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dimanche 18 mars 2012

Coup de foudre musical : "Dilouya's faithful circus"

Je parle très peu de musique sur mon blog car mes coups de cœur sont vraiment très rares. Il faut dire qu’à mon petit panthéon personnel section Soul/funk figurent Mickael Jackson, Jamiroquai, Marvin Gaye, les Brand New Heavies et bien sûr Stevie Wonder : la barre est donc très haute. Fait aggravant, je suis toujours en retard d’une tendance (je suis une late adopteuse, l’inverse d’une early adopteuse) : pour vous donner un exemple, j’ai vu mon premier épisode de « Bref » il y a 2 mois. Quand j'ai tweeté mon enthousiasme au sujet de la série en janvier dernier, quelqu’un m’a dit que j’avais atteint le point Tania. J’aurais aimé répondre du tac au tac mais je suis tellement à la ramasse que j’ai été obligée de chercher sur Google la signification de cette expression sibylline.

Décodage : « En référence à Tania Bruna-Russo du Grand Journal, dont les chroniques musicales sont généralement dépassées. Cette expression se dit donc lorsqu’on découvre un truc 10 ans après tout le monde. » . Pas faux.

Sauf que pour une fois, j’ai eu le privilège de découvrir avant le grand public un petit bijou de soul et de funk prénommé « Dilouya’s Faithful Circus » et je n’en suis pas peu fière. Rassurez-vous, je n’ai pas été miraculeusement touchée par la fée de la hype : Romain, le talentueux compositeur, producteur et multi-instrumentiste en question n’est autre qu’un copain d’enfance de mon frère.

Je le suis de loin depuis ses débuts et ai donc pu acheter son album hier avant que le grand public ne s’empare du phénomène. Mon frère, avec qui j’ai 9 ans d’écart, a toujours eu des copains très cools. Je me souviens très bien de Romain enfant : une sacrée personnalité, un caractère bien trempé et un humour décapant. En maternelle, c’était le seul gamin de l’école à avoir des chaussures imprimées zèbre par exemple. Le seul également à ne pas vouloir se déguiser au carnaval de l’école ou à être fan de Mickael Jackson. Je me souviens aussi de son clavier et de sa batterie dans sa chambre alors que les gosses de son âge ne pensaient qu’à jouer aux petites voitures. Tous ces petits détails présageaient une carrière hors du commun…

Pourtant, en glissant le CD dans ma chaine hier, je n’imaginais pas prendre une si grande claque musicale ! Il faut dire que je méfie un peu de tous ceux qui convoquent les morts de la soul pour un oui pour un non, à l’image de « Ben Oncle Soul » et autres « Raphael Saadiq ». Tous ces succédanés d' esprit Motown qui se contentent de piller les grands noms et leur sépulture car ils ne sont pas capables de créer autre chose. En quelques secondes d’écoute, j’ai tout de suite compris que ce qui sortait de mes enceintes ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu écouter auparavant. Bien entendu, Dilouya plonge aux racines de la soul et du groove pour teinter son album des sonorités chaudes des années 70. Dans « Time’s gone » une de mes chansons préférées, on ne peut s’empêcher d’y reconnaître l’influence de Stevie Wonder par exemple. Le talent de Romain c’est d’assumer cette paternité tout en l’enrichissant d’une modernité incroyable : alors que les sons de l’auteur de « Superstition » peuvent paraître un peu datés aujourd’hui, Dilouya leur offre un sacré coup de jeune en leur apportant une fraîcheur et une créativité hors du commun. Pour cela, il s’est entouré de la crème des interprètes en leur confectionnant des petits bijoux sur-mesure : Omar, Hugh Coltman, Merlot, Juan Rozoff, Sandra Nkake, N'Dea Davenport et Sly Johnson, pour n’en citer que quelques uns. Ils apportent à l’album une couleur et des contrastes qui l’enrichissent considérablement et nous offrent un voyage teinté de magnifiques références : dans « Running away », j’ai croisé l’âme de Marvin Gaye, « Right Time » m’a fait replonger dans mes années « Brand New Heavies ». Quant à « Goodbye », elle m’a fait penser à « Benny and the Jets » d’Elton John.

Il n’y a absolument rien à jeter dans ce petit bijou qui tourne en boucle depuis hier chez moi!

