> J'ai lu « Ô féminin point conne » de Lorina Chattinski

dimanche 9 novembre 2014

J'ai lu « Ô féminin point conne » de Lorina Chattinski



Les féministes sont moches.

Les féministes sont poilues.

Les féministes sont mal baisées.

Les féministes n’ont pas d’humour.

Pour les 3 premiers points, je vous laisse trouver les arguments pour démonter ces clichés qui ont encore malheureusement la vie dure. Pour le dernier, en revanche, j’ai ce qu’il vous faut: acheter « Ô féminin point conne » paru aux éditions Denoël et le mettre dans les mains de celui ou celle qui ose encore penser qu’être féministe c’est forcément être triste à mourir.

Ecrit par Lorina Chattinski (un pseudo forcément), ce livre réussit l’exploit d’être à la fois un petit bijou d’humour grinçant tout en dénonçant avec une grande efficacité la tyrannie des magazines féminins dont il emprunte les codes. Maquette, ton faussement léger, photos retouchées : tout y est. Question rubriques, on retrouve également tous les classiques chers à nos amis de la presse féminine, revisités par la plume décapante de Lorina Chattinski : point mode, page sexo, psycho, famille, shopping et même des fausses publicités. Jubilatoire.

« Baisse de libido : se forcer c’est le ciment du couple » (coucou « Elle »)



« Premier rendez-vous : se looker sans se tromper » (rempli des injonctions contradictoires chères à la presse féminine : « « Soyez féminine » « Ne soyez pas trop féminine » « Faites des trucs de filles avec vos cheveux » « Ne faites trop des trucs de filles avec vos cheveux » )


« Les secrets d’un couple qui dure : 6 conseils pour devenir un vrai paillasson »



Fausses publicités :




 C’est furieusement drôle parce que parodique sans être caricatural. Dans la salle d’attente de chez le dentiste, ce livre m’a même fait oublier mon indécrottable phobie de la roulette tant j’ai ri en le lisant. Je me suis d’ailleurs dit qu’il serait vraiment amusant d’en glisser quelques exemplaires parmi les féminins entassés sur la table basse. Et de filmer la scène en caméra cachée.

Alors que l’on reproche souvent aux féministes d’être trop sérieuses ou professorales, ce livre rend possible une dénonciation des diktats de la presse féminine sans discours pontifiant ou moraliste, uniquement par le biais de l’humour. Une fois l’ouvrage refermé, notre regard sur ce type de magazines se trouve irrémédiablement décillé : impossible de les lire désormais sans y décoder en filigrane les injonctions sexistes, les diktats de la minceur ou les cultes de la performance.

Alors, à quand un « « Ô féminin point conne » mensuel ? On peut compter sur l’inépuisable vacuité de la presse féminine pour donner de la matière à Lorina Chattinski.



Dernier exemple en date lu hier sur le site de Biba : «10 choses que les femmes font au lit et que les hommes n'aiment pas » (en gros bouger mais pas trop, crier mais pas trop fort, parler mais pas pour dire n'importe quoi). Précision : ceci n’est pas une parodie. Hélas.


6 commentaires:

  1. Ce magazine à l'air top! Un joli pied de nez à tous ses stéréotypes qu'on peut voir dans les magazines féminins ;) Merci pour cette découverte!

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  2. Et où peut-on se procurer ce bijou de féminisme contemporain ?

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    1. Dans toutes les bonnes librairies (et sur Amazon et le site des libraires, que j'ai mis en lien dans l'rticle)

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  3. Mouahahah ça me fait rire ce genre de trucs. Ça me fait penser à 20 ans magazine l'anthologie, avec ce petit ton bien insolent, bien piquant. :)

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