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jeudi 5 décembre 2013

Il est né le divin Furby : parents, fuyez avant qu'il ne soit trop tard!


Je n’en ai pas parlé auparavant sur le blog mais voilà, c’est désormais officiel, la famille s’agrandit.

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous annonce l’arrivée d’un Furby au sein de notre foyer.

Ben quoi, what did you expect comme dirait l’autre, vous aviez cru quoi ? A quarante ans et des enfants qui commencent à être autonomes vous ne croyiez quand même pas que j’allais remettre la tête dans les biberons, les nuits blanches et les couches ?

Je ne le savais pas avant que ma fille me le demande en cadeau mais Furby est apparemment bien placé pour faire partie des best-sellers pour Noël 2013. Il est donc très possible qu’il débarque chez vous aussi.

Même les One Direction aiment Furby, c'est pour dire


La chance que vous avez, chers lecteurs, c’est que Hanouka est déjà terminé chez nous. Vous allez donc découvrir, en avant-première, à quoi vous attendre (et du coup pouvoir éliminer discrètement ce jouet de la liste).

Car, contrairement à ce que vous pensiez, il ne s’agit pas d’un Tamagotchi amélioré. La première chose à savoir c’est qu’il n’y a pas de bouton OFF ou de moyen de régler le volume. 2 arguments de poids pour ne pas l’acheter. C’est évidemment la première chose que je suis allée chercher sur Google : « COMMENT ARRETER FURBY » (j’ai même failli écrire « CE PUTAIN DE FURBY » mais je me suis retenue à cause de ma fille à côté).

Même certains enfants craquent, photo trouvée sur ce blog 


Je me suis alors rendue compte que je n’étais pas la seule à me demander comment faire taire ce truc, solidarité avec tous les parents au bord de la crise de nerfs. REPRESENT.

Dès le début, j’aurais du me méfier : quand je lui ai fourré ses 4 piles dans l’arrière train (je comprends mieux pourquoi il est si gourmand en énergie vu tout ce qu’il baragouine) il s’est mis à gesticuler comme un ver et à parler dans son langage abscons ce qui constituait déjà un très mauvais présage.

Il faut savoir que Furby ne parle pas français. Ben non, ça serait trop simple. Il parle le Furbish de manière quasi ininterrompue, une langue à base de borborygmes incompréhensibles qui rendraient l’hébreu limpide en comparaison.

Pour le comprendre, il faut télécharger une application qui décode pour vous ce qu’il raconte (ne vous attendez pas à ce qu’il vous explique la théorie de la relativité hein, il est tout juste bon à demander à manger ou danser). Grâce à cette application vous allez pouvoir le nourrir et découvrir ses goûts. Oui, parce que Furby n’aime pas les brocolis, vu la vitesse à laquelle il me l’a recraché à la tronche mais en revanche adore la junkfood (très pratique pour essayer de faire manger des légumes verts à ses enfants ensuite). Si vous le forcez à manger trop d’aliments qu’il n’aime pas, il vomit. En revanche, après un bon repas, il vous gratifiera d’un rot tonitruant.

Vous le trouvez mal élevé ? Ben c’est de votre faute ! Comme nous l’explique ce site « Les Furbys changent de personnalité en fonction de la manière dont on s’en occupe et joue avec (que ce soit avec la voix, les sons, les caresses ou les mouvements). Ainsi, plus vous parlez avec un nouveau Furby, plus il devient bavard et est enclin à apprendre le français. Il est assez facile de voir le phénomène de changement de personnalité : les yeux du Furby se mettent à clignoter rapidement pendant plusieurs secondes et il dit « je change » dans un timbre différent. Par exemple, la peluche en mode "diabolique" est assez sombre (avec des yeux inquiétants) et  vulgaire (pette et rote) alors que celle avec une personnalité "princesse" est plus légère et chante plus souvent. ».



Si vous n’aviez pas assez de raisons de culpabiliser car vos enfants mal élevés, bingo, en voilà à la pelle. J’imagine la réaction de la belle-famille un peu coinssos si jamais Furby se met à lâcher une caisse en plein repas familial. Ambiance.

Pour éviter qu’il ne devienne une princesse qui chante toute la journée, je le maltraite un peu, je lui tire la queue, lui met la tête en bas malgré les regards désapprobateurs de ma fille qui me dénoncerait à la SPF (Société protectrice des Furby) si elle le pouvait.

En revanche, pas question de le secouer dans tous les sens pour l’endormir, ça ne marche pas, j’ai testé pour vous. Oui, vous avez bien lu : après vous être coltiné les histoires des enfants, il faudra aussi compter les moutons pour Furby, toujours à l’aide de l’application Iphone. Après une salve de ronflements tonitruants, vous aurez enfin la paix.