Alors, si comme moi, vous voulez éviter l’« effet Tania », précipitez-vous dès maintenant à la Fnac, sur Itunes ou sur Amazon pour acheter l’album « Dilouya’s Faithful Circus », qui sera à coup sûr la révélation de l’année 2012 !

jeudi 15 mars 2012

Mon top 10 des trucs que l'on a honte d'aimer (2ème partie)

Allez, on continue dans le palmarès de la lose avec la 2ème partie de mon top 10 des trucs que l'on a honte d'aimer!
6°) Les films d’Aldo Maccione
« Plus beau que moi tu meurs », « Par où t’es rentré on t’a pas vu sortir » et surtout « l’aventure c’est l’aventure » sont autant de films que je revois avec un plaisir non dissimulé et dont je guette les rediffusions ! Pour la petite histoire, Aldo était notre voisin du dessus et est devenu un très bon copain de mes parents. Je me souviens des soirées enfumées et interminables, très souvent arrosées qui se terminaient fatalement par le récit des coulisses de tournage ou du palmarès des multiples conquêtes d’Aldo. Ses plats de pastas incroyables, son rizotto divin, son sens de la fête et son franc parler sont eux aussi restés gravés à jamais. Ce que j’aurais aimé oublier en revanche, c’est ma participation à un de ses films. J’y jouais une nageuse de natation synchronisée, en maillot rose fluo qui passait son temps à poursuivre l’acteur principal en criant « Aldooooo ». Il avait insisté pour qu’on me rajoute une scène, dans laquelle je devais lui rentrer dedans et faire tomber mon sac, genre coup de foudre Impulse. Malheureusement, soit je n’arrivais pas à faire tomber mon sac, soit j’oubliais mon texte ou bafouillais : la scène a donc été tout bonnement supprimée au montage. Une casserole dont je me passe très bien aujourd’hui finalement.
7°) La couette à bras

Un soir d’hiver, dans le lit, mon ordi sur les genoux j’ai lancé à mon mari « Oh la vache j’ai envie d’un truc là tout de suite ». Je vous laisse imaginer sa déception quand il a réalisé que mon objet du désir s’appelait la couette à bras. Ok, c’est comme les pyjamas en pilou, c’est anti-glamour au possible mais qu’est ce que ça doit être bon ! Pouvoir lire ou tapoter sur son ordi avec les bras bien au chaud ça doit ressembler au nirvana, à quelques choses près. Seul hic, ce rêve a un prix, 200€ quand même…Si Nathalie Mauger, la créatrice passe par là, je suis ok pour un billet sponsorisé !
8°) Claude François
Encore un truc pas glorieux intimement lié à mon enfance. Je me souviens tout particulièrement du jour de la mort de Claude François, c’était un samedi et j’avais 5 ans. Je revois encore mon père rentrer précipitamment à la maison en nous annonçant d’une voix blanche« Claude François est mort ». Je me souviens de ces images de lui passant en boucle et de mon incompréhension de petite fille « mais il n’est pas mort, on le voit à la télé ». Aujourd’hui encore, je reste fascinée par le personnage, ses ambiguïtés et son génie méconnu. Son côté psychorigide, autoritaire et en même temps si seul et peu sûr de lui m’intrigue. Son maquillage, ses tenues de scène extravagantes contrastent si fortement avec une certaine désillusion que je ne peux m’empêcher de vouloir en savoir plus sur le personnage. Et puis musicalement, ce type était un génie : très bon musicien, sachant jouer de plein d’instruments, il était aussi un excellent danseur et surtout un visionnaire, malheureusement peu reconnu. Je n’ose pas imaginer ce qu’il serait devenu aujourd’hui à 73 ans…
9°) Le crazy horse
Alors là je m’attends au lynchage en place publique : quoi une nana qui se dit féministe et qui fait l’apologie de la femme objet ? Dans ma bio, y a écrit « 1m77 de contradictions » c’est pas pour rien les cocos.
Quand j’ai quitté ma boite, j’avais dit à mon mari que je rêverais d’aller au Crazy Horse pour fêter ça (il était plutôt content, d’habitude je l’emmène voir des trucs moins funs). C’était quelque chose que j’avais vraiment envie de faire depuis longtemps. J’avais vu il y a quelques années un documentaire sur ce lieu mythique et j’avais été passionnée par la vie de ces filles : la discipline militaire, le fait qu’elle ne soient jamais en contact direct avec les hommes, les chorégraphies réglées au cordeau, les Louboutins vertigineuses et surtout ces noms évocateurs : « Zonnie Rogene», « Volta Rene » ou « Nooka Karamel »…
Sans oublier le vrai travail artistique qu’il y a derrière : les lumières, les musiques, les enchainements et la mise en scène sublime de Decouflé.
D’ailleurs, si j’ai eu envie l’année dernière d’avoir une frange c’est n’est pas un hasard mais l’envie de ressembler un peu aux danseuses du Crazy. Question petits seins hauts et corps sculptural on repassera bien évidemment…
10°) Le karaoké
Dans les années 90, pendant que vous écumiez les soirées branchées ou les boîtes à la mode, je passais mes samedis soir dans les karaokés avec ma cousine Joanne (je tairai son nom de famille par souci d'anonymat). On avait nos petites habitudes : même plus besoin de choisir nos chansons favorites dans le classeur, on glissait le papier avec leurs numéros qu’on connaissait par cœur dans la main de l’animateur. Pour moi « Greatest love of all », pour ma cousine « I will survive , sur fond de clips ultra kitchs où des jeunes amoureux asiatiques couraient l’un vers l’autre au ralenti. Désormais, quand mes enfants m’empêchent de chanter à tue tête Whitney Houston ou monopolisent l’auto-radio de la voiture je m’imagine un micro à la main chanter « Emmenez moi, au bout de la terre »...

