> Soldes : les marques nous prennent-elles pour des cons?

jeudi 27 juin 2013

Soldes : les marques nous prennent-elles pour des cons?



Le saviez-vous, les hommes sont plus dépensiers que les femmes quant il s’agit de faire les soldes d’été ?

L’étude réalisée par le site www.Bons-de-Reduction.com révèle ainsi que 43% d'entre eux comptent débourser au moins 200 euros à cette occasion contre seulement 30% des femmes.

En dépit de ces chiffres, le cliché de la dépensière et de l’hystérique de la consommation continue à fleurir, surtout au moment des soldes, donnant lieu à des opérations au goût douteux.




Pour So Ouest, les femmes sont les seules à faire les soldes (en bikini) si l’on en juge par le visuel d’illustration (merci Marlène Schiappa pour la découverte). 

Afin d'attirer la clientèle féminine dans ses filets, le centre commercial a mis à sa disposition des grooms en marinières et pantalon blanc pour « porter vos courses ou vous orienter dans le centre ». 



Une opération qui réussit l’exploit d’être doublement sexiste : les hommes, recrutés en raison de leur physique avantageux, se trouvent ravalés au rang d’homme-objet tout juste bons à porter les paquets. Les femmes, quant à elles, ne sont pas mieux loties : en plus d’être des affreuses dépensières, leurs bras fragiles ne peuvent supporter des sacs remplis à ras-bord. Et elles ont besoin d’une aide masculine pour ne pas se perdre dans un centre commercial car, c’est bien connu, elles n’ont pas le sens de l’orientation !


Cette opération n’est pas sans rappeler celle des hommes en vitrine d’ « Adopte un mec » ou les vendeurs torse nus d’Abercrombie. Un marketing qui se veut subsversif alors qu’il nous vend du « girl power » frelaté sous forme de guerre des sexes kistch. En dépit de ce que semble sous-entendre « Adopte un mec », l’émancipation des femmes ne passera pas par une dévalorisation des hommes et l’égalité des sexes ne s’obtiendra pas par un nivellement par le bas.




Dans le genre opération absurde et dégradante à l’occasion des soldes, Desigual n’est pas en reste. La marque de vêtements espagnole a ainsi offert un haut et un bas aux cent premières personnes se présentant en sous-vêtements devant les vedettes du Pont Neuf.

La société de consommation dans ce qu’elle a de plus abject, qui plus est dans un contexte de crise.

« Cela me fait penser au film “On achève bien les chevaux” (danser jusqu’à l’épuisement pour gagner 3 sous) » déclare à juste titre une commentatrice de ce billet.

Pour la dignité, on peut aller se rhabiller…