> Mon top 10 des trucs que l'on a honte d'aimer (1ère partie)

mercredi 14 mars 2012

Mon top 10 des trucs que l'on a honte d'aimer (1ère partie)

Sur Twitter, il est de coutume le jeudi de jouer au « jeudi confession » en avouant des choses plus ou moins impliquantes.
Je m’y prête rarement car il me faudrait bien plus de 140 caractères pour expliquer ce qui se cache derrière ces petites hontes du quotidien.
Alors qu’ hier je twittais « je ferais bien un billet sur mon top 10 des trucs inavouables », @Poupimali m’a prise au mot en me répondant « on pourrait en faire une chaine. Genre les 10 choses inavouables que l'on aime quand même ». Je ne pouvais décemment pas décliner une invitation pareille !
Pour faire durer le plaisir et parce que je ne sais pas faire court, voici la première partie de mon top 10 !
1°) Les « mon chéri »
Lors d’un dîner, si vous souhaitez susciter de l’intérêt ou créer une polémique, ne parlez pas du conflit israélo-palestinien ou de la présidentielle. Dites simplement que vous aimez, comme moi, les « mon chéri ». Vous verrez alors avec délectation des paires d’yeux circonspects, teintés à la fois d’interrogation et de dégoût se tourner vers vous et vos serez le centre d’attraction de la soirée! Pourtant cette attirance est difficilement explicable rationnellement : je n’aime pas l’alcool et je ne raffole pas du chocolat. Mais la combinaison des 2 est tout bonnement irrésistible : sentir le chocolat craqueler sous mes dents et libérer la liqueur sirupeuse est un grand moment de festival des papilles ! Les mots sont bien vains par rapport à l’intensité des sensations et je ne me l’explique pas moi-même : un peu comme la nana intello et torturée qui craquerait à son corps défendant pour un prof de body-building décérébré !
2°) Les blogs beauté
J’ai travaillé 11 ans pour une grande marque de cosmétique, pour autant, je ne me maquille que très rarement. Ma trousse ne contient qu’un fond de teint, un eye liner, un mascara et un rouge à lèvre et je ne sais toujours pas poser une ombre à paupières. Pourtant, je ressens une fascination quasi-hypnotique pour les blogs beauté, particulièrement celui de « Mon blog de fille ». Quand je lance une vidéo, j’oublie l’idée d’espace et du temps et je voyage dans une contrée où les femmes ont 60 types de pinceaux différents. Tel un anthropologue découvrirait une peuplade étrange je l’écoute avec fascination nous expliquer que pour un maquillage « rapide et quotidien » il ne faut pas moins de 11 produits et 30 minutes de préparation. Je crois qu’au-delà de la beauté, c’est l’expertise de toutes ces filles qui m’impressionne. Moi, l’experte en pas grand-chose, j’admire ces gens qui arrivent à faire des bancs d’essai de tout et de rien et à investir autant de passion dans un eye-liner.
3°) Les romans photos

Comme l’odeur de la coriandre, ou le son du rod (le luth version arabe), les romans photos sont un peu ma madeleine de Proust à moi.
Après avoir passé la matinée à récurer ou à cuisiner, ma grand-mère maternelle s’accordait chaque mercredi après-midi une sieste bien méritée en ma compagnie. Mais ni elle ni moi ne dormions. Calée sur ses bras dodus, je lisais en secret les romans photos dont elle raffolait. Je découvrais alors un monde peuplé de secrétaires brushinguées enamourées de leur patron et de princes charmants du dimanche au regard tourmenté. « C’est donc ça la vraie vie » me disais-je d’un air rêveur, jusqu’à ce que ma grand-mère sombre dans le sommeil en faisant tomber son « Nous 2 ».
4°) L’agenda papier
J’ai un Iphone et travaille dans le domaine des nouvelles technologies, pour autant j’écris toujours mes rdv sur un vieil agenda papier. Un anachronisme qui m’a valu cette réflexion d’un de mes anciens boss : « Un agenda papier ? Mais c’est so 1820 ! ». Mon vieux Filofax en cuir marron buriné par les ans c’est un peu un condensé de ma vie : j’y trimballe les photos de mes enfants et de mes parents, les cartes de visite de mes restaurants préférés, mes ordonnances et des vieux tickets d’expos. J’aime l’odeur et la sensualité du papier, j’aime archiver mes anciens agendas et y jeter un œil quelques années après. Ce n’est surement pas mon Iphone qui me rappellerait que ce 30 griffonné à la main en février 2005 correspondait au taux de la première prise de sang qui allait confirmer ma grossesse !
5°) La danse de salon
En tant qu’ex ado des années 90, je n’ai pas pu passer à côté de la folie « Dirty Dancing » de l’époque. Je ne pensais pas que, des années après, je serais toujours fascinée par ces tournois de danse sportive qui passent épisodiquement sur le câble. Vues de l’extérieur, ces émissions peuvent paraître incroyablement kitschs et ringardes : coiffures gominées, bronzage orange, faux ongles et tenues strassées font partie systématique de la panoplie des danseurs. Sans compter les chemises ouvertes des hommes et les mini-robes pailletées des femmes. A bien y réfléchir, je crois que c’est le mélange des genres qui me fascine : l’extrême rigueur des pas, le soin minutieux apporté aux costumes alliés à la sensualité affriolante des danses. Les enchainement réglés au cordeau et l’érotisme torride des déhanchés. Le chaud et le froid, la sensualité et la technique, la superficialité et le travail acharné, c’est tout ça à la fois la danse de salon. Une jolie métaphore résumée prosaiquement en quelques mots par nos philosophes de « Dirty Dancing » : « Allez Allez ! Remuez-vous ! Si le Bon Dieu vous a donné une paire de nibards, c’est pour les secouer ! »

Edit : le billet de Poupimali est ici, celui de Marie ici