mercredi 14 mars 2012

Mon top 10 des trucs que l'on a honte d'aimer (1ère partie)

Sur Twitter, il est de coutume le jeudi de jouer au « jeudi confession » en avouant des choses plus ou moins impliquantes.
Je m’y prête rarement car il me faudrait bien plus de 140 caractères pour expliquer ce qui se cache derrière ces petites hontes du quotidien.
Alors qu’ hier je twittais « je ferais bien un billet sur mon top 10 des trucs inavouables », @Poupimali m’a prise au mot en me répondant « on pourrait en faire une chaine. Genre les 10 choses inavouables que l'on aime quand même ». Je ne pouvais décemment pas décliner une invitation pareille !
Pour faire durer le plaisir et parce que je ne sais pas faire court, voici la première partie de mon top 10 !
1°) Les « mon chéri »
Lors d’un dîner, si vous souhaitez susciter de l’intérêt ou créer une polémique, ne parlez pas du conflit israélo-palestinien ou de la présidentielle. Dites simplement que vous aimez, comme moi, les « mon chéri ». Vous verrez alors avec délectation des paires d’yeux circonspects, teintés à la fois d’interrogation et de dégoût se tourner vers vous et vos serez le centre d’attraction de la soirée! Pourtant cette attirance est difficilement explicable rationnellement : je n’aime pas l’alcool et je ne raffole pas du chocolat. Mais la combinaison des 2 est tout bonnement irrésistible : sentir le chocolat craqueler sous mes dents et libérer la liqueur sirupeuse est un grand moment de festival des papilles ! Les mots sont bien vains par rapport à l’intensité des sensations et je ne me l’explique pas moi-même : un peu comme la nana intello et torturée qui craquerait à son corps défendant pour un prof de body-building décérébré !
2°) Les blogs beauté
J’ai travaillé 11 ans pour une grande marque de cosmétique, pour autant, je ne me maquille que très rarement. Ma trousse ne contient qu’un fond de teint, un eye liner, un mascara et un rouge à lèvre et je ne sais toujours pas poser une ombre à paupières. Pourtant, je ressens une fascination quasi-hypnotique pour les blogs beauté, particulièrement celui de « Mon blog de fille ». Quand je lance une vidéo, j’oublie l’idée d’espace et du temps et je voyage dans une contrée où les femmes ont 60 types de pinceaux différents. Tel un anthropologue découvrirait une peuplade étrange je l’écoute avec fascination nous expliquer que pour un maquillage « rapide et quotidien » il ne faut pas moins de 11 produits et 30 minutes de préparation. Je crois qu’au-delà de la beauté, c’est l’expertise de toutes ces filles qui m’impressionne. Moi, l’experte en pas grand-chose, j’admire ces gens qui arrivent à faire des bancs d’essai de tout et de rien et à investir autant de passion dans un eye-liner.
3°) Les romans photos

