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mardi 11 novembre 2014

L'heure du bilan


Mon blog a fêté ses 3 ans en septembre dernier.

Je n’en ai pas parlé parce que je n’aime pas particulièrement les anniversaires.

Et puis j’ai une très mauvaise mémoire des dates (je suis d’ailleurs obligée d’aller voir dans les archives dès que l’on me demande depuis quand mon blog existe).

Pour autant, j’avais envie de dresser un bilan car le blog, tel qu’il existe aujourd’hui, ne me convient plus.

Mon blog en quelques chiffres c’est 451 articles, près de 900 000 visites et des lecteurs qui proviennent de Google en majorité.



Le top 10 des requêtes me laisse d’ailleurs assez dubitative et relativise énormément la portée de ce que j’écris ici : beaucoup de ceux qui arrivent là par hasard veulent juste entendre parler du régime de Chimène Badi. Ou pire, sont persuadés de l’existence du « nez juif ».

Au départ, ce blog avait pour vocation de parler pêle-mêle de mes aventures en tant qu’auto-entrepreneure, de ma vie de famille mais aussi de féminisme (d’où le nom de « Tout à l’égo, ma vie en vrac sans tri sélectif »). Au fil du temps et sans vraiment m’en rendre compte, j’ai abandonné les 2 premières thématiques au profit essentiellement de la dernière. En tant que blogueuse non anonyme, j’ai en effet rapidement réalisé à quel point il était difficile de parler de ma vie personnelle sans impliquer indirectement mes proches. Les rares fois où je l’ai fait, notamment en évoquant ma grand-mère, je me suis pris une telle volée de bois vert que je tourne désormais 7 fois mes mains sur le clavier avant de me lancer.

La conséquence indirecte, c’est la vision parcellaire de moi-même qu’offre ce blog. En relisant parfois plusieurs billets d’affilée, j’avoue ne pas me reconnaître dans cette femme qui semble avoir fait de l’indignation son fond de commerce. 

Je ne parle pas ici de mes doutes, des mes coups de cœur, de mes questionnements de mère, de femme et d’épouse ou de ce qui fait battre mon cœur. Je me rends compte que la colère est un puissant facilitateur d’écriture pour moi : j’ai bien pris la bonne résolution de ne plus écrire à chaud, pour autant les billets positifs, drôles ou anecdotiques ne constituent qu’une infime partie de ce que j’ai écrit ici. J’ai parfois l’impression d’avoir crée une sorte de Frankenstein bloguesque qui ne me ressemble plus et qui me dépasse un peu.

Symptôme préoccupant, les gens rencontrés par le biais de ce blog récemment semblent étonnés du décalage entre ce que j’écris ici et ce que je suis vraiment. Ce hiatus me dérange de plus en plus.

Autre évolution : écrire sur le féminisme m’enthousiasme de moins en moins. Il y a 3 ans, nous n’étions que quelques unes à aborder cette thématique dans la blogosphère, il y avait tout à faire. Aujourd’hui, et il faut s’en féliciter, cette problématique est rentrée dans le débat public : des magazines féminins aux médias plus sérieux, tout le monde parle de genre ou de sexisme et s’indigne des clichés rétrogrades véhiculés par les marques.

Des associations comme Osez le féminisme ou des collectifs comme Georgette Sand ont pris la parole avec une force de frappe bien plus importante que des blogs comme le mien d’où une relative impression d’inutilité. J’ai également arrêté progressivement de dénoncer les publicités sexistes ici, certaines marques, à l’image de Perrier ou de Rue du Commerce, ayant intégré les féministes à leur plan de communication. Je n’ai donc plus envie de contribuer indirectement à leur buzz.

Pour autant, l’envie d’écrire et de partager est toujours là.

Dans les semaines ou les mois à venir, ne soyez donc pas étonnés de me voir aborder d’autres thématiques qui me tiennent à cœur et que je me refusais d’aborder jusque là comme l’éducation, la consommation éthique ou même la cuisine.

J’espère que vous resterez malgré tout.