Jusqu’au lendemain matin.

A moins que vous ne trouviez une solution, ahem, plus radicale.




mercredi 20 novembre 2013

Anniversaires : qui décrochera son diplôme de mère parfaite?



Hier, ma fille de 5 ans a reçu sa première invitation de l'année.

« X est heureuse de t’inviter à son anniversaire. Nous commencerons par une croisière sur la Seine puis nous rentrerons jouer à la maison ».

Je me suis frottée les yeux, ai relu 2 fois avant de me dire que cette invitation reflétait bien une tendance que j’avais observée ces derniers temps : les anniversaires d’enfants étaient devenus des réceptions à part entière.

Dans une surenchère de décorations ultra-léchées, d’animations sophistiquées et de gâteaux dignes de Top Chef, c’est à celle qui décrochera le diplôme de la meilleure mère.

Une véritable escalade à l’image de ces mariages où il s’agit avant tout d’en mettre plein la vue.


« On va les éclater » se moquait Gad Elmaleh en caricaturant Coco qui organisait la bar-mistvah de son fils : « J’ai envoyé un carton d’invitation à chaque invité : dans chaque carton y avait un ordinateur portable qui s’ouvrait comme un carton. Sur l’écran y avait l’invitation, tu cliques, elle s’en va par internet ». « Je voulais un rabbin beau gosse, je l’ai fait venir en Concorde tout seul. Tu me dis combien et je paye ».

On n’en est pas loin aujourd’hui avec ces anniversaires grandioses repris en boucle sur les blogs de maman. Il ne suffit pas de faire, il faut aussi le faire savoir.

Et regardez comme mes invitations réalisées chez l’imprimeur sont jolies.

Et extasiez-vous devant les cadeaux qui coûtent un bras.

Et observez comme mon appartement (et mon enfant) ressemble à une gravure de mode même après l’invasion des enfants. 

JE VOUS AI E-CLA-TES

En discutant avec mes copines sur Facebook, j’ai pu vérifier que ce phénomène était bel et bien généralisé. J’ai même découvert qu’à l’image des « wedding planners », il existait des « birthday planners » qui proposent pour la modique somme de 950€ d’organiser l’anniversaire de vos chères têtes blondes.

Mes amies ont confirmé mon ressenti, voici quelques uns de leurs témoignages en vrac (le billet de Morticia est également à lire sur le sujet) :

"On s'en sort plus, les gosses ne savent même plus aller à un anniversaire sans réclamer de partir eux aussi avec un cadeau, c'est n'importe quoi. Ils ne savent plus offrir et rien attendre en retour, et ce sont les adultes qui entretiennent ça pour gagner la course à la meilleur mère de la terre. Bref, ça m'énerve !"

 "Nous une fois, on a eu une invitation avec un mot disant pas de cadeau mais une petite participation (je crois qu'il était précisé 10 euros max) pour un abonnement. J'avais trouvé ça intelligent mais je n'aurais jamais osé."

"Le plus fou que j'aie vu, c'était un anniversaire où mon fils de 3-4 ans à l'époque était invité et où les parents des gamins étaient accueillis par un majordome en queue de pie avec plateau de coupes de Champagne (le reste, hallucinant, allant avec bien sur...)"

"J'ai vu des trucs ahurissants qui viennent quand même la plupart du temps des parents. Les gosses ne demandent pas tout un tralalala, beaucoup de mères parfaites veulent épater la galerie et je suis quasi certaine qu'avec ces surenchères on pourrait en arriver à un truc genre événement promotionnel ! Tu sais, ces manifestations où les gens people se font photographier sur des fonds avec en logo un objet de marque. C’est limite si tu dois pas aussi faire un buffet pour les parents"

Pour ma part, je refuse de rentrer dans cette surenchère. Ce qui ne veut pas dire que je ne prépare pas les anniversaires de mes enfants, bien au contraire (j’en ai déjà parlé dans un précédent billet). Il n'est simplement pas question d’entrer dans cet étalage de fric malsain (même si, dans ce cas précis, je connais la mère qui invite ma fille : je sais que son but n’est pas d’en mettre plein la vue). "C'est le temps perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" disait le Petit Prince. C'est pareil pour les anniversaires : c'est le temps passé qui compte, pas l'argent.