Comme l’odeur de la coriandre, ou le son du rod (le luth version arabe), les romans photos sont un peu ma madeleine de Proust à moi.
Après avoir passé la matinée à récurer ou à cuisiner, ma grand-mère maternelle s’accordait chaque mercredi après-midi une sieste bien méritée en ma compagnie. Mais ni elle ni moi ne dormions. Calée sur ses bras dodus, je lisais en secret les romans photos dont elle raffolait. Je découvrais alors un monde peuplé de secrétaires brushinguées enamourées de leur patron et de princes charmants du dimanche au regard tourmenté. « C’est donc ça la vraie vie » me disais-je d’un air rêveur, jusqu’à ce que ma grand-mère sombre dans le sommeil en faisant tomber son « Nous 2 ».
4°) L’agenda papier
J’ai un Iphone et travaille dans le domaine des nouvelles technologies, pour autant j’écris toujours mes rdv sur un vieil agenda papier. Un anachronisme qui m’a valu cette réflexion d’un de mes anciens boss : « Un agenda papier ? Mais c’est so 1820 ! ». Mon vieux Filofax en cuir marron buriné par les ans c’est un peu un condensé de ma vie : j’y trimballe les photos de mes enfants et de mes parents, les cartes de visite de mes restaurants préférés, mes ordonnances et des vieux tickets d’expos. J’aime l’odeur et la sensualité du papier, j’aime archiver mes anciens agendas et y jeter un œil quelques années après. Ce n’est surement pas mon Iphone qui me rappellerait que ce 30 griffonné à la main en février 2005 correspondait au taux de la première prise de sang qui allait confirmer ma grossesse !
5°) La danse de salon
En tant qu’ex ado des années 90, je n’ai pas pu passer à côté de la folie « Dirty Dancing » de l’époque. Je ne pensais pas que, des années après, je serais toujours fascinée par ces tournois de danse sportive qui passent épisodiquement sur le câble. Vues de l’extérieur, ces émissions peuvent paraître incroyablement kitschs et ringardes : coiffures gominées, bronzage orange, faux ongles et tenues strassées font partie systématique de la panoplie des danseurs. Sans compter les chemises ouvertes des hommes et les mini-robes pailletées des femmes. A bien y réfléchir, je crois que c’est le mélange des genres qui me fascine : l’extrême rigueur des pas, le soin minutieux apporté aux costumes alliés à la sensualité affriolante des danses. Les enchainement réglés au cordeau et l’érotisme torride des déhanchés. Le chaud et le froid, la sensualité et la technique, la superficialité et le travail acharné, c’est tout ça à la fois la danse de salon. Une jolie métaphore résumée prosaiquement en quelques mots par nos philosophes de « Dirty Dancing » : « Allez Allez ! Remuez-vous ! Si le Bon Dieu vous a donné une paire de nibards, c’est pour les secouer ! »

Edit : le billet de Poupimali est ici, celui de Marie ici

lundi 12 mars 2012

Tu ne seras pas sexiste mon fils!

Comme 35 000 élèves de CP et de CE1 à Paris, mon fils a répondu un questionnaire dans le cadre de l’opération « Filles et garçons, cassons les clichés ». Organisée par la fédération de Paris de la ligue de l’enseignement, cette action a pour but d’interroger les élèves sur la question du genre, de remettre en cause les idées préconçues et d’aborder les évolutions de la condition féminine et masculine en favorisant le dialogue et le débat.

Mon fils a donc répondu récemment à un test à base d’images d’ours non sexué représenté dans différentes activités. Pour chacune d’entre elle il devait dire s’il s’agissait de Madame Ours, Monsieur Ours ou les deux.

Je l’ai interrogé hier soir pour comprendre ce qui a conditionné ses réponses.

1ère image

Un ours avec un fer à repasser.

Réponse de mon fils : « J’ai dit Madame Ours car papa, on ne le voit pas beaucoup repasser ».

En effet, c’est en général moi qui m’y colle, mais le plus rarement possible. Je donne les chemises de mon mari à repasser mais le reste c’est de mon ressort. Je dois repasser une fois par mois et fais le minimum (pas les draps, les jeans etc…), pourtant ça a suffi à marquer l’esprit de mon fils !

2ème image

Un ours qui lit un livre

Réponse de mon fils « J’avais répondu les 2 dans ma tête mais j’ai vu que mon voisin avait mis Monsieur Ours donc j’ai fait pareil ».

Est ce que mon fils a senti que j’étais particulièrement vexée par cette réponse ? Je promets que je ne lui ai rien laissé entendre! Pourtant c’est vrai que cette réponse me hérisse les poils surtout que la littéraire de la famille c’est moi, celle qui se trimballe toujours avec un livre dans les mains et emmène ses enfants tous les mois à la bibliothèque aussi ! On va néanmoins laisser le bénéfice du doute à mon fils et invoquer le conformisme…

3ème image

Un ours qui tient une casserole

Réponse de mon fils « J’ai mis Madame ours car c’est toujours toi qui fais la cuisine »

Là encore, rien à dire, au quotidien c’est souvent moi qui suis derrière les fourneaux. Preuve de l’importance de la valeur d’exemple donné par les parents…

4ème image

Un ours tient un pinceau et un pot de peinture

Réponse de mon fils « J’ai mis Monsieur Ours car les ouvriers qui sont venus repeindre la maison la semaine dernière c’était tous des garçons »

Pour une fois, il n’a pas pris ses parents comme référents ! Il faut dire que ni son père ni moi-même ne sommes bricoleurs, ceci doit expliquer cela !

5ème image

Un ours donne le biberon à son bébé

Réponse de mon fils : « Les 2. Papa s’occupe autant de nous que toi ».

