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lundi 5 novembre 2012

Le dictionnaire des écoliers : les enfants sont-ils sexistes?



L’initiative avait a priori tout pour être enthousiasmante : créer un dictionnaire en ligne fait par et pour les enfants du primaire.

Ce « dictionnaire des écoliers » lancé par le CNDP (Centre national de documentation pédagogique) et réunissant des « milliers de mots pour réussir à l’école » a pourtant tout du bad buzz. Suite à l’ampleur de la grogne née sur les réseaux sociaux, le ministère de l’ Education nationale a même décidé il y a quelques heures de suspendre sa mise en ligne.

En cause, des définitions qui fleurent bon le sexisme. Quelques exemples :

- Père
C'est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d'enfants. C'est le chef de famille parce qu'il protège ses enfants et sa femme. On dit aussi papa.
(Pour info, depuis la loi du 4 juin 1970, la notion de chef de famille a été supprimée au profit de l’autorité parentale)

- Mère
C'est une femme qui a des enfants. On l'appelle maman ou mamounette.

Phrase d'exemple
Ma mère repasse les affaires de toute la famille.

- Ménagère
Femme qui s'occupe de l'entretien, de la propreté de la maison.

Phrase d'exemple
Maman passe l'aspirateur, essuie les meubles, fait la vaisselle, le repassage. C'est une bonne ménagère.

- Femme
C'est une maman, une mamie ou une jeune fille.
Elle peut porter des bijoux, des jupes et des robes. Elle a de la poitrine.
Cette femme va souvent acheter son pain dans la boulangerie de ce village.

Phrase d'exemple
Miss France est la plus belle femme de France.

- Homme :
C'est un humain qui a de la barbe.

Phrase d'exemple
Dans le monde, les hommes parlent différentes langues.

- Féminin
Cendrillon redevient féminine quand elle se retrouve dans sa belle robe pour le bal.
  
 Alors que le mariage est évoqué (« Quand on est adulte, on peut se marier avec son amoureuse, c'est quand le monsieur dit: "embrassez la mariée"), on ne trouve aucune définition du divorce auquel de nombreux enfants sont pourtant confrontés.

Alors, sexistes les enfants ? Non bien sûr, pour autant ils sont le porte-voix d’une société qui, malheureusement, l’est.  Sans doute associeront-ils ménage et masculin le jour où les femmes cesseront de prendre en charge 80% des tâches ménagères. Et ils envisageront d’autres métiers au féminin quand les livres scolaires cesseront eux aussi de propager des stéréotypes genrés. Une étude commandée par la Halde en 2008 avait ainsi montré que les manuels scolaires n’étaient pas exempts de discrimination sexiste. L’analyse de 29 manuels de collège et lycée reflétait ces stéréotypes, en terme de choix de métiers notamment : s’ils comptaient 3 fois plus d’images masculines que féminines, les premières mettaient dans un quart des cas l’homme en situation dominante.

L’opération « Filles et garçons, cassons les clichés » organisée par la fédération de Paris de la ligue de l’enseignement visait justement à déconstruire les idées préconçues et à interroger les élèves sur la question du genre. Mon fils, en CP à l’époque y avait participé et j’avais trouvé l’initiative très intéressante (j’en avais parlé ici).
On peut se demander, dans ce contexte, comment de telles définitions, validées par 3 référents différents et par l’Education nationale elle-même ont pu donc se retrouver en ligne ?
Il ne s’agit bien sur pas de censurer la parole des enfants mais de leur offrir une vision alternative. En proposant notamment différents exemples pour illustrer une définition. « Toi, ta maman repasse les chemises. Et toi, ta maman elle travaille dans quoi ? ». Les enseignants auraient dû avoir ce réflexe, au lieu d'enfermer la parole des enfants dans des stéréotypes d'un autre âge.
En leur présentant des modèles de réussite au féminin, il est pourtant possible de faire changer leur vision des choses.
Et cette vidéo l’illustre à merveille:
  

Villers en hiver




J’ai aimé Villers sur mer cet été, ses tentes de plage, son odeur de gaufre et d’embruns, ses marées, ses familles à la queue leu leu, comme des tribus de canards.


J’ai aimé planter mes racines dans cette jolie petite maison de vacances, nos bottes alignées dans l’entrée et les cirés accrochés aux porte-manteaux.


J’ai découvert il y a 2 jours Villers sur mer en hiver, débarrassée de ses ornements et de sa foule, de son soleil de plomb et de ses cris d’enfants. Je l’ai trouvée encore plus attachante sous sa pluie cinglante et son vent à décrocher nos bonnets.


Plus de trace de cette buvette sur la plage ou du marchand de gaufre, chez qui nous venions nous sustenter après une chaude journée. Exit, les jeux de ballons ou de raquette, les transats chauffés par le soleil. Vidée la piscine, disparu le maitre-nageur. Je cherchais du regard machinalement les longues jambes de mon père qui dépassaient de la tente, alors que nous le rejoignions sur la plage les jours d’été. Sur la grève vide, ne se risquent en hiver que quelques mouettes affamées. Les tentes et les parasols sont sagement entreposés dans des cabanes en bois en attendant des jours meilleurs.

