> Tout à l'ego

samedi 10 décembre 2011

Chimène Badi : quand l'industrie du disque va plus loin que les magazines féminins dans la dictature de l'apparence





La dictature des apparences ne semble plus avoir de limites.

Récemment, la marque de prêt à porter H&M s’est illustrée en accolant aux têtes de ses mannequins des corps dessinés à l’ordinateur. Des silhouettes parfaites érigées en canons de la beauté forcément inaccessibles puisqu’irréels.


Des mensurations aussi artificielles que celles des poupées Barbie (96-46-86 centimètres) qu’aucun régime ou opération de chirurgie esthétique ne permettraient d’atteindre.

Dans ce contexte faut-il s’étonner de la transformation de Chimène Badi en poupée Barbie, métamorphose qui coïncide étrangement avec la sortie de son nouvel album ? C’est d’ailleurs l’argument physique qui est mis en avant pour attirer le chaland dans la presse :

« Cheveux coupés, teints en blonds, sourire aux lèvres, Chimène Badi n'a plus rien à voir avec le jeune fille ronde et ringarde de ses débuts, engoncée dans ses tailleurs noirs peu avantageux. »

« Exclu Public : Chimène Badi : “Je reviens avec 30 kg de moins !” »

« Découverte dans Popstars 2, Chimène Badi s'est forgée l'image d'une chanteuse de talent, mais coincée dans la peau d'une jeune femme timide et complexée par son physique. A la veille de la sortie de son nouvel album, on la retrouve resplendissante et métamorphosée. »

Une nouvelle plastique pour vendre un nouvel album, une chanteuse érigée en bête de foire « venez mesdames et messieurs, approchez et découvrez l’ancienne grosse/coincée/ringarde transformée en bombe sexuelle » : l’industrie du disque ne recule devant rien pour faire vendre.

Quitte à mettre en danger la santé mentale de la chanteuse qui a cru bon de revendiquer une perte de poids chiffrée dans tous les magazines. Dangereux pour l’estime de soi en cas de reprise de kgs…

Pour transformer l’ex chanteuse ringarde en bombe sexuelle, rien n’a été laissé au hasard: la décoloration en blonde, les cheveux lissés, les robes courtes, les ongles laqués et les talons de 12 cms soit tous les attributs de la poupée Barbie. Quant à la perte de poids, pas question d’avouer un quelconque régime. Si Chimène Badi a maigri c’est à cause de problèmes de santé « ll y a deux ans, j’ai eu des problèmes de rein, J’ai fait une pyélonéphrite. Depuis, je dois avoir une alimentation saine et boire beaucoup. ».

L’argument ne tient pas la route. La pyélonéphrite n’a jamais fait maigrir personne, tout comme boire de l’eau n’a jamais permis de perdre 30 kgs.

L’explication la plus vraisemblable, et la plus pathétique finalement, c’est que Chimène Bady a subi les pressions de ses managers afin de devenir un produit formaté, sexué et plus « bankable » que la jeune fille coincée en tailleur noir. Une forme déguisée de tapinage artistique qui pousse à s’interroger : à quoi aurait ressemblé Edith Piaf en 2011 ?

jeudi 8 décembre 2011

La femme invisible, l'héroïne préférée des médias français

Ou sont les femmes ? Pas dans les médias en tout cas…Un rapport remis hier à Roselyne Bachelot a mis en évidence de manière flagrante leur sous-représentativité: au total les téléspectateurs entendent 7 fois plus d’hommes que de femmes !

En 2011 seules 18% d’expertes ont été amenées à apporter leur éclairage dans les médias contre 82% d’hommes. La presse reste le média le plus masculin (seulement 15% de femmes), suivie de la télévision (18%) et de la radio (23%).

Le bonnet d’âne revient à Yves Calvi avec 5% d’expertes ! En un mois (du 22 août au 23 septembre), seules sept femmes ont été invitées sur le plateau de « C dans l’air » ! L’impression de voir toujours les mêmes têtes dans cette émission n’est donc pas une vue de l’esprit : les cumulards de l’info qui officient régulièrement chez Yves Calvi portent le costume cravate et sont indéboulonnables !


