> Jeu d'écriture - Ecrire à partir d'un incipit.

vendredi 7 juin 2013

Jeu d'écriture - Ecrire à partir d'un incipit.


Un jeu d'écriture, ça faisait longtemps!

Voici un texte rédigé lors de mon atelier d'écriture en ligne désormais terminé.

J'ai modifié la consigne pour pouvoir vous proposer d'y participer vous aussi.

La voici : écrire un texte à partir de la première phrase suivante : "Elle parle vite".

Contrainte de temps : 15 minutes maximum.

A vos claviers! Si l'envie vous en dit, n'hésitez pas à poster votre participation dans les commentaires.
Si vous souhaitez participer, je vous conseille de ne lire le texte ci-après qu'une fois votre texte rédigé, histoire de ne pas être influencé.

"Elle parle vite. Trop vite.  Comme si elle s’excusait d’être là, le corps un peu avant, une fesse à moitié posée sur la banquette en skaï. En position de départ, au cas où. J’ai la tête d’un serial killer ou quoi ? La serveuse pose son Coca light et ma vodka sur la table d’un air entendu. Il faut dire qu’elle en a vu défiler des filles depuis que j’ai décidé de me lancer dans l’écriture d’un livre retraçant mes rencontres sur Meetic. Le sujet a l’air racoleur j’en conviens, mais après avoir envoyé des salves de manuscrits torturés ou poétiques restés sans réponse, j’ai décidé de choisir un sujet plus vendeur. Etre dans le vent, c’est une ambition de feuille morte comme disait je sais plus qui. Peut-être mais faut bien manger et j’aurai au moins la satisfaction de tenir un jour mon livre entre mes mains. Et puis il y a pire comme sujet d’étude.

Celle qui me fait face cette après-midi est assez déconcertante. Sur sa fiche, elle semblait concentrer tous les avatars de la bobo parisienne : la moue boudeuse, le headband, son boulot dans la « comm’ événementielle ».  Une vraie tête à claque sur laquelle j’aurais volontiers écrasé un cupcake rose bonbon. J’ai d’abord été surpris par son accent du sud-ouest qui transpire davantage le fois gras et les fêtes de Bayonne avinées que les macarons Ladurée. Sa voix  qui chante et son air apeuré de lapin pris dans les phares contribuent à son aura mystérieuse. Sa jambe tressaille, son genou saute à intervalles réguliers ce qui n’est pas bon signe. J’avais lu dans un vieux bouquin de communication non-verbale que cela signifiait que le sujet mimait une course, une fuite inconsciente. J’ai comme le pressentiment qu’elle ne finira pas dans mon lit, inutile donc de s’appesantir des heures. Je jette un coup d’œil désinvolte au Bd St Germain qui bruisse et s’agite. Je choisis toujours une table en vitrine, ça me permet de faire diversion si la conversation est trop vaine ou trop pesante. Et puis les regards des passants, concupiscents, envieux ou inexistants constituent une sorte de thermomètre de la désirabilité de la fille en face de moi. Alors que je reprends une gorgée de vodka en espérant secrètement qu’elle m’assomme un peu plus, elle lève un peu le doigt comme pour dire quelque chose. Ce reflexe enfantin m’amuse ou m’agace, je n’arrive pas trop à trancher. Si elle croit qu’on est à l’école, on n’est pas sorti de l’auberge ! « Dis, faut que je te dis un truc. En fait je ne cherche pas vraiment quelqu’un sur Meetic, je suis journaliste pour Biba et je dois rendre un papier sur les rencontres sur le net. » Allons bon. « Mais j’ai du mal à jouer la taupe en filature, l’inspecteur Gadget de pacotille, j’y arrive pas. Et puis quand je te vois boire ta vodka en plein après midi, sans doute pour noyer ton air désabusé et triste, je n’ai pas le courage d’aller plus loin. Voilà ». « Sylvaine, mets moi une autre vodka s’il te plait ». Cul sec. "