à vos abonnés) en pensant que personne ne suivra vos conseils, vue votre influence proche de zéro. Manque de bol, il y en quand même qui vous font confiance : « Aujourd’hui, j’ai décidé de suivre @legrosroger sur les conseils de @lagrandesofie ». Et là, vous rongez votre frein quand vous voyez le copain en question balancer à tour de bras des vannes graveleuses et des commentaires déplacés ou la copine mettre en ligne ses photos d’échographie. Soyez patient, en général, ils se lassent d’eux-mêmes en constatant rapidement que leur bavardage vide de sens n’intéresse pas grand-monde. Et ils demandent l’asile politique sur Facebook.
2°) Le personal branler

On connaît tous le « personal branding », l’art de faire soi-même une marque afin de se faire remarquer dans la jungle des réseaux sociaux. Le « personal branleur » va un cran plus un loin en faisant fi du sens du ridicule (et de son humilité par la même occasion). Ca commence par la photo de profil de winner : costume cravate, doigt levé. Ca continue dans la bio : le personal branler a, comme les chats, 7 vies : il est forcément expert, coach, community manager, auteur, spécialiste, conférencier, photographe (oui, oui, tout ça à la fois). Et chaque mot compte : s’il a ouvert plusieurs sociétés et à chaque fois déposé le bilan il se décrira comme « serial-entrepreneur » (plus valorisant que serial loser). S’il tient un blog, il se décrira comme « chroniqueur » pour se démarquer de la plèbe. Tel Alain Delon, il n’hésitera pas à parler de lui à la 3ème personne en précisant « vous l’avez lu la première fois ici » ou à RT les mentions élogieuses concernant. Enfin, il s’adonnera régulièrement aux concours de zezettes avec ses pairs en comparant leurs scores Klout respectifs. Si le sujet vous intéresse, les plus beaux spécimens sont répertoriés ici.
3°) Le fan

Pour certains utilisateurs, Twitter ressemble à un Disneyland géant : comme les enfants poursuivent les peluches déguisées enfin accessibles pour obtenir un autographe sur leur carnet, certains harcèlent les VIP en vue d’attirer leur attention. Mais pas celles qui sont hors de portée, comme Lady Gaga ou Justin Bieber. Ici il s’agit de personnalités plus abordables comme David Abiker, Guy Birenbaum, Lise Pressac, Eric Besson ou encore Bernard Pivot. Tout y va : la flatterie, les mentions à répétition, les FF et RT de complaisance dans l’espoir d’être un jour remarqué. Quand la célébrité dit « Tiens, je vais aller du pain », il y a derrière 10 personnes qui répondent « Quelle brillante idée, vous êtes décidément génial ! » « N’oubliez pas de faire la monnaie LOL » « J’ai une machine à pain, la prochaine fois, donnez moi votre adresse je vous en enverrai ». Et gare au people qui ne répond pas dans la seconde à sa horde de fans ! Il risque la lapidation en place publique pour délit de grosse tête !
4°) L’homme sandwich

Il a lu dans le journal que Twitter était une formidable caisse de résonance alors il a décidé d’en être sans comprendre vraiment qu’il faut d’abord beaucoup donner avant de pouvoir récolter les fruits de ce que l’on a semé. A peine son compte ouvert, il balance des liens vers son blog plusieurs fois par jour, demande aux gens d’aimer sa page Facebook sans rien offrir de pertinent en échange. Dans sa quête ultime de reconnaissance, il va jusqu’à quémander des RT afin d’obtenir des followers supplémentaires « allez plus que 3 followers et j’arrive à 100, merci de RT ». C’est un peu le Jean-Claude Convenant de Twitter, avec sa chemisette jaune et son attaché case sous le bras.
5°) L’attention whore

Expression anglosaxonne difficilement traduisible, l’attention whore est une personne qui cherche par tous les moyens à attirer l’attention sur elle. Ca passe par des photos très avantageuses, voire dénudées postées régulièrement, des statuts sibyllins « Je ne vais pas très bien mais je ne peux pas en dire plus », des clashs pour des raisons futiles suivis immédiatement d’une posture de victimisation ou encore de grossières tentatives de séduction. Même si l’expression « whore » (prostituée) laisse entendre que c’est un mal féminin, il n’en est rien, les hommes peuvent également en souffrir ! Derrière un « hater » se cache d’ailleurs souvent un « attention whore » !
6°) L’obsessionnel

Pour lui, Twitter n’est pas qu’une simple occupation, c’est presqu’un métier. Il scrute en permanence l’information qui fera la différence pour pouvoir la diffuser avant tout le monde grâce à une veille très pointue. Il surveille constamment son nombre d’abonnés grâce à des outils très perfectionnés et vit très mal lorsqu’il subit un unfollow. Pour pouvoir encaisser cette claque à l’égo, il ressent le besoin de crier cette injustice au monde entier : « Adieu @machinbidule, tant pis pour moi ».
7°) Le robot

Un robot sur Twitter ne ressemble pas à R2D2, en dépit de ce que l’on pourrait penser. Il, ou plutôt elle, a généralement un prénom en « a », une photo très dénudée et annonce dans sa photo de profil qu’elle aime les hommes. Autre variante, la photo d’œuf, avec zéro follower qui va vous spammer avec des pubs pour du Viagra ou des penis enlarger. Pas de pitié pour les robots, on les bloque et on les signale comme spams !
Voilà en quelques lignes la liste non exhaustive des 7 types de casse-pieds que l’on peut rencontrer sur Twitter. A la différence de la vie réelle, Twitter permet de les unfollower voire de les bloquer ! A quand ce genre de possibilités IRL ?
Article publié en 2011 sur le magazine en ligne Suite 101