A force de ténacité, quelques rares femmes parviennent néanmoins à apporter leur expertise dans les médias : cependant, là encore, leur temps de parole est limité ainsi que l’explique « Le Parisien » : « Un sujet sur le grand banditisme sur M 6? La seule spécialiste interrogée parlera quarante-six secondes contre trois minutes pour cinq messieurs interrogés! Idem dans un numéro de « C dans l’air » sur la Sécurité sociale, où la seule experte a eu droit à cinq minutes contre dix pour les autres invités. »

«La légitimité du savoir reste masculin» affirme Michèle Reiser, présidente de la commission : lorsqu’elles sont sollicitées pour témoigner, les femmes reste souvent cantonnées à leur rôle de mère ou de victime.

L’acte d’engagement pour améliorer l’image des femmes dans les médias signé en 2010 par les présidents de chaîne semble donc n’avoir eu que peu de répercussions…

Brigitte Gresy, inspectrice de l'Inspection générale des affaires sociales, veut malgré tout y croire : les choses changeront notamment grâce à l’impératif économique « Dans un monde de plus en plus concurrentiel, faire appel à des expertes permet de capter l'audience féminine. Ce n'est plus seulement un argument qui sert la cause, c'est un argument repris par les professionnels ».

Ces mêmes professionnels qui évoquent la difficulté de trouver des expertes quand on pointe leur sous-représentativité dans les médias…

Au-delà des quotas et des mesures chiffrées, il y a donc sans doute un travail à mener en terme de valorisation des parcours des femmes pour qu’elles n’aient plus de scrupule à s’auto-proclamer « expertes ».

J’avais, pour ma part, déjà remarqué ce déficit en terme d’image personnelle dans mon étude sur l’auto-sabotage des femmes sur internet : les utilisateurs de Twitter se définissant comme « expert » dans leur biographie étaient à 85% des hommes !

mercredi 7 décembre 2011

Et le bordel fut...

Avant j’avais des principes. Maintenant j’ai des enfants.

Avant d’être mère, je m’étais jurée que mes enfants n’envahiraient jamais notre salon par exemple. A chaque fois que j’allais voir des copains dont les pièces à vivre regorgeaient de portiques, caisses de jouets, camion géants et autres décorations bariolées j’étais partagée entre consternation et compassion. Symboliquement, cette invasion en disait long sur la place du couple et celle des enfants-rois au sein du foyer. Chez moi ça serait différent, incontestablement : chacun serait à sa place, pas question de laisser ma descendance marquer son territoire à coup de Barbie ou de toupies Beyblade. Et puis on ne s’était pas décarcassé à décorer l’appart pour qu’il soit relooké façon « La Grande récré ».

Puis naquit le divin enfant. Et avec lui le bordel.

D’abord le tapis d ‘éveil puis le transat, la chaise haute, le youpala ont débarqué sans crier gare dans le salon (de toutes façons, ils auraient pu hurler avec un mégaphone, on n’aurait pas réagi tellement on était épuisés). A cette époque, la décoration ne faisait plus vraiment partie de nos priorités, quant au regard des gens, on ne s’en souciait guère puisque notre vie sociale était proche du néant. Puis le temps a passé, les enfants ont appris à marcher, à manger à table avec nous et tout ce barda n’avait plus de raison d’être. Ouf l’occupation par l’ennemi en couches allait être de l’histoire ancienne !

C ‘était sans compter sur l’imagination de notre chère descendance, qui, tel un oiseau migrateur, prend chaque jour un malin plaisir à déplacer consciencieusement ses jouets de la chambre vers le salon. Je suis sûre que si des scientifiques se penchaient sur la question, ils trouveraient des similitudes entre le cerveau des oies et ceux des enfants ! La transhumance commence dès le réveil : c’est d’abord le doudou de la nuit qui débarque dans le salon puis la boîte de feutres suivis des 10 000 micros accessoires Playmobil, des puzzles et des mini-pièces de Légo (je vous laisse imaginer le bonheur de marcher en pleine nuit dessus !). La même scène se répète quotidiennement : chaque jour, tel un ministre de l’intérieur zélé, je raccompagne les jouets sans papiers dans leur patrie et chaque matin je les vois réapparaitre dans mon salon. Si on filmait mes journées en caméra accélérée, je pense que la scène serait digne des meilleurs films comiques : on verrait les enfants apporter tout leur bazar en courant, puis on me verrait échevelée tout rapporter dans leur chambre et ainsi de suite ! Ne manquerait plus que la musique de Benny Hill en fond sonore !

