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mardi 22 janvier 2013

Jeu d'écriture - Dialogue entre contraires


Les jeux d'écriture reprennent après un petit moment d'interruption!
Aujourd'hui, je vous propose d'écrire un dialogue entre contraires (chaud/froid, haut/bas etc) ou plus largement entre des antinomies.
Pas de contrainte de temps ou de mots, l'essentiel est de s'amuser!
J'attends vos participations dans les commentaires!
Si ça vous intéresse, vous pouvez aller lire les très jolis textes de mes camarades ici 

Voici la mienne :

"Le coeur et la tête"


La tête : Hé ho, tu veux bien arrêter 2 secondes, j’arrive pas à me concentrer !

Le cœur : Arrêter de battre ? Je veux bien mais tu risques de te trouver bien ennuyé !

La tête : Très drôle.  Tu peux faire moins de bruit, réduire le rythme, te calmer un peu ou c’est trop te demander ? Je n’entends que toi, tes pulsations m’assomment. J’ai besoin de toutes mes capacités. Ce rendez-vous amoureux c’est un peu la chance de ma vie. Enfin, de SA vie. Je suis son cerveau mais sans moi il n’est pas grand-chose. Rien qu’une grande carcasse inutile, un pantin désarticulé.

Le cœur : C’est vrai que moi je ne suis qu’un accessoire. Un viscère. Un vulgaire abat sur l’étal du boucher.

La tête : Toi et ta fichue susceptibilité. Mais oui tu es important, tu pompes, tu irrigues. Il n’y a pas de sous-métier tu sais. Tu es un organe très respectable mais tu es parfois trop sanguin voilà tout. Un peu de retenue ne nuit pas.

Le cœur : Tu crois que ça ne me fatigue pas d’être si émotif ? Rien que de penser à ce RDV je m’emballe et je pompe, je pompe. J’essaye d’être efficace pour que chacun de ses membres, chacun de ses organes puisse être au maximum de ses capacités. J’ai beau tenter de garder la tête froide, rien que de penser au parfum de cette femme, à son regard enjôleur, à ses tics si attendrissants, je bats de plus belle. Tu te rends compte qu’on ne rencontre une personne comme cela qu’une fois dans sa vie ?

La tête : Du calme, rien n’est joué. Il va falloir être fin, drôle, incisif, pertinent. C’est là où j’interviens. D’ailleurs, si tu pouvais m’envoyer un peu de carburant au lieu de t’escrimer à le balancer dans des organes un peu moins nobles si tu vois ce que je veux dire… Je ne pense pas qu’ils vont conclure ce soir donc c’est un peu inutile. Laisse moi contrôler sa tête, je crois qu’il va en avoir davantage besoin.

Le cœur : Hé ho, je fais ce que je peux. Y a des trucs qu’on ne maitrise pas. Tu m’expliques, toi qui es si intelligent, à quoi ça sert qu’il ait les mains moites en ce moment par exemple? Tu ne crois pas que cette énergie pourrait être utilisée autrement ? Bon, ben c’est comme ça, y a des trucs qu’on ne contrôle pas dans la vie. D’ailleurs c’est mieux ainsi non ? Tu imagines si je battais constamment à un rythme régulier, comme un métronome : quel ennui !

La tête : Parle pour toi. Si je pouvais n’être qu’un pur esprit, non astreint à des contingences purement physiologiques, je ne m’en porterais pas si mal je crois.

Le cœur : Hé ho, tu sais ce qu’elle te dit la contingence physiologique ?

La tête : Chut, elle arrive. Tais toi et pompe.