> Tout à l'ego

mercredi 9 janvier 2019

Yann Moix, le perroquet utile du patriarcat


«Je vous dis la vérité. À 50 ans, je suis incapable d'aimer une femme de 50 ans. (...) Je trouve ça trop vieux. Quand j'en aurais 60, j'en serai capable. 50 ans me paraitra alors jeune». «Non ça ne me dégoûte pas, ça ne me viendrait pas à l'idée. Elles sont invisibles. Je préfère le corps des femmes jeunes, c'est tout. Point. Un corps de femme de 25 ans, c'est extraordinaire. Le corps d'une femme de 50 ans n'est pas extraordinaire du tout.» Yann Moix dans Marie-Claire,

Je ne vais pas écrire une lettre à Yann Moix, il ne m’intéresse pas
Je ne vais pas lui montrer mes fesses pour lui prouver qu’il est dans l’erreur
Je ne vais pas poster des photos de Cindy Crawford ou de Monica Belucci pour lui montrer qu’il existe des cinquantenaires désirables
Je ne vais pas lui dire qu’il a un petit kiki pour l’humilier
Je ne vais pas essayer de lui prouver qu’il a tort.

Car malgré ce qu’il pense, il n’y a rien de subversif ou d’original dans ces propos. Il n’est que le perroquet utile du patriarcat.

Notre société trouve qu’une femme qui a les cheveux blancs est négligée alors qu’un homme c’est sexy.
Qu’une femme mûre qui a du ventre se laisse aller alors qu’on trouvera ça charmant chez un homme du même âge.
Notre société trouve normal qu’à la télé ou au cinéma un sexagénaire soit marié à une trentenaire. Notre société trouve normal que les femmes à partir de 50 ans deviennent invisibles dans la publicité (même pour des crèmes anti-rides on leur préfère des jeunes) dans les médias (à part pour les numéros spécial séniors), au cinéma.

L’association AAFA a même appelé cela le « tunnel des 50 » : « Les femmes constituent la plus grande proportion d’artistes-interprètes de 20 à 35 ans mais autour de 50 ans, ce sont les hommes qui sont majoritaires. Les comédiennes semblent disparaître après quarante ans pour réapparaître à soixante-cinq, mais au compte-gouttes, dans des rôles de grand-mères ! À partir de 50 ans, les femmes développent un super pouvoir : elles deviennent invisibles. Surtout à l’écran! Et c’est donc en pleine maturité professionnelle que les comédiennes de 50 ans affrontent le grand vide. »

Yann Moix parle de tribunal du goût, Gérard Miller vole à son secours invoquant la police du fantasme. C’est vrai après tout, tous les goûts sont dans la nature dit l’adage. Pourtant comme l’a démontré Bourdieu, les goûts (et les dégoûts) ne sont pas neutres et ont un fondement social. Tout comme les fantasmes ne sont pas « hors sols » car ils disent beaucoup des rapports entre les femmes et les hommes, de la place de chacun dans la société et dans l’imaginaire collectif. Réduire ses propos à une simple affaire de goût ou de fantasme, c’est nier la notion de rapport social et de domination.

Au-delà de l’opinion de Yann Moix qui m’importe peu, ce que je trouve extrêmement violent c’est qu’un magazine féminin lui tende le micro sans aucune contradiction (alors que Marie-Claire l’avait déjà fait il y a quelques années en laissant Yvan Attal déclarer sans ciller qu’il tuerait sa femme si elle le quittait pour un ouvrier).

Il est vrai qu’instiller le doute et l’insécurité chez les lectrices constitue un véritable modèle économique. Faire comprendre aux femmes qu’elles sont laides et vieilles permet de leur vendre quelques pages plus loin des crèmes anti-âges hors de prix ou de vanter les mérites des injections de botox. Question presse féminine, « Elle » a également fait fort en sortant un article titré « 35 femmes de plus de 50 ans ultra badass qui n'ont pas besoin de Yann Moix ». Badass pour le magazine = faire 20 ans de moins (+ ou - naturellement) et une taille 36. Et les autres femmes à la fesse molle, aux bajoues qui tombent et aux cheveux blancs ? Doivent-elles se cacher dans un trou? Est-ce vraiment prendre la défense des femmes que d’affirmer "Regarde Moix tu t'es trompé, y en a qui sont bien"?

