> Tout à l'ego

vendredi 5 octobre 2012

Comment l’impression 3D va révolutionner notre quotidien

J’ai beau être accro aux réseaux sociaux, passionnée de nouvelles technologies et de mondes virtuels (sujets dont je vais essayer de parler plus régulièrement ici), je reste paradoxalement très attachée aux objets. Cela me vaut d’ailleurs quelques railleries, notamment quand je sors mon vieil agenda en cuir buriné par les ans pour noter mes rendez-vous plutôt que mon Iphone. Ou quand je clame que jamais une liseuse ne remplacera pour moi l’odeur du papier frais ou le toucher soyeux d’une page.

C’est pourquoi je suis particulièrement intéressée par les techniques qui permettent d’enrichir ces objets, créant ainsi un pont entre réalité et virtualité. Parfait exemple découvert l’année dernière : ce petit capteur très ingénieux qui permet à une plante verte de tweeter un message à son propriétaire quand elle manque d’eau. Plus récemment, je me suis rendue à Beaubourg à une exposition de l’artiste Neri Oxman qui y présentait 20 sculptures numériques imprimées à partir d’imprimante 3D.



J’y ai rencontré à cette occasion Michael Lellouche, dirigeant de la société Arketyp 3D, et distributeur en France de la technologie 3D Objet. Il a gentiment pris le temps de m’expliquer les dessous passionnants de l’impression 3D. Une véritable technologie d’avenir puisque le très sérieux The Economist y voit une 3ème révolution industrielle ! (rien que ça !).


Le principe est simple : l’impression se fait au moyen d’une imprimante ressemblant à une imprimante classique reliée à un ordinateur, à partir d’un fichier ou d’un objet qui sera numérisé. Ce qui est magique, c’est que l’objet se crée ensuite sous vos yeux progressivement, sous forme de couches très fines de matière. Pour l’avoir vu en direct, c’est bluffant !



Comme me l’expliquait Michael Lellouche d’ Arketyp 3D, « Evoluant dans le secteur de l’impression 3D depuis 11 ans, j’ai pu constater l’évolution de cette technique. Au départ destinées aux industriels, les premières machines très onéreuses ont fait place progressivement  à d’autres, moins chères et plus simples. A ce jour, par exemple, Boeing a utilisé plus de 22 000 pièces produites par impression 3D dans ses avions. Et l’évolution extrêmement rapide des matières utilisées augure de possibilités de création infinies»

Mais ce qui est réellement passionnant et enthousiasmant, c’est que le grand public pourra y avoir accès dans un futur proche! Depuis le print shop du coin de la rue ou de chez soi, chacun pourra télécharger un fichier en libre accès et fabriquer son téléphone, sa poignée de porte ou sa paire de baskets ! Grâce à un scanner 3D, il sera possible de numériser un objet défectueux par exemple et reconstituer la partie manquante. Cette statue dans la vitrine vous fait de l’œil ? Une photo 3D et vous pourrez la reproduire chez vous !

Aux Etats-Unis, les communautés de « makers » éclosent, ces accros du « Do it Yourself » à mi-chemin entre le geek, le hacker et l’artisan. Il faut dire que la technologie a tout pour plaire : elle relance la production locale, élimine les frais de transports et la pollution induite et lutte à sa manière contre la standardisation.



A ce jour, les réalisations liées à l’impression 3D sont aussi bluffantes que diversifiées : un exosquelette permettant à une petite fille de se mouvoir, une prothèse totale de machoire ou encore cette imprimante permettant de recréer des os. D’autres, plus gadgets tel ce fœtus humain modélisé en 3D ou ce téléphone complet, électronique comprise. Au-delà des lunettes, dentiers ou même d’un bâtiment entier ou d’un avion, l’impression 3D permettra aussi de…fabriquer sa viande ! Une solution à la faim dans le monde ?

Lamartine s’interrogeait en 1830 « objets inanimés, avez-vous donc une âme ? ». En 2012, l’impression 3D nous permet d’y répondre sans hésitation !
Impressionnant !


Pour en savoir plus :
Arketyp 3D, distributeur en France de la technologie d’impression 3D Objet

jeudi 4 octobre 2012

Je ne suis pas un pigeon


Dernier billet sur les auto-entrepreneurs et après, promis, je varie les sujets (moi-même, je fatigue c’est pour dire).