Enfin une réponse paritaire ! En effet, mon mari a depuis toujours été très impliqué dans l’éducation des enfants. A la naissance de mon fils, j’ai fait une dépression post-partum carabinée et c’est lui qui a pris le relais. Il a vraiment joué le rôle d’une maman bis et je pense que mon fils s’en souvient. Au quotidien, il joue aussi beaucoup plus avec eux que moi : autant les activités manuelles ou les sorties m’enthousiasment autant les jeux d’imagination m’assomment. C’est donc avec leur père qu’ils jouent à la poupée, construisent des légos ou font des combats d’épées. Pendant que je fais à manger ou range la maison hein faut pas rêver !

6ème image

Un ours qui conduit un vélo

Réponse de mon fils « J’ai mis Monsieur Ours car c’est papa qui m’a appris à faire du vélo »

Rien à dire à ce sujet !

7ème image

Un ours avec une écharpe tricolore

Réponse de mon fils « J’ai mis Monsieur Ours car Sarkozy est un garçon et que je n’ai jamais vu de femme présidente ».

Je lui ai quand même expliqué que les maires portaient aussi l’écharpe tricolore et que des maires au féminin cela existait déjà !

8ème image

Un ours devant un ordinateur

Réponse de mon fils : « J’ai mis les 2 car toi et papa travaillez beaucoup sur vos ordinateurs »

Mon mari a même rajouté « étonnant qu’il n’ait pas mis Madame Ours uniquement ! ». C’est vrai que la geek de la famille c’est moi !

A la lecture de ces réponses, on voit bien que la parité n’est pas encore une chose acquise dans l’esprit de mon fils. Entre la théorie et la pratique, il y a parfois un gouffre…Au quotidien, j’essaye de lutter de mon mieux contre les préjugés mais il sont parfois si profondément ancrés que je me surprends parfois à sortir des énormités à ma fille « Ne dis gros mots, ce n’est pas joli dans la bouche d’une petite fille » (en quoi serait-ce pire dans la bouche d’une fille que d’un garçon ?). Je réalise aussi que je l’appelle souvent « ma poupée » alors que j’appelle son frère « mon chat » .

Ces mots ont un sens : un objet que l’on habille et que l’on coiffe est différent d’un petit animal qui peut sortir les griffes. A mon corps défendant, je me rends compte que je la complimente davantage sur son physique que son frère, chez qui je valorise inconsciemment beaucoup plus la réussite intellectuelle.

Après lui avoir offert plusieurs bébés et poupées, j’ai réalisé finalement qu’elle adorait les puzzles et les jeux de construction, jouets que l’on n’offre pas spontanément aux filles. Depuis, elle est devenue experte et très habile dans un domaine que n’aurais pas naturellement pensé à explorer. La lutte pour la parité ne va donc pas forcément de soi, tant notre histoire personnelle et notre environnement sont façonnés de conditionnements inconscients. Je tente à ma façon de lutter au quotidien contre ces automatismes désastreux mais c'est davantage une gymnastique de l'esprit qu'un penchant naturel.

La valeur d’exemple parental est par conséquent fondamentale : néanmoins elle ne fait pas tout. Je discutais à ce sujet avec une maman sur Twitter qui me disait que ses 2 enfants avaient fait le test et avaient eu des résultats très différents, son fils ayant mis des « Monsieur ours » partout ! Pourtant, ils avaient reçu la même éducation !

En effet, le sexisme est insidieux va bien au-delà de la sphère familiale: dans les livres pour enfants par exemple, les héroïnes féminines sont plus rares et cantonnées dans des tâches domestiques alors que les personnages masculins travaillent à l’extérieur. Les explorateurs et aventuriers sont les petits garçons alors que les héroïnes féminines sont passives et attendent le prince charmant.

Les vêtements conditionnent également notre vision du monde : les chaussures à talons entravent la marche (comme le faisaient les grandes jupes à crinoline de l’époque), les tenues hypersexualisées et soutien-gorges rembourrés jusque là réservés aux femmes envahissent les rayons enfants. Petit Bateau a même récemment crée le (bad) buzz en lançant une gamme de bodys ultra-stéréotypés.

L’école, enfin, peut parfois enfermer les enfants dans des stéréotypes : on encourage les garçons à prendre la parole alors que l’on attend des filles qu’elles soient obéissantes par exemple.

Par ailleurs, une étude commandée par la Halde en 2008 avait montré que les manuels scolaires n’étaient pas exempts de discrimination sexiste. L’analyse de 29 manuels de collège et lycée reflétait ces stéréotypes, en terme de choix de métiers notamment : s’ils comptaient 3 fois plus d’images masculines que féminines, les premières mettaient dans un quart des cas l’homme en situation dominante.

Par curiosité, je me suis penchée sur le livre de lecture de mon fils : surprise, on y compte 2 héroïnes féminines et un héros masculin !

