> Quand Pixmania prend les utilisatrices de tablettes pour des dindes

vendredi 14 décembre 2012

Quand Pixmania prend les utilisatrices de tablettes pour des dindes



Les fabricants de produits high-tech sont-ils restés bloqués au Moyen-Age ? Question qui peut paraître iconoclaste tant on associe nouvelles technologies et modernité. Et pourtant…

Après Fujistu et son ordinateur pour femme rose bonbon, Microsoft qui range les hommes du côté des aventuriers et les femmes du côté des serial-shoppeuses, voici Pixmania qui brosse un portrait à l’emporte-pièces des utilisateurs de tablettes.



Commençons par les gamers : « Le gamer se reconnaît à son teint pâle et à ses yeux rougis par des séances de gaming intense. Le joueur sait comment tuer 5 minutes ou un weekend pour battre son meilleur record ». Au-delà de l’aspect hyper-caricatural du portrait, Pixmania oublie tout bonnement la moitié des gamers : les gameuses, qui constituent, d’après une étude récente, 55% des joueurs de jeux vidéos. Et on est très loin des clichés en la matière puisque l’étude a également révélé que les gameuses sont nettement plus sociables et ouvertes que des femmes non joueuses (elles ont d’ailleurs une vie sexuelle plus actives que leurs homologues non-gameuses !).

Continuons avec la vision de la femme utilisatrice de tablette selon Pixmania, forcément « girly » : « De 3 à 90 ans, les femmes girly ont gardé quelques pêchés mignons de leur enfance comme un goût immodéré pour les sucreries, les vêtements colorés et un besoin de débattre des derniers potins des stars hollywodiennes ». On poursuit avec la description de la tablette « mensurations parfaites : taille fine et poids mini pour la manipuler à une main ou la ranger facilement dans son sac à main » « tout ce qu’il faut pour surfer sur ses blogs mode et tchater des heures dans son Starbucks préféré ».
Un joli florilège de stéréotypes sexistes : la femme utilisatrice de tablette est forcément futile, femme-enfant et bavarde. Elle choisit sa tablette uniquement en fonction de critères esthétiques (« taille fine et poids mini ») et se soucie avant tout de savoir si elle rentre dans son sac à main.

La vision de la famille selon Pixmania est tout aussi rétrograde : « Papa aime lire ses BD, maman a besoin d’une recette de coq au vin pour le dîner ».
Bienvenue dans les années 50 !

Alors qu’une étude récente menée aux Etats-Unis démontrait que l’utilisateur-type de tablette était une femme de plus de 25 ans avec de hauts revenus, Pixmania nous impose sa vision sexiste du monde : 5 hommes, 1 femme « girly » et 1 mère de famille qui cherche des recettes pendant que monsieur lit.

Plutôt réducteur non ?