J’ai aimé Villers sur mer en hiver comme on aime un être cher que l’on découvrirait au réveil, sans maquillage et artifice. Une beauté brute et authentique qui serre le cœur et le réchauffe en même temps.

J’ai aimé voir Villers sur mer vidée pour mieux revivre mentalement les bons moments passés en famille. L’absence est parfois le meilleur révélateur. A la place de la danse hypnotique de ce sac plastique chassé par le vent, il y avait il y a quelques mois ma fille et ma mère qui dansaient main dans la main.


Je suis repassée devant notre petite maison le cœur serré. Cette année, elle sera mise en vente : disparu notre port d’attache. Il va falloir trouver, bon gré mal gré, un nouvel endroit où planter nos racines. Nous ne sommes décidément que des juifs errants.

samedi 3 novembre 2012

Un blogueur est né!




Cela fait plusieurs semaines que mon fils de 7 ans note consciencieusement sur un carnet ce qu'il appelle ses "notes de critiques".

Au début, ses petits textes ne faisaient qu'une ligne puis après l'avoir encouragé à développer, à expliquer plus en détail ce qu'il avait aimé et moins apprécié, ils se sont progressivement rallongés. Il a pris, quant à lui, gout à l'exercice au fil des jours.

Sur le ton de la plaisanterie, je lui ai lancé la semaine dernière "et si tu ouvrais ton blog?". Il m'a alors répondu, d'un air offusqué "Pour que tout le monde me lise? Mais ça va pas?". Je n'ai donc pas insisté.

Puis, à pas de loup, il est revenu me poser des questions sur mon blog, sur ce qu'il m'apportait, sur ma façon de communiquer avec mes lecteurs. Et la semaine dernière, il m'a lancé d'un air décidé "ça y est je veux ouvrir mon blog!" (puis tous les jours, jusqu'à ce que je m'exécute).

Le voici donc en ligne, il se nomme "Les critiques de Joseph" et ne contient pour l'instant que son avis sur des pièces de théâtre ou des restaurants. Il compte déjà le faire évoluer vers des récits plus personnels! Tout à l'heure, avant d'aller voir "Frankenweenie" il était tout excité de me dire "je pense déjà à ce que je vais raconter dans mon blog!". Ca y est le pli est pris!

Nous verrons s'il tient la distance sur la durée, en tout cas je suis ravie de ce moment de partage autour de l'écriture.

Pour l'instant, il note sa critique sur son carnet puis je la tape sur le blog en corrigeant les fautes. L'étape suivante sera qu'il tape ses textes lui-même en essayant de corriger seul un maximum de fautes.

"Il va falloir que tu me laisses l'ordinateur pendant un long moment maman!"

Faut-il que je l'aime mon fils!

Vol de contenu : la réponse de YouMag


Suite à cet article et aux nombreux échanges sur Twitter, j'ai enfin obtenu une réponse de YouMag:

"Chère Madame,

Je vous remercie pour votre message et souhaite vous présenter un peu plus en détail notre démarche et j’espère la rendre plus claire et compréhensible.

Avant toute chose je vous présente mes excuses pour ne pas avoir pris contact avec vous plus tôt.

En premier lieu je me permets de vous présenter très rapidement Youmag :
-          Youmag est une jeune société Internet créée pour permettre aux utilisateurs de découvrir des contenus en phase avec leurs centres d’intérêts dans un magazine disponible sur mobile, tablette et pc (bientôt).
-          Youmag est aujourd’hui dans une phase de construction, et à ce titre ne fait pas encore l’objet d’une exploitation commerciale.

Dans le cadre de la construction de youmag nous avons identifié des éditeurs dont le contenu nous semble particulièrement pertinent sur certains des 50 000 centres d’intérêts identifiés par youmag, dont votre blog. Nous espérons faire découvrir de nouvelles sources de contenus aux utilisateurs de youmag, sources qu’ils ou elles ne connaissent pas forcément alors même que ces sources produisent des contenus en phase avec leurs centres d’intérêts.

Soucieux de construire une relation dans la durée et basée sur une répartition équitable de la valeur nous proposons aux éditeurs de contenus 2 modes de collaboration :
1.       Une intégration du contenu de votre blog en intégralité via Youmag, moyennant un partage des revenus publicitaires que nous générerons (à priori à compter de 2013) 

2.       Une diffusion de vos contenus sur la base du flux rss (reprise du 1er paragraphe et de la 1ère image) et redirection vers votre site.

Dans tous les cas la page Internet de votre blog est affichée dans youmag et est ainsi génératrice d’audience pour votre blog, ce qui est d’ailleurs le cas aujourd’hui.

Si malheureusement aucune de ces deux propositions ne retenait votre attention et que vous souhaitiez le retrait de votre blog, bien entendu nous respecterions votre position dans les plus brefs délais en retirant l’accès à votre blog via youmag.

