> Les super-héroïnes DC Comics : réelle avancée ou énième ghetto rose ?

lundi 4 mai 2015

Les super-héroïnes DC Comics : réelle avancée ou énième ghetto rose ?

En février dernier, on avait beaucoup entendu parler de Rowan, petite fille de 11 ans qui avait écrit une lettre à DC Comics pour lui demander davantage de super-héroïnes au sein de ses histoires. 


"J'adore les super-héros et je lis des comics et regarde des dessins animés et des films de super héros depuis que je suis très jeune. Je suis une fille, et je suis contrariée parce qu'elles ne sont pas très nombreuses les super héroïnes dans les films et les bandes dessinées de DC" écrivait-elle alors. 

Elle pointait également l’hyper-sexualisations des super-héroïnes : "Si Batman doit porter une armure, pourquoi Wonder Woman n’en porte-t-elle pas ? Je sais qu’elle est invulnérable, mais ce serait quand même mieux si elle ne portait pas tout le temps un maillot de bain"…


Super Rowan

DC comics a écouté la petite fille, en lui offrant tout d’abord un dessin la représentant en « Super Rowan » puis en annonçant le lancement de « Super héros Girls » à partir de l’automne prochain. 


Dans cette série, on suit ainsi les aventures des super-héroïnes et super-vilaines avant qu’elles ne découvrent leurs pouvoirs : Wonder Woman, Supergirl, Batgirl, Harley Quinn, Bumble Bee, Poison Ivy, Katana et bien d’autres ont d’ailleurs été relookées à cette occasion (exit le maillot de bain pour Wonder Woman). Une plutôt bonne nouvelle donc.

« DC Super Hero filles représente l’incarnation de notre stratégie à long terme pour exploiter la puissance de nos divers personnages féminins. Je suis heureux que nous puissions offrir des modèles pertinents et forts d’une manière unique, juste pour les filles » a ainsi expliqué Diane Nelson, présidente de DC Entertainment.

Juste pour les filles. DC Comics nous refait donc le même coup que Lego Friends et ses briques rose bonbon, ses salons de beauté et ses figurines sexualisées. Plutôt que d’essayer d’intégrer ses super-héroïnes au sein d’aventures mettant en scène également des super-héros, l’éditeur crée un ghetto rose. Dans les magasins de jouets, nous aurons donc un rayon super-héros filles et un rayon super-héros garçon, une classification genrée de plus. Comme s'il n'y en avait pas suffisamment...

Ne vous méprenez : je trouve l’initiative malgré tout globalement enthousiasmante. J’apprécie grandement que les petites filles puissent avoir des modèles alternatifs qui se démarquent des éternelles princesses ou fées. Pour autant, je ne me résous pas à l’idée qu’il y ait toujours des héros « spécial filles » et d’autres « spécial garçons ».

Et je crains que les aventures de nos « Super héros Girls » ne soient aussi caricaturales que le costume de la Barbie « princess power », en mini-jupe et cuissardes à talons rose bonbon… 



 A suivre donc !