Pourtant, malgré cette sur-représentation, les stéréotypes ne sont jamais loin : la première est « une petite fille en sucre », la seconde s’appelle « la sorcière Petassou » (oui, oui, vous avez bien lu ! A quand la sorcière pouffiassette ou Bimbo ?). Le petit garçon, quant à lui, fait forcément des bêtises.

Entre l’image de la petite fille fragile ou de la sorcière, il y a encore des progrès à faire en terme de valorisation féminine au sein des manuels scolaires…

jeudi 8 mars 2012

Ma participation à la journée des droits des femmes




Thierry Do Espirito m'a interviewée au sujet de la place des femmes sur internet dans le cadre d'une conférence donnée à l'occasion de la journée des droits des femmes. Soyez indulgents, l'oral n'est pas vraiment mon fort et je suis loin de maitriser l'exercice!

J'ai également publié un article sur Slate que vous pouvez lire ici au sujet du marketing genré et du sexisme. J'y liste le top 10 des produits pour femmes les plus étranges.

Bonne lecture!

Edit : Le site "Paul Emploi" parle également de cet interview et de cette étude ici


lundi 5 mars 2012

Les 7 types de personnes que l'on adore détester sur Twitter

« It’s a small, small world, la la la la » pourrait être l’hymne de Twitter (ne me remerciez pas de vous avoir mis la chanson dans la tête pour la journée).

En effet, que vous suiviez une dizaine de personnes ou un millier, le réseau social vous apparaitra tour à tour comme un village ou une mégapole.

Une constante néanmoins : à l’image de tout groupe social, celui-ci agrège un certain nombre de « personnalités types » que je vais tacher d’énumérer ici.

Je vais m’intéresser aujourd’hui aux utilisateurs que l’on adore détester : les casse-pieds, lèche-bottes et autres attention whores que l’on retrouve dans toute TL normalement constituée.

1°) Le newbie

On a tous dans nos amis Facebook un vieux copain de primaire à l’humour si fin qu’il ferait passer Cauet pour un poète ou une copine qui nous abreuve de photos de ses gosses à longueur de temps (celle-là même qui a jugé bon mettre en ligne son test de grossesse encore fumant). Sur Facebook, on regarde tout ça d’un œil distant voire on masque leur activité quand ils sont trop envahissants. Mais depuis que tous les médias nous martèlent qu’il faut être sur Twitter, voilà qu’ils ont décidé eux aussi de débarquer avec leurs gros sabots. Evidemment, ils n’y comprennent rien et ils vous ont choisi pour être leur pygmalion ! Depuis les mentions pleuvent « c’est quoi un FF ? » « Je peux écrire aux gens qui ne me suivent pas ? » « Comment je fais pour avoir plus d’abonnés ? ». Pour les aider, vous décidez, dans votre grande mansuétude, de les FF (les recommander à vos abonnés) en pensant que personne ne suivra vos conseils, vue votre influence proche de zéro. Manque de bol, il y en quand même qui vous font confiance : « Aujourd’hui, j’ai décidé de suivre @legrosroger sur les conseils de @lagrandesofie ». Et là, vous rongez votre frein quand vous voyez le copain en question balancer à tour de bras des vannes graveleuses et des commentaires déplacés ou la copine mettre en ligne ses photos d’échographie. Soyez patient, en général, ils se lassent d’eux-mêmes en constatant rapidement que leur bavardage vide de sens n’intéresse pas grand-monde. Et ils demandent l’asile politique sur Facebook.

2°) Le personal branler

On connaît tous le « personal branding », l’art de faire soi-même une marque afin de se faire remarquer dans la jungle des réseaux sociaux. Le « personal branleur » va un cran plus un loin en faisant fi du sens du ridicule (et de son humilité par la même occasion). Ca commence par la photo de profil de winner : costume cravate, doigt levé. Ca continue dans la bio : le personal branler a, comme les chats, 7 vies : il est forcément expert, coach, community manager, auteur, spécialiste, conférencier, photographe (oui, oui, tout ça à la fois). Et chaque mot compte : s’il a ouvert plusieurs sociétés et à chaque fois déposé le bilan il se décrira comme « serial-entrepreneur » (plus valorisant que serial loser). S’il tient un blog, il se décrira comme « chroniqueur » pour se démarquer de la plèbe. Tel Alain Delon, il n’hésitera pas à parler de lui à la 3ème personne en précisant « vous l’avez lu la première fois ici » ou à RT les mentions élogieuses concernant. Enfin, il s’adonnera régulièrement aux concours de zezettes avec ses pairs en comparant leurs scores Klout respectifs. Si le sujet vous intéresse, les plus beaux spécimens sont répertoriés ici.


