> J'ai vu "Tiens-toi droite" de Katia Lewkowicz (+ concours pour gagner 10 places de cinéma)

vendredi 21 novembre 2014

J'ai vu "Tiens-toi droite" de Katia Lewkowicz (+ concours pour gagner 10 places de cinéma)



Il y a quelques mois,  la réalisatrice Audrey Dana se défendait d’avoir voulu faire un film féministe avec « Sous les jupes des filles », comme s’il s’agissait d’un gros mot.

Lundi dernier, j’ai été conviée à l’avant-première du film de Katia Lewkowicz « Tiens-toi droite », suivie d’un débat avec la réalisatrice.

Symptôme vivifiant d’un changement de mentalité, celle-ci assume pleinement le fait d’avoir voulu réaliser un film féministe.  « Tiens-toi droite » passe d’ailleurs haut la main le test de Bechdel : il comporte au moins deux personnages féminins identifiables par un nom, ces femmes se parlent et discutent d’autre chose que d’un homme. Plutôt enthousiasmant!

L’histoire raconte le destin croisé de 3 femmes : Louise (Marina Foïs) qui quitte le pressing familial pour travailler dans une grande entreprise de fabrication de poupées, Lili (Laura Smet), Miss Nouvelle-Calédonie, qui fait la rencontre d'un riche industriel et Sam (Noémie Lvovsky), mère de famille nombreuse, qui décide de prendre son indépendance. Toutes 3 vont se retrouver à travailler de concert sur le projet d’une poupée aux mensurations normales.

Le film m’a déroutée au premier abord : je m’attendais à une comédie alors qu’il s’agit véritablement d’une peinture sociale douce-amère de la condition des femmes aujourd’hui. La construction m’a également surprise : ici, pas de narration linéaire mais plutôt un patchwork de ressentis, de points de vue. On a parfois l’impression d’être pris dans un grand 8 émotionnel, naviguant de l’un à l’autre des personnages, les mains accrochées aux accoudoirs de son siège. Le rythme effréné de la caméra s’accompagne d’une impression d’oppression physique, matérialisée par des petits détails de jeu : plus les femmes s’émancipent, plus le monde autour d’elle semble étouffant, plus les hommes disparaissent et deviennent inconsistants.



La voix-off qui nous guide au début du film, s’efface progressivement, rajoutant encore à la confusion de nos sentiments. La réalisatrice nous l’a confirmé par la suite, elle a voulu laisser à chacun la possibilité de se forger sa propre opinion, sans réponse formatée. Inconfortable mais intéressant.

Car ici, tout n’est que suggestion et le portrait des femmes d’aujourd’hui est brossé par petites touches, quasi-subliminales. En creux, se lisent la dictature de l’apparence, la culpabilité permanente, la difficulté de tout vouloir concilier, les injonctions contradictoires, le sexisme, le sentiment d’imposture, l’hyper-sexualisation des petites filles.



Malgré l’efficacité de la démonstration, le portrait n’en est pas noir pour autant, bien au contraire. De belles scènes de solidarité féminine, pleines d’énergie et d’espoir viennent ponctuer le film, comme de véritables bouffées d’oxygène. On se sent portés par la détermination de toutes ces femmes à sortir de leur condition.


« Tiens-toi droite » devient alors autre chose qu’une énième simple injonction à la féminité.

Cette phrase, qui nous habite bien longtemps après le film, donne à toutes l’énergie de relever la tête et d’aller de l’avant.

Concours « Tiens-toi droite »
Je vous donne la possibilité de gagner 5x2 places pour aller voir « Tiens-toi droite ».

Pour jouer, postez en commentaire un exemple d’injonction à la féminité ( ex : « Sois belle et tais-toi » « Souris ») ou de remarques sexistes (« Une fille qui rit fort c’est vulgaire » « Les jeux vidéos c’est pas un truc de nanas »).

Si vous manquez d’inspiration, vous pouvez aller jeter un coup d’œil au Tumblr « Tiens-toi droite » (et même y participer si ça vous dit).

Je tirerai au sort 5 gagnant(e)s le vendredi 28 novembre et communiquerai les résultats ici.

Bonne chance !

Bandes-annonces du film :