Répondre à la question du corps par le corps est aussi ce qui m’a gênée dans les initiatives de certaines internautes postant des photos de femmes de 50 ans, minces et paraissant beaucoup plus jeunes que leur âge. Ou Colombe Schneck qui a répondu à Moix en affichant une photo de son postérieur parfait et galbé. Quel est le message derrière tout ça ? Non, je ne suis pas comme toutes ces vieilles que tu conspues ? Regarde ce que tu rates ?

Là-dessus, je rejoins Moix : oui les corps des femmes de plus de 50 ans sont invisibles. J’entends ici les corps correspondant vraiment à cet âge biologique, pas les corps qualifiés d’ « extraordinaires » par l’écrivain. Pas ceux des cinquantenaires médiatisées : modelés, liftés, lissés, amincis, ils entretiennent l’illusion que tout n’est qu’une question de volonté.

Plutôt que de répondre à Moix, qui n’a que peu d’intérêt à mes yeux, je préfère m’adresser aux femmes.
A mes sœurs de rides, de bajoues et de fesses molles : votre corps n’est pas une somme d’imperfections, il est votre histoire mais ne constitue pas l’intégralité de votre identité.

Aux femmes médiatisées : je ne vous juge pas, vous êtes vous-même victimes d’un système qui promeut le jeunisme. Epargnez-nous juste s'il vous plait les conseils beauté à base de « le secret de ma jeunesse ? Un verre de citron à jeun et une bonne nuit ».

Aux mères : éduquez vos garçons pour qu’ils ne deviennent pas des Moix en puissance, montrez l’exemple à vos filles en ne vous pesant pas devant elles ou en critiquant votre apparence dès que vous vous croisez devant une glace. La détestation de soi peut malheureusement être contagieuse.

Aux femmes journalistes, rédactrices en chef : pensez sans cesse à la cohérence de votre ligne éditoriale. Rien ne sert de faire des événements « girl power » ou des couvertures sur le féminisme cool pour tendre des micros à des hommes sexistes sans jamais leur apporter la contradiction. Cessez d’être obsédées par les annonceurs et pensez davantage à vos lectrices qui sont déjà de moins en moins nombreuses à vous lire.

Femmes, cessons d’être l’armée des invisibles. Unissons-nous et utilisons notre énergie pour changer le monde plutôt que de vivre dans la quête perpétuelle de la validation du regard masculin. N’attendons pas leur certificat de baisabilité.

Soyons solidaires : que celles qui correspondent aux normes de beauté de la société n’utilisent pas leurs corps pour clamer « regardez, je ne suis pas comme elles ». Elles « les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf » pour paraphraser Virginie Despentes.

Elles, les « corps ordinaires ».

Ne sous-estimez pas leur pouvoir.



vendredi 23 novembre 2018

Journée de lutte contre les violences faites aux femmes : infographie "Les mots tuent"

Lundi prochain, je participerai à Toulouse au débat organisé par l’association des Journalistes de Toulouse et sa région (AJT-R) « Le poids des mots dans le traitement médiatique des violences faites aux femmes ».
A quelques jours de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, j’ai trouvé intéressant de prendre de la hauteur et d’aller au-delà du simple constat en analysant les 334 articles épinglés sur le Tumblr "Les mots tuent".
Je précise qu’il ne s’agit nullement de faire du « Name and shame » ou de donner des leçons aux rédactions d’autant que certaines ont déjà entrepris un travail de réflexion pour améliorer le traitement des violences sexistes et sexuelles dans leurs colonnes. 
Par ailleurs, en tant qu'ex-journaliste web,  je connais la pression de l'audience et du clickbait et l'urgence dans laquelle les journalistes sont souvent contraint.e.s de travailler. Je sais aussi que, parfois, les titres sont réécrits par les rédacteur.rice.s en chef afin de faire du buzz sans l'aval de leurs auteur.e.s.
Le but de cette infographie est donc de dresser un état des lieux et un bilan afin d’envisager ensemble comment offrir aux lecteur.rice.s l’information la plus juste et la plus objective possible.
L'analyse de ces chiffres se trouve juste après l'infographie.