3°) Le fan

Pour certains utilisateurs, Twitter ressemble à un Disneyland géant : comme les enfants poursuivent les peluches déguisées enfin accessibles pour obtenir un autographe sur leur carnet, certains harcèlent les VIP en vue d’attirer leur attention. Mais pas celles qui sont hors de portée, comme Lady Gaga ou Justin Bieber. Ici il s’agit de personnalités plus abordables comme David Abiker, Guy Birenbaum, Lise Pressac, Eric Besson ou encore Bernard Pivot. Tout y va : la flatterie, les mentions à répétition, les FF et RT de complaisance dans l’espoir d’être un jour remarqué. Quand la célébrité dit « Tiens, je vais aller du pain », il y a derrière 10 personnes qui répondent « Quelle brillante idée, vous êtes décidément génial ! » « N’oubliez pas de faire la monnaie LOL » « J’ai une machine à pain, la prochaine fois, donnez moi votre adresse je vous en enverrai ». Et gare au people qui ne répond pas dans la seconde à sa horde de fans ! Il risque la lapidation en place publique pour délit de grosse tête !


4°) L’homme sandwich

Il a lu dans le journal que Twitter était une formidable caisse de résonance alors il a décidé d’en être sans comprendre vraiment qu’il faut d’abord beaucoup donner avant de pouvoir récolter les fruits de ce que l’on a semé. A peine son compte ouvert, il balance des liens vers son blog plusieurs fois par jour, demande aux gens d’aimer sa page Facebook sans rien offrir de pertinent en échange. Dans sa quête ultime de reconnaissance, il va jusqu’à quémander des RT afin d’obtenir des followers supplémentaires « allez plus que 3 followers et j’arrive à 100, merci de RT ». C’est un peu le Jean-Claude Convenant de Twitter, avec sa chemisette jaune et son attaché case sous le bras.

5°) L’attention whore

Expression anglosaxonne difficilement traduisible, l’attention whore est une personne qui cherche par tous les moyens à attirer l’attention sur elle. Ca passe par des photos très avantageuses, voire dénudées postées régulièrement, des statuts sibyllins « Je ne vais pas très bien mais je ne peux pas en dire plus », des clashs pour des raisons futiles suivis immédiatement d’une posture de victimisation ou encore de grossières tentatives de séduction. Même si l’expression « whore » (prostituée) laisse entendre que c’est un mal féminin, il n’en est rien, les hommes peuvent également en souffrir ! Derrière un « hater » se cache d’ailleurs souvent un « attention whore » !

6°) L’obsessionnel


Pour lui, Twitter n’est pas qu’une simple occupation, c’est presqu’un métier. Il scrute en permanence l’information qui fera la différence pour pouvoir la diffuser avant tout le monde grâce à une veille très pointue. Il surveille constamment son nombre d’abonnés grâce à des outils très perfectionnés et vit très mal lorsqu’il subit un unfollow. Pour pouvoir encaisser cette claque à l’égo, il ressent le besoin de crier cette injustice au monde entier : « Adieu @machinbidule, tant pis pour moi ».

7°) Le robot


Un robot sur Twitter ne ressemble pas à R2D2, en dépit de ce que l’on pourrait penser. Il, ou plutôt elle, a généralement un prénom en « a », une photo très dénudée et annonce dans sa photo de profil qu’elle aime les hommes. Autre variante, la photo d’œuf, avec zéro follower qui va vous spammer avec des pubs pour du Viagra ou des penis enlarger. Pas de pitié pour les robots, on les bloque et on les signale comme spams !

Voilà en quelques lignes la liste non exhaustive des 7 types de casse-pieds que l’on peut rencontrer sur Twitter. A la différence de la vie réelle, Twitter permet de les unfollower voire de les bloquer ! A quand ce genre de possibilités IRL ?

dimanche 4 mars 2012

Ce que Facebook dit de nous : portraits-robots d'utilisateurs

Article publié en 2011 sur le magazine en ligne Suite 101

Avec 1 milliard d'utilisateurs actifs attendus pour aout 2012, Facebook a atteint sa phase de maturité.

Le réseau social est devenu un microcosme, où se côtoient votre voisin, votre collègue de bureau ou même votre mère. Chacun montre beaucoup de lui-même et des profils types émergent de cette mise en scène de soi.

Tour d’horizon du réseau social en quelques portraits robots.