En général, je prépare quelques activités, j’achète ma déco chez Héma et je m’amuse à fabriquer un gâteau sympa autour d’un thème défini par mes enfants. Cela suffit à mon bonheur et à celui de mes enfants sans avoir à dépenser un fric monstre (si vous manquez d’inspiration, ma copine Isabelle déborde de créativité à ce sujet et propose sur son blog plein d’idées home-made).

J’ai pu d’ailleurs remarquer qu’au-delà des animations ultrasophistiqués, ce que préfèrent les enfants c’est de retourner littéralement la chambre de celui qui invite.

« Les enfants sont pourris vous savez ! Alors qu'avec un bout de ficelle et un morceau de carton ils s'amusent comme des fous ! » (Madame Musquin style).



Cette année, mon fils de 8 ans a refusé en bloc toutes mes tentatives d’animation pour son anniversaire (chasse au trésor, activité manuelle).

« Je veux juste aller jouer au ballon avec mes copains au parc » m'a-t-il répondu. Je dois avouer que ça m’arrange bien…

mercredi 2 octobre 2013

Quand les enfants schtroumpfe-niquent ta dignité



Vous connaissez la loi de Murphy ? « Tout ce qui peut mal tourner va mal tourner ».

Et bien je pense qu’il doit exister une loi semblable, en tout cas il faudrait l’inventer, en ce qui concerne les endroits confinés. « Tout enfant retenu dans un endroit dont il ne peut sortir infligera à ses parents un grand moment de solitude ».

Pour certains ce sont les bus. Qui n’a pas connu l’enfant qui pointe du doigt un passager en s’exclamant « Maman, pourquoi la dame est grosse ? ».

En ce qui me concerne ce sont les salles d’attente. Un endroit dans lequel je ne me sens pas déjà particulièrement à mon aise, avec un enfant fiévreux et donc surexcité ou qui crache ses miasmes, dans l’attente angoissé du verdict médical. Et évidemment, c’est toujours à ce moment là qu’un de mes enfants choisit de décocher la remarque qui tue.

Pour mon fils, ça a commencé très tôt, alors qu’il ne savait même pas parler. Allez savoir pourquoi, il montrait systématiquement du doigt les oiseaux en criant à toute gorge des « OH OH OH » tonitruants et incessants. Pas très grave, me direz-vous, les oiseaux ne courent pas les salles d’attente. Sauf qu’il faisait de même avec les personnes noires. Imaginez donc la scène, répétée dans une salle d’attente.  Malaise garanti.

L’autre jour, ma fille a pris la relève. Alors que l’on attendait pour son rdv avec l’ORL, je lui ai expliqué pour la détendre que cette fois-ci elle n’aurait pas à subir l’introduction d’une caméra dans son nez. C’est alors qu’elle a choisi de me demander « Et toi maman ça t’a fait mal quand on t’as mis la caméra dans le cucu ? ». Merci Dolto et son héritage. A cause d’elle, je me suis sentie tenue à l’époque d’expliquer en toute transparence à mes enfants que je partais à l’hôpital pour une coloscopie. Et en quoi consistait l’examen.

Hier, pour une fois, mes enfants n’étaient pour rien dans le moment de solitude que j’ai vécu dans la salle d’attente de mon généraliste. Bien décidée à faire diversion et éviter une énième humiliation, j’ai choisi cette fois-ci de lire un livre des Schtroumpfs à ma fille. Au moins, avec ça, je serais tranquille pensais-je naïvement.

Pas un mot dans la salle d’attente, je prends alors ma plus belle voix pour lire les aventures des nains bleus à ma fille. Il était une fois l’histoire du schtroumpf sauvage, qui rencontre la Schtroumpfette. Elle tombe immédiatement sous le charme de ce personnage un peu hors norme, le bad boy des schtroumpfs, et de « son pagne, trop mignon ». En levant les yeux, je m’aperçois que les autres enfants et leurs parents écoutent d’une oreille ce récit passionnant. Je continue donc d'une voix digne d'une présentatrice des années 80. Et là c’est le drame.



« Nous allons schtroumpfe-niquer ». Surtout ne pas rire. Et ne pas remarquer les parents qui regardent leurs chaussures ou ma fille qui répète en boucle « Quoi maman, pourquoi tu t’arrêtes ? ».

Cher Peyo, je ne te remercie pas. Va falloir songer un jour à arrêter de fumer de la Salsepareille. En attendant, ma dignité est définitivement schtroumpf-niquée.

jeudi 19 septembre 2013

Couper le cordon




La rentrée est décidément une somme infinie de réjouissances.

Après les achats de fournitures iconoclastes, les livres à couvrir, les 10000 formulaires à remplir dans tous les sens il y a aussi les réunions de parents d’élèves.

