> Coup de foudre musical : "Dilouya's faithful circus"

dimanche 18 mars 2012

Coup de foudre musical : "Dilouya's faithful circus"

Je parle très peu de musique sur mon blog car mes coups de cœur sont vraiment très rares. Il faut dire qu’à mon petit panthéon personnel section Soul/funk figurent Mickael Jackson, Jamiroquai, Marvin Gaye, les Brand New Heavies et bien sûr Stevie Wonder : la barre est donc très haute. Fait aggravant, je suis toujours en retard d’une tendance (je suis une late adopteuse, l’inverse d’une early adopteuse) : pour vous donner un exemple, j’ai vu mon premier épisode de « Bref » il y a 2 mois. Quand j'ai tweeté mon enthousiasme au sujet de la série en janvier dernier, quelqu’un m’a dit que j’avais atteint le point Tania. J’aurais aimé répondre du tac au tac mais je suis tellement à la ramasse que j’ai été obligée de chercher sur Google la signification de cette expression sibylline.

Décodage : « En référence à Tania Bruna-Russo du Grand Journal, dont les chroniques musicales sont généralement dépassées. Cette expression se dit donc lorsqu’on découvre un truc 10 ans après tout le monde. » . Pas faux.

Sauf que pour une fois, j’ai eu le privilège de découvrir avant le grand public un petit bijou de soul et de funk prénommé « Dilouya’s Faithful Circus » et je n’en suis pas peu fière. Rassurez-vous, je n’ai pas été miraculeusement touchée par la fée de la hype : Romain, le talentueux compositeur, producteur et multi-instrumentiste en question n’est autre qu’un copain d’enfance de mon frère.

Je le suis de loin depuis ses débuts et ai donc pu acheter son album hier avant que le grand public ne s’empare du phénomène. Mon frère, avec qui j’ai 9 ans d’écart, a toujours eu des copains très cools. Je me souviens très bien de Romain enfant : une sacrée personnalité, un caractère bien trempé et un humour décapant. En maternelle, c’était le seul gamin de l’école à avoir des chaussures imprimées zèbre par exemple. Le seul également à ne pas vouloir se déguiser au carnaval de l’école ou à être fan de Mickael Jackson. Je me souviens aussi de son clavier et de sa batterie dans sa chambre alors que les gosses de son âge ne pensaient qu’à jouer aux petites voitures. Tous ces petits détails présageaient une carrière hors du commun…

Pourtant, en glissant le CD dans ma chaine hier, je n’imaginais pas prendre une si grande claque musicale ! Il faut dire que je méfie un peu de tous ceux qui convoquent les morts de la soul pour un oui pour un non, à l’image de « Ben Oncle Soul » et autres « Raphael Saadiq ». Tous ces succédanés d' esprit Motown qui se contentent de piller les grands noms et leur sépulture car ils ne sont pas capables de créer autre chose. En quelques secondes d’écoute, j’ai tout de suite compris que ce qui sortait de mes enceintes ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu écouter auparavant. Bien entendu, Dilouya plonge aux racines de la soul et du groove pour teinter son album des sonorités chaudes des années 70. Dans « Time’s gone » une de mes chansons préférées, on ne peut s’empêcher d’y reconnaître l’influence de Stevie Wonder par exemple. Le talent de Romain c’est d’assumer cette paternité tout en l’enrichissant d’une modernité incroyable : alors que les sons de l’auteur de « Superstition » peuvent paraître un peu datés aujourd’hui, Dilouya leur offre un sacré coup de jeune en leur apportant une fraîcheur et une créativité hors du commun. Pour cela, il s’est entouré de la crème des interprètes en leur confectionnant des petits bijoux sur-mesure : Omar, Hugh Coltman, Merlot, Juan Rozoff, Sandra Nkake, N'Dea Davenport et Sly Johnson, pour n’en citer que quelques uns. Ils apportent à l’album une couleur et des contrastes qui l’enrichissent considérablement et nous offrent un voyage teinté de magnifiques références : dans « Running away », j’ai croisé l’âme de Marvin Gaye, « Right Time » m’a fait replonger dans mes années « Brand New Heavies ». Quant à « Goodbye », elle m’a fait penser à « Benny and the Jets » d’Elton John.

Il n’y a absolument rien à jeter dans ce petit bijou qui tourne en boucle depuis hier chez moi!

Alors, si comme moi, vous voulez éviter l’« effet Tania », précipitez-vous dès maintenant à la Fnac, sur Itunes ou sur Amazon pour acheter l’album « Dilouya’s Faithful Circus », qui sera à coup sûr la révélation de l’année 2012 !