Je suis encore désolé que la présentation de notre démarche arrive tardivement et espère sincèrement que Youmag continuera à faire découvrir votre blog à ses utilisateurs et me tient à votre entière disposition en ce sens,

Cordialement"

Voici ma réponse:

"Merci de votre réponse.
 Je ne souhaite pas voir figurer l'intégralité de mon blog en échange d'hypothétiques revenus qui n'interviendront, de surcroit, qu'en 2013. Comme je l'explique dans mon blog, je ne suis pas prête à tout pour obtenir de l'audience.


En revanche, la reprise du 1er paragraphe et de la photo me parait plus satisfaisante. Merci de le mettre en oeuvre au plus vite.


Merci pour votre réponse rapide, dommage qu'il ait fallu me manifester pour obtenir ces explications qui auraient du être fournies avant de récupérer mon contenu.


Cordialement,"

Donc si je ne m'étais pas manifestée, je n'aurais jamais eu vent de cet hypothétique partage de revenu et YouMag aurait récupéré mon contenu sans aucune contrepartie. Pour autant, je trouve la solution peu satisfaisante et surtout peu équitable. Alors que les journalistes et autres salariés de YouMag perçoivent un salaire mensuellement, ceux qui sont au coeur du dispositif et fournissent le contenu devront attendre 2013. Sans avoir aucune visibilité sur le montant de ce partage. J'ai donc choisi de ne faire figurer que le premier paragraphe de mon blog avec renvoi vers mon site.

vendredi 2 novembre 2012

Vol de contenu : quand YouMag pique des articles en toute illégalité





Mon blog ne me rapporte rien, à part le plaisir d’être lue et cela me suffit amplement.

Je refuse tout partenariat, billet sponsorisé et pub, ce qui me permet une grande latitude d’écriture et une objectivité à toute épreuve.

J’estime que bloguer n’est pas un métier, juste un hobby. Pour autant, même si ce n’était pas le but final, écrire ici m’a ouvert de nombreuses portes professionnelles et a été la source de multiples et fructueuses rencontres.

J’écris pour être lue. Ce qui ne veut pas dire que je suis prête à tout pour être lue, comme offrir gratuitement mon contenu à un site commercial qui se rémunérerait grâce à de la publicité.

Je découvre ainsi régulièrement mes écrits repris dans leur intégralité sur des sites, qui, même s’ils citent leurs sources sont dans l’illégalité la plus totale.

En effet, les règles de la propriété intellectuelle sont claires et s’appliquent même sur les blogs, en dépit de ce que semble penser la plupart des gens.

Comme l’explique très précisément cet article d’Eklablog:

« En France le droit de courte citation est soumis à certaines règles :

-       Elle doit être partielle (2 paragraphes maximum) à moins de justifier clairement de l'autorisation de l'auteur ou de ses ayant-droit.
- elle doit être utilisée "dans la mesure justifiée par le but à atteindre", par exemple pour illustrer un propos ou le contenu d'un article.


-       Elle ne doit pas porter atteinte au droit moral


-       L'auteur doit être clairement mentionné. Dans le cas d'article pris sur le Net, doivent être mentionnés le nom de l'auteur et un lien direct vers l'article dont est extrait la citation.

La reproduction d'un article au-delà de la longueur autorisée ou dans son intégralité peut-être considéré comme contrefaçon, délit pénal pouvant être sanctionné jusqu'à 2 ans de prison et 150 000 € d'amende, si vous ne pouvez justifier de l'autorisation de l'auteur. »

Les blogs sont soumis aux mêmes règles.

Pour beaucoup d’éditeurs de site, la simple mention du nom de l’auteur ou un lien vers un blog suffit  et autorise, de fait, à recopier l’intégralité d’un texte sans autorisation.

Aujourd’hui je découvre que Youmag, un site qui ambitionne de devenir « le nouveau Spotify de la presse » a pompé en intégralité un de mes articles ici. Quand on arrive sur cette page, tout porte à croire que j’ai écrit, de façon rémunéré mon billet sur ce site alors que c’est faux.


Après une rapide recherche sur le net, je tombe sur cet article des Echos. Il nous apprend qu’ "une équipe d'une dizaine de journalistes met en forme les contenus de Youmag" et qu' "une fois l'offre publicitaire lancée, dans les prochains jours, les revenus publicitaires seront partagés avec les éditeurs, comme pour les articles vendus".

Facile dans ces conditions de monter un site et d’engranger des recettes publicitaires sur du contenu volé, sans jamais rémunérer les auteurs ou même leur demander l’autorisation.

"Nous croyons en la valeur éditoriale" clame haut et fort le fondateur du site. Visiblement, beaucoup moins en la valeur morale….

Le pire dans tout ça, c’est que peu de gens semblent reconnaître le préjudice une fois pris la main dans le sac : 

"Après tout, l’important est d’être lu non ?" "c’est plutôt flatteur" et "c’est une bonne façon de se faire connaître" sont les objections les plus souvent avancées.

Autant de prétextes fallacieux qui permettent à de nombreux sites commerciaux de récupérer du contenu gratuitement et de façon illégale. Dernier exemple en date, le site MeltyBuzz, qui a été contraint au retrait d’un article et à des excuses publiques suite au bad buzz sur Twitter. Malgré ce cas d’école, le racket du contenu sur internet a encore de beaux jours devant lui…