L’infographie nous apprend que :
-        Le Tumblr est extrêmement représentatif de l’ensemble de la presse puisque 90 titres y sont épinglés
-        La PQR (presse quotidienne régionale) est sur-représentée dans le Tumblr. Un secteur plus masculin que la moyenne :d’après les données de la CCIJP (Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels), la PQR ne compte que 37,6 % de femmes journalistes versus 46,3% toutes rédactions confondues
-        Le genre des auteur.e.s des articles n’est pas identifié pour 58% des titres épinglés. Ils sont soit signés par « la rédaction » soit par des initiales. Les femmes représentent 16% des auteures (ce qui prouve qu’on peut être une femme et avoir intériorisé les stéréotypes de genre). Les hommes, quant à eux, représentent 26% des auteurs
-        Le pourcentage d’articles corrigés est en constante augmentation : de 0% d’articles parus en 2015, on passe à 4% en 2016 et à 15% en 2017, preuve que le travail de sensibilisation a porté ses fruits. Le Tumblr a bénéficié d’une forte exposition  dès son lancement soit une cinquantaine de retombées médiatiques (Brut, Le Monde, Libération, France Inter…). Néanmoins, le pourcentage d’articles corrigés tombe à 8% en 2018. Restons positifs, l’année n’est pas terminée !
J’en profite pour remercier les contributeur.rice.s qui me signalent régulièrement les articles problématiques : votre aide est précieuse.
Si vous aussi vous souhaitez me signaler un article, 3 solutions : m’écrire à lesmotstuent(@)outlook.fr , me mentionner sur Twitter @sophie_gourion ou identifier l’article avec le hashtag #LesMotsTuent.



jeudi 18 octobre 2018

Anniversaire : idées pour organiser une soirée pyjama



 Qu'il parait loin le temps des anniversaires princesses Disney, Teletubbies ou Hello Kitty!

A 10 ans, on est déjà une pré-ado et on a davantage envie d'un karaoké débridé que d'une partie de pêche à la ligne!

Cette année je me suis donc un peu creusé la tête pour organiser l'anniversaire de ma fille, d'autant que la barre est haute dans son école (journée au jardin d'Acclimatation ou dans un poney club par exemple).

Comme je n'ai pas un budget à rallonge, j'ai décidé de tout organiser moi-même (cette fois, pas de pinata licorne comme l'année dernière!).

Au programme, soirée pyjama!

Pour chaque petite invitée, j'avais préparé des petits goodies autour du thème tropical (d'actualité par rapport aux températures!). J'ai fabriqué un tote bag personnalisé (10€ les 10 tote bags vierges sur Amazon, pas de la super qualité mais ça fait le job).

J'ai imprimé le prénom de chacune ainsi qu'un motif flamant rose trouvé sur internet sur du papier transfert qui m'avait été offert avec l'imprimante. Un coup de fer à repasser et hop c'est plié!



Dans chaque sac, j'ai rangé:

- Un pyjama motif ananas (4,50€ chez Auchan)

- Une trousse de toilette flamant rose incluant une brosse à dent et un mini dentifrice (3 € les 2 dans un bazar genre tout à 1€ sauf le mini dentifrice acheté dans une pharmacie, merci Isabelle pour l'idée)

- Ma mère a rajouté une brosse pliante, un élastique et un cube de bain achetés chez Monop

- Un porte-verre gonflable ananas (1€ dans le bazar où j'ai acheté la trousse et les brosses à dent).




Côté activités, j'avais prévu:

- La fabrication d'un pendentif donuts en pâte Fimo : comme j'ai à peu près 2 mains gauches et des souvenirs douloureux d'EMT, j'ai demandé conseil aux super vendeuses de "La petite épicerie" (je vous les recommande vivement, elles sont patientes et très pros). Je n'avais aucun matériel donc j'ai dû tout acheter : les chaînes, les fermoirs à monter, la pâte fimo, la pince pour couper les chaînes etc...J'ai eu un peu peur de l'addition finale mais je n'en ai eu que pour 24€ donc un peu plus de 3€ par enfant. Honnêtement c'est très raisonnable surtout qu'on voit que ce genre d'atelier tourne autour d'une vingtaine d'euros par enfant en général. Pour m'aider, j'ai suivi ce tuto et j'avoue que je suis assez fière du résultat! Les filles se sont vraiment amusées à le faire et chacune est repartie avec son collier autour du cou!