Je me souviens encore de la première à laquelle j’ai assistée, de mon émotion en rentrant dans la classe, de mes larmes contenues en réalisant que mon fils était désormais un élève, de mon attendrissement devant les chaises minuscules.

Mais ça c’était avant. Maintenant, alors que je totalise 9 réunions de parents d’élèves, je suis comme qui dirait devenue une routarde de l’entretien parents-professeur.

Je n’ai plus la larme à l’œil en observant les petites chaises mais me demande si je vais arriver à caser mes 2 fesses à l’intérieur.

Je ne suis plus émue à l’idée que ma fille soit une élève mais me demande si l’instit de cette année va nous demander encore une fois de nous prendre en photo avec une poupée en nous vendant ça comme un projet pédagogique.

Je n’essaye plus désespérément de deviner où s’assoit mon enfant pour me mettre au même endroit mais choisis surtout une place stratégique près de la porte pour partir plus tôt si besoin.

A me lire, on a le sentiment que je me suis endurcie. Pas tant que cela finalement.

Je dois avouer que quand l’instit de ma fille qui est en grande section nous a annoncé, sourire aux lèvres que la classe allait partir 3 jours en classe de poney, mon cœur de mère juive s’est brisé en 1000 morceaux sur le lino. J’ai furtivement jeté un coup d’œil aux autres parents hilares puis ai esquissé un sourire forcé. Ma première question a été « C’est loin de Paris ? » « Oh non 160 kms ». Allez savoir pourquoi, mon inconscient de mère juive a doublé cette distance et à chaque fois qu’on m’a posé la question par la suite j ‘ai répondu 300 kms. Ce n’est qu’en me replongeant dans les papiers distribués par l’instit que j’ai réalisé que c’était bien plus proche que je ne le pensais.

« Et comment sont les dortoirs ? ». Je m’imaginais déjà des dortoirs façon pension, ma fille en pleurs le soir, son doudou à la main, m’appelant dans le noir. « Ce sont des chambres de 4, c’est très sympa ». Je me suis retenue de demander si c’était des lits superposés histoire de ne pas passer pour une psychopathe mais j’avoue que la question m’a brûlé les lèvres.

« Oh faut pas s’inquiéter, mon ainée est partie l’année dernière, elle était ravie » a lancé un père d’un air goguenard. « Ah super » ai-je répondu alors qu’en mon for intérieur résonnaient ces mots « ma fille, la chair de ma chair, le sang de mon sang, ma fille-ma bataille va partir 3 jours loin de moi ».

Alors que je tentais d’entamer une séance de respiration par le ventre, je réalisais que nous étions déjà passé au sujet suivant : les notes ou plutôt l’absence de notes ce que je considère comme une très bonne nouvelle (ça compense la classe de poney). Cette année l’instit (ou plutôt les instits, elles sont 2 à mi-temps) ne vont pas distribuer notes, corrections en rouge ou en vert, tête qui sourit ou fait la tronche. Elle vont simplement signaler à l’enfant si quelque chose ne va pas et le laisser corriger seul. Silence des parents dans la classe.

J’ai encore le souvenir du livret de mon fils en petite section (oui, vous avez bien lu « livret d’évaluation » à 3 ans) dans lequel il était noté que la descente d’escalier n’était pas acquise. Mon fils en avait fait une fixette « j’ai eu un bon livret SAUF EN DESCENTE D’ESCALIER » à tel point que j’en étais arrivée à lui dire « c’est pas grave, tu feras comme moi, tu prendras l’ascenseur ». Quand je le vois désormais sauter les marches et descendre les escaliers à toute vitesse, je ne peux m’empêcher de sourire.

19h10, tous les sujets ont été abordés, de la coopérative à la gestion de toilettes, quand soudain une voix s’élève. « Pourrions-nous avoir un feedback de votre part sur le niveau de la classe ? Ils sont bons ou pas ? ».

Alors que l’instit avait expliqué quelques minutes avant qu’il n’y aurait pas de notes. Mais visiblement c’est encore trop dur à entendre pour certains parents qui ont besoin de « feedbacks » et autres « retroplanning asap ».

Moi qui attendais une excuse pour partir, je me suis alors levée comme un ressort en entendant le mot « feedback », souvenir amer de la novlangue franglaise de mon ancienne vie professionnelle.

En arrivant à la maison, j’ai pris une grande respiration puis ai annoncé à ma fille « Tu sais quoi ? Tu vas partir 3 jours en classe de poney avec ta classe, c’est génial ! » « Youpi, je suis trop contente ».

Quelqu’un a une paire de ciseaux pour couper le cordon ?