L’ado

Que ce soit votre neveu, votre frère ou le fils d’une amie, vous avez certainement un ado dans vos contacts. Normal, selon une enquête réalisée en 2009 par e-enfance sur Facebook*, 56% des 13-18 ans sont inscrits sur Facebook et ce pourcentage monte à 67% pour les filles de 13 à 18 ans. On reconnaît l’ado au nombre faramineux de ses amis (en général pas moins de 200) et à sa suractivité sur le réseau. En effet, rompu aux usages des nouvelles technologies, il en use et abuse: autoportraits avantageux avec moue langoureuse, pléthore de photos dans tous les moments quotidiens (collège, sorties…): tout est l’occasion de se mettre en scène. Il réactualise également très régulièrement ses statuts (souvent sibyllins pour le commun des mortels) pour rendre compte de ses échecs ou réussites dans les domaines scolaires, sentimentaux ou amicaux. Chaque intervention est largement commentée par ses amis, même si ce n’est que pour ponctuer d’un «lol». Contrairement aux jeunes adultes qui font preuve de plus de retenue, les ados n’hésitent pas à se dire qu’ils s’aiment (JTM) par le biais d’applications, de photos taguées («mon après-midi avec Emilie: JTM ma chérie») ou encore de message postés sur le mur à la vue de tous.

Votre mère

Les seniors sont sur Facebook. Alors qu’en 2007 seulement 1/3 d’entre eux avaient un profil, ils sont désormais 47%. Pas étonnant, donc, que vous receviez un jour une demande d’ami de la part de votre propre mère. Attention, une petite formation s’impose au risque qu’elle prenne votre mur pour une messagerie perso ou qu’elle taggue des photos de vous en couches. Contrairement aux ados, elle n’utilise pas Facebook pour se mettre en scène mais davantage pour rester en contact avec la famille ou des amis d’enfance. Si elle est active sur le réseau comme 50% des seniors utilisateurs, elle commentera régulièrement vos statuts ou photos, façon détournée pour elle de prendre des nouvelles sans paraître intrusive. Si cela vous gêne, il existe des façons de paramétrer votre profil pour qu’elle n’ait pas accès à l’ensemble de vos informations.

La «mariée fière de l’être»

Comment reconnaître une «mariée fière de l’être» (expression empruntée au Journal de Bridget Jones) sur Facebook? Facile, il s’agit d’une jeune mère de famille (pas forcément nombreuse), qui utilise le réseau pour prouver que sa vie est une publicité pour le bonheur. Si vous êtes dans ses amis vous aurez le droit régulièrement aux belles photos de ses enfants, bien peignés et en rang d’oignon en toutes occasions (en vacances, pour l’ anniversaire, sur le pot). Vous suivrez en temps réel leurs exploits («Aujourd’hui Léa à un mois et 6 jours») et leurs déconvenues («Théo est constipé: qui a un conseil?»). Ces mamans épanouies s’oublient tellement derrière leur progéniture qu’elles utilisent généralement la photo de leurs enfants comme illustration de leur profil.

Le fantôme

Le fantôme est un utilisateur inactif. On le reconnaît souvent au fait qu’il n’ait même pas pris le temps de renseigner sa photo de profil, remplacée par défaut par la silhouette fantomatique bleue de Facebook. Il existe 2 types de profils fantômes: celui qui n’a jamais vraiment compris les arcanes du réseau social et qui n’a pas envie de s’y plonger davantage et celui du voyeur qui ne veut rien montrer de lui mais veut bien aller zieuter les profils des autres. Dans les deux cas, pas d’état d’âmes, configurez votre profil pour ne lui laisser voir également que le minimum d’information à votre sujet.

Le No-Life

«Elle vit sa vie par procuration» chantait Jean-Jacques Goldman, cela pourrait être l’hymne de nombreux utilisateurs qui passent presque autant de temps sur Facebook qu’IRL (In Real Life, la vraie vie). Le No-life, utilisateur hyperactif, est l’opposé du fantôme. Il réactualise ses statuts quotidiennement (voire plusieurs fois par jour), commente à la vitesse de l’éclair les statuts de ses amis et vous inonde de pokes et d’applications toutes plus inutiles les unes que les autres. Vous savez tout de ses amis, ses amours, ses emmerdes car le No-Life ne met aucun filtre, certain que sa vie passionne le web planétaire. Si l’envie de le supprimer de vos amis vous titille, réfléchissez-y bien car le No-Life suit de près le nombre de ses contacts et pourrait en être très affecté !Il existe une manière plus douce de l’évincer, en masquant d’un clic son activité (dans le fil d’actualité, cliquer sur le profil en question puis sur «masquer»)

L’homme sandwich

L’homme sandwich a bien compris l’effet «caisse de résonance» de Facebook et a décidé de l’utiliser pour son marketing personnel. Qu’il soit musicien amateur, écrivain non publié à ses heures ou tout simplement chef d’entreprise, vous aurez droit au compte-rendu fidèle de ses réalisations, serez sollicité pour des contacts ou des votes. Ses «amis» sur Facebook ne sont pour lui qu’un gigantesque carnet d’adresse, viviers de futurs clients ou lecteurs et vous n’obtiendrez que très peu d’informations personnelles le concernant.

Et vous, quel utilisateur êtes-vous?