- Un karaoké : quelques jours avant l'anniversaire, ma fille et moi avions préparé une playlist sur Deezer avec les grands classiques pour ados : Maitre Gims, Léane, Tal ...Nous avions fait bien attention de ne choisir que des chansons avec paroles. Ma fille avait préparé 2 chapeaux : l'un avec les prénoms, l'autre avec les noms des chanteurs! Cette activité a eu beaucoup de succès et il a presque fallu leur arracher le micro des mains pour venir dîner!

- Une pizza party : "Moi j'aime pas le fromage" "Pas de thon pour moi" "Pas de sauce tomate svp, comme je connais la difficulté de trouver un plat qui fasse l'unanimité, j'ai acheté des pâtes à pizza carrées et ai préparé des bols avec tous les ingrédients (thon, jambon de dinde, fromage de chèvre, cheddar, mozzarella, olives etc...). Après avoir coupé la pâte en 4 carrés, chacune a pu confectionner la pizza selon ses goûts.

- Un jeu de société "Pyjama party" : en plus des traditionnels "Action/vérité" et "Instant mode", j'ai apprécié de trouver d'autres thèmes tels que "Femmes célèbres", "Mon avenir" (illustré par une astronaute!) ou "Héroïnes de fiction". Je n'ai pas eu le droit de rester pendant l'activité mais à entendre les cris et les rires, je pense que ce jeu leur a plu!



 - Une fois en pyjama, elles ont toutes visionné "La famille Bélier" avec un gros pot de pop-corn.Puis chacune a sorti son sac de couchage et elles ont toutes (plus ou moins) dormi en rang d'oignon.

Je pense que la nuit a été courte vues leurs cernes le lendemain matin mais le plus important a été qu'elles repartent toutes avec des étoiles plein les yeux (et des flamants roses plein la tête!).








jeudi 11 octobre 2018

Les mots tuent : interview d'Armelle Le Goff, rédactrice en chef à 20 Minutes

Parmi les questions qui me sont régulièrement posées en interview reviennent souvent le fonctionnement d'une rédaction, les raisons expliquant le nombre de titres problématiques au sein de mon Tumblr "Les mots tuent" (350 articles répértoriés à ce jour). N'ayant été que journaliste web pigiste et n'ayant donc jamais connu le travail au sein d'une rédaction, il m'a semblé intéressant d'interviewer une rédactrice en chef afin qu'elle nous éclaire sur toutes ces questions.

Merci à Nils Wilcke de m'avoir mise en relation avec Armelle Le Goff, rédactrice en chef à 20 Minutes!

Bonjour, un grand merci d’avoir accepté cette interview ! Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Je m'appelle Armelle Le Goff, je suis rédactrice en chef à 20 Minutes depuis 2015, après plusieurs années en tant que rédactrice en chef adjointe et cheffe du service Monde.

Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de votre rédaction ? Est-elle sensibilisée à la question du traitement journalistique des violences faites aux femmes ?

Notre rédaction compte 100 journalistes à Paris et en régions (nous avons onze bureaux à Bordeaux, Nantes, Toulouse, Strasbourg, Lille, Lyon, Nice, Marseille, Montpellier, Nantes, Rennes où travaillent 3 à 4 journalistes). Tous les journalistes travaillent sur 3 temporalités: chaud (pour toutes les infos à traiter rapidement), tiède (pour traiter les infos du jour), froid (pour les sujets ayant moins d’enjeux en termes de temporalité et/ou demandant plus de temps). Concernant les violences faites aux femmes, on a évidemment des recommandations de traitement dans une charte qui est à disposition de tous les journalistes et que l’on remet à jour régulièrement.

Comment se concrétise cet engagement ?

