> Quand Facebook censure des seins, des sexes, des coudes...mais pas la décapitation d'une femme

mercredi 1 mai 2013

Quand Facebook censure des seins, des sexes, des coudes...mais pas la décapitation d'une femme






On le sait, Facebook a la censure facile, dès qu’il s’agit du corps des femmes.


Un artiste norvégien a vu ainsi son compte temporairement suspendu pour avoir mis en photo de profil une reproduction du tableau « L’origine du monde » de Gustave Courbet.





En octobre dernier, le réseau social supprimait également de plusieurs comptes utilisateurs et pages fan l’affiche de l’association « Le cancer du sein, parlons-en».  Motif invoqué, l’ambassadrice, Pauline Delpech, y posait seins nus.



Facebook fait parfois du zèle en voyant des seins…là où il n’y a que des coudes. Cette photo, postée par le site Theories of the Deep Understanding of Things avait pour but de tester les conditions d’utilisation du réseau social et vérifier si le site se basait sur l’indécence d’une image ou son impression d’indécence. Sans grande surprise, Facebook a retiré le cliché, arguant qu’il allait contre les conditions d’utilisation du site.



En mars dernier, c’était au tour du Musée du Jeu de Paume d’être victime de la censure sans appel des « standards de la communauté Facebook ». En cause, une photographie de 1940, une étude de nu très classique, dont la poitrine a été pudiquement recouverte d’un rectangle noir avant que Facebook ne suspende temporairement la page. Le musée s’est finalement incliné devant la pression du réseau social : « Au prochain avertissement de Facebook, notre compte risque d'être définitivement désactivé. Aussi nous ne publierons plus de nus, même si nous pensons que leur valeur artistique est grande ».

Facebook France s’est expliqué sur sa position ici :

"Aujourd’hui, 1 milliard de personnes utilisent Facebook et chaque jour des millions de contenus y sont publiés", nous indique un porte-parole du réseau social. "Pour que chacun puisse se sentir à l’aise et en sécurité sur Facebook, nous avons mis en place des conditions d’utilisations universelles qui déterminent quels contenus sont autorisés, ou pas, sur Facebook. Ce cadre permet de faire de Facebook un espace dans lequel nos utilisateurs se sentent en sécurité et en confiance, notamment les enfants de plus de 13 ans".

"Si la publication d’éléments contenant de la nudité va à l’encontre des conditions d’utilisation de Facebook, il est parfois difficile de faire la distinction entre ce qui relève de l’art et de la pornographie. Nos équipes vérifient des millions de signalements par jour et notre système est l’un des plus efficaces du web. Malheureusement, il arrive parfois que nos équipes retirent du contenu par erreur. Dans ce genre de cas, nous permettons aux utilisateurs de faire appel de la décision et si nos équipes se sont trompées, elles rétablissent le contenu supprimé dans les plus brefs délais".

Facebook, si prompt à éloigner les regards enfantins des corps féminins, semble pratiquer la censure à double vitesse.

En effet, la vidéo d’une décapitation d’une femme, est partagée depuis quelques jours sur le réseau social sans qu’elle ne soit retirée. Comme nous l’apprend Europe1, Facebook « s’est justifié via une agence de relations publiques allemande, expliquant que sa décision de ne pas supprimer la vidéo était basée sur le fait que les gens ont le droit de décrire le monde dans lequel nous vivons et « d’attirer l’attention sur les injustices en postant un contenu dramatique ou inquiétant » ».

Le monde selon Facebook : les seins sont jugés plus dangereux pour les enfants que la décapitation d’une femme.