Juste une mise au point car je lis beaucoup de raccourcis et de contre-vérités à mon sujet. Quand cela vient de blogueurs, ce n’est pas grave. Quand cela vient de media sérieux c’est plus dérangeant.

Ainsi, Libération m’associe dans cet article au mouvement des pigeons qui ont crié à « la fausse mort des auto-entrepreneurs ». France TV fait de même ici, le site « Arrêt sur Images » me décrit, quant à lui, comme une volatile qui « voit ses rêves brisés par un gouvernement sans cœur » (tu la sens la grosse dérision là ?).

Sauf que je vais le répéter : je ne fais pas partie du mouvement des pigeons pour différentes raisons :

-       Ce sont, pour la plupart, des anonymes. Tout comme les pétitions, les revendications à visage couvert me gênent. Je donne autant de poids aux anonymes qui trollent derrière leur écran pour poster des commentaires rageux qu’aux revendications des foules sans visage. Prendre ses responsabilités, écrire en son nom est un minimum si on veut s’impliquer dans une lutte quelle qu’elle soit.

-       Je ne me reconnais pas dans les revendications qui tournent essentiellement autour de la plus-value sur les cessions d’entreprise

-       Ce que je vois passer sur Twitter avec le hashtag « pigeons » va du pire au meilleur, des revendications sensées aux pires clichés

-       Je ne sens pas à proprement parler de cohésion entre tous les entrepreneurs, qui parleraient tous d’une même voix, au sein d’un mouvement unifié. Pire, je sens même parfois un certain mépris de classe à l’égard des auto-entrepreneurs. Ceux qui m’ont affublée du sobriquet de « lumpenentrepreneur » étaient eux-mêmes des entrepreneurs

-       Enfin, je me méfie toujours des mouvements de foule quels qu’ils soient. « Quand on est plus de 4, on est une bande de cons » disait Brassens et je partage assez cette avis. Je crains, de plus,  les récupérations du mouvement par l’UMP ou le MEDEF.

Quand j’ai écrit ma lettre au Président, ce n’était rien qu’un billet d’humeur, posté en mon nom. Je n’ai jamais prétendu représenter qui que ce soit ni n’ai revendiqué aucune appartenance. Qu’on me laisse au moins cette liberté.

mardi 2 octobre 2012

"Parano" "mythe urbain" : les auto-entrepreneurs victimes du syndrome Facebook, vraiment?


Depuis hier, je vois fleurir sur la toile des billets qui tentent de décrédibiliser l’inquiétude ressentie par les auto-entrepreneurs. On y parle de « panique et parano », de « mythes urbains du web ». En gros, nous aurions été tous victimes d’une « hallucination collective ». Ca ne vous rappelle rien ? La semaine dernière, nous avions déjà vécu le « syndrome Facebook » et j’y trouve beaucoup de points communs.

Tout d’abord une communication fumeuse et volontairement opaque, dans les 2 cas, amplifiée par des médias alarmistes. Dès vendredi matin, « La fin des auto-entrepreneurs » et autres titres anxiogènes n’ont cessé de tourner en boucle, ajoutant à l’inquiétude générale. Dans la journée de samedi, nous apprenions enfin par Sylvia Pinel que l’exonération de charges, au cœur du système, serait toujours d’actualité. Lundi, nous en savions un peu plus, à savoir que les cotisations seraient alignées sur celles des autres entrepreneurs, soit a priori une augmentation de 3%. Mais rien de vraiment confirmé. Beaucoup de bruit pour rien alors ? Certainement pas, car les choses ne vont certainement pas s’arrêter là. Ce matin, Sylvia Pinel évoque en effet dans « Les Echos » la mission d'inspection de l'IGF et de l'Igas qui débute prochainement. Elle mentionne un nouveau point à l’ordre du jour : la limite du régime de l’auto-entreprenariat dans le temps. Alors que le gouvernement prône l’égalitarisme en alignant les cotisations, il crée une nouvelle différence entre les entrepreneurs avec cette limite de temps. 2 poids 2 mesures sous couvert de « protection des personnes concernées ».