L’engagement contre les violences faites aux femmes fait partie de l’ADN de 20 Minutes. Si 20 Minutes est un média non partisan, il est toutefois très engagé. Le respect de la personne humaine est l'un des points fondamentaux de notre charte éditoriale. Cela signifie de considérer avec une grande attention certains sujets comme la lutte contre le racisme, l'homophobie, le combat pour l'égalité des sexes et les violences faites aux femmes, entre autres. Du coup, c'est une question qu’on aborde depuis longtemps et sous pleins d’angles. Par exemple, en 2013, on fait une Une avec un dessin de Pénélope Bagieu (des femmes le bras levé) dont le titre est “Continuons le combat” sur l’actualité du combat féministe en France. http://fr.1001mags.com/parution/20-minutes-france/numero-2561-21-nov-2013
fr.1001mags.com
20 Minutes France n°2561 21 nov 2013 - Page 2-3 - pour 3 Françaises sur 4, le combat féministe a toujours du sens. - premier quotidien national.

Tout récemment, le vendredi 5 octobre 2018, on a organisé une journée-événement pour le premier anniversaire du mouvement #Metoo avec une enquête sur le harcèlement sexuel dans le sport ; une autre sur les objets connectés comme outils de harcèlement au sein du couple, etc. 

Selon votre expérience, pourquoi autant de rédactions ont recours à des expressions type « drame conjugal » ou des titres attrape-clics ? (dernier exemple en date : "Ivre, il poignarde son amie croyant ouvrir un carton à pizza"). J’ai noté qu’une grande majorité des titres épinglés par #LesMotsTuent proviennent de la PQR : comment expliquez-vous ce phénomène ? Comment, selon vous, changer les choses ?

Comment travaillez-vous avec vos homologues de 20minutes en région ?

Je pense que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, il y a, dans la presse, une grande méconnaissance du système judiciaire. Ces titres et ces erreurs sont en grande partie dus à l’ignorance. Après il ne faut pas négliger le fait que la presse et notamment la presse quotidienne régionale sont toujours en grande partie aux mains d’hommes qui ne sont parfois pas très attentifs à ces sujets. Mais cela change, la preuve à 20 Minutes où la rédaction en chef est parfaitement paritaire. Par ailleurs, à 20 Minutes, on fait régulièrement des formations à destination des chefs de service et des rédacteurs sur le système juridique et le vocabulaire judiciaire pour leur faire gagner en rigueur et en précision dans leurs articles.
Récemment, un titre problématique a été publié par 20minutes (« Lorraine: jaloux, un conducteur de 18 ans fonce sur sa copine et un de ses amis et les blesse »). Il a été rapidement corrigé, ce qui est loin d’être le cas systématiquement. Que s’est-il passé ?
Le grand nombre d’article publiés sur toutes les plateformes de 20 Minutes implique que les rédacteurs publient leurs articles et les mettent en même temps en relecture. Il y a donc une relecture a posteriori d’un grand nombre de papiers. C’est ce qui s’est passé pour celui-ci. Mais dès qu’il a été relu par la rédaction en chef, le titre en a été corrigé. 

Selon vous, la question du traitement journalistique des violences faites aux femmes est-elle importante ? Quels conseils donneriez-vous aux rédactions ?

Bien sûr, cette question est extrêmement importante. La précision et la rigueur sur ce sujet sont extrêmement tout à fait nécessaires. Mais le respect de la personne humaine l’est tout autant et lorsque cela recouvre des faits de justice, la presse a une grande responsabilité qu’elle peine parfois à assumer.
Trop de sujets ont par ailleurs été passés sous silence dans la presse pendant trop longtemps. Notamment parce que les rédactions n’étaient pas à l’image de nos sociétés. C’est important pour les femmes, mais c’est important pour l’ensemble de la société que cela soit le cas et que les médias réussissent à aborder la variété de sujets qu’attendent leurs lecteurs. Je crois que c’est plus qu’ailleurs le cas à 20 Minutes et que c’est ce qui fait notamment la clé de notre succès et la raison pour laquelle plus de 5 millions de lecteurs nous lisent chaque jour.