Comme pour le syndrome Facebook, j’ai vu également beaucoup de gens donner des leçons « après coup », jouant ainsi les experts à peu de frais. Quand on n’est pas soi-même impliqué ou que l’on est passé à côté du buzz de vendredi, il est très facile de regarder cela avec distance une fois les choses un peu plus clarifiées. Pour Facebook, j’avais reçu beaucoup de messages de personnes paniquées qui me demandaient de leur expliquer comment effacer leurs MP. Une fois la rumeur dissipée, ce sont les mêmes qui raillaient ceux qui avaient cédés à la panique, affirmant fièrement qu’il ne fallait pas croire tout ce que l’on disait. Dans les 2 cas, beaucoup de jugements péremptoires et peu de connaissance de sujet. Combien parmi ces « experts du web auto-proclamés » savent régler correctement leurs paramètres de confidentialité ? A peu près aussi peu que le nombre de personnes qui connaissent réellement le sujet de l’auto-entreprenariat. Le prétexte commode du délire collectif a l’avantage certain de ne pas devoir se justifier sur d’autres points plus obscurs. Circulez, y a rien à voir.

En ce qui me concerne, je ne regrette pas mon billet de vendredi pas plus que je n’ai de leçons à recevoir. L’intérêt du blog c’est l’immédiateté, la photographie subjective de l’instant T. La journée de vendredi était différente d’aujourd’hui, mes billets aussi. Et jusqu’à preuve du contraire, même si le régime d’auto-entrepreneur n’est pas menacé, nous ne savons toujours pas vraiment à quelle sauce nous serons mangés. La vigilance reste donc de mise.

Edit : Eric me signale ce jour cet article très pédagogique et qui permet d'y voir plus clair

lundi 1 octobre 2012

Danser sous la pluie...



A quelques jours d’intervalle, j’ai appris que 2 personnes de mon entourage avaient vécu des drames personnels et que je n’en ai rien su.

Facebook ne dit pas tout. Nos vies sous cellophane, nos statuts décalés ou joyeux, nos « j’aime » ou nos photos d’un bonheur figé ne racontent pas l’essentiel. Ils ne disent pas nos peurs, nos moments de solitude, nos doutes, notre mal-être. Le rire est la politesse du désespoir, aussi nous planquons nos angoisses et nos drames sous les fards d’une gaieté factice, d’un bonheur en carton. Il ne s’agit pas d’ « en mettre plein la vue », de se créer de toutes pièces une vie imaginaire qui ferait envie aux autres. Juste de garder sa dignité et de faire comme si l’existence continuait, sans statuts plaintifs ou messages cachés.

Je m’en veux rétrospectivement de n’avoir pas décelé ces drames chez mes 2 amies. Pour moi qui n’aime pas le téléphone, Facebook me permet de garder un œil quotidien et bienveillant sur la vie de ceux que j’aime. Mais j’en oublie parfois de lire entre les lignes et je rate le coche. Il m’arrive pourtant de décoder certaines choses, à travers un sourire trop figé, répété à l’identique sur une dizaine de clichés. Ou de voir qu’étrangement, un membre de la famille disparaît soudainement de tous les albums photos. Mais là, je n’ai rien vu, sans doute trop empêtrée dans mes propres problèmes d’égo.

Régulièrement, j’essaye de prendre du recul et je me demande quelle image de moi est projetée sur ma page Facebook. Que se dégage-t-il de ce cadavre exquis forcément réducteur fait de photos et de mots d’enfants, de clichés de gâteaux ou d’autopromotion éhontée de mon blog ? Une caricature forcément.

J’admire ces 2 amies qui n’ont rien laissé percer de leurs drames. Quand j’ai vécu des moments difficiles, j’ai essayé de ne rien dire sur Facebook mais certains ont très vite décodé qu’il se passait quelque chose. Une citation un peu désenchantée, une photo de profil changée et immédiatement quelqu’un m’a dit « tout va bien Sophie ? ». Même quand je restais muette, mon silence éloquent était perçu comme un aveu. Je n’ai pas su donner le change, par volonté inconsciente d’être plainte ou écoutée, je pense. Cet échec renforce d’autant mon admiration pour ces 2 personnes.

« Vivre sa vie ne veut pas dire attendre que l’orage passe.  C’est apprendre à danser sous la pluie ».

Continuez à danser, mes amies, vous le faites divinement bien.