Je ne sais pas vraiment à quel moment nous avons perdu le dessus, je n’ai plus vraiment de souvenirs clairs à ce sujet. Tout ce que je sais c’est que les enfants ont gagné, ils ont marqué leur territoire, les jouets sont partout. Il n’y a pas de caisses visibles, de vélo en évidence ou de gros camion, l’ennemi est bien plus subtil que ça. Il a réussi à s ‘imposer partout sans ostentation, en toute discrétion. La preuve en images.


Oh la jolie table basse! Rien qui dépasse!


L'ennemi a judicieusement planqué son bazar dans des tiroirs coulissants!


Le beau meuble hi fi blanc laqué choisi amoureusement


RIP nos CD, qui ont été remplacés par des puzzles et de jeux de société


Le joli meuble industriel typiquement bobo

Là encore l'envahisseur a pris possession des lieux

Meme le canapé a été réquisitionné

Une innocente chaise pour bébé...

...renferme une terrible cachette secrète!

L'ennemi, sûr de lui, a étendu son territoire : la salle de bains...


...mon bureau...

...ma chambre!Bon, ok j'avoue les jouets sur l'étagère sont tous à moi, interdiction d'y toucher!

mardi 6 décembre 2011

Tu ne mentiras point


Via le blog « apprendre à manipuler », je suis tombée sur une histoire incroyable. Cathal Morrow, un intellectuel anglais a fait le pari fou de passer une année entière sans mentir ! Appliquant à la lettre les préceptes de Kant qui condamnait le mensonge au nom de la morale et de la raison, il a tiré un livre de son expérience « The complete Kant », dont on peut lire le premier chapitre sur son blog. L’homme, qui a quitté son entreprise de ressources humaines pour se consacrer à l’écriture, a passé un appel à contribution sur le réseau social « a small world » en indiquant qu’il reverserait la moitié des bénéfices à qui le financerait. Une société de capital-investissement a relevé le défi en le subventionnant pendant un an, sans signer de contrat : à quoi bon quand on ne ment pas ?

Cathal Morrow raconte que cette expérience l’a ouvert sur le monde mais qu’il y a parfois eu des moments difficiles : lorsque sa femme lui a demandé si elle avait de grosses fesses (« oui mais je les aime ! ») ou quand ses enfants lui ont demandé si le père Noel existait par exemple !

Mais à partir de quand commence-t-on à mentir ? D’après l’auteur du blog « « apprendre à manipuler », un enfant de 3 ans ne ment pas. « Absolument pas par « bonne conscience » mais parce qu’à 3 ou 4 ans, on ne distingue qu’une seule justesse : celle que l’on perçoit. A cet âge, tout ce que nous faisons nous parait juste, il n’y a aucune raison de vouloir le dissimuler ! »

Cette expérience filmée par la TSR le prouve en images !

"Les adultes qui n’ont jamais appris à suivre un chemin spirituel personnel, et qui désirent absolument être consensuels, mentent. Ils n’ont jamais évolué et restent dans la même logique qu’à leur enfance : ils doivent s’adapter aux désirs des autres pour plaire, pour ne pas être exclu. Pour cela, ils mentent. »

Et moi, où en suis-je avec le mensonge ? Jusqu’à il y a quelques années, je mentais aux autres par besoin de reconnaissance, animée par une irrépressible envie d’être aimée. Je disais oui alors que je pensais non, je fuyais la confrontation, je maquillais mes idées. Et parfois, quand la limite du supportable était atteinte, quand la différence entre mon moi véritable et mon moi social était devenue intolérable, j’explosais. A la grande surprise de mon entourage, secoué par le décalage soudain entre la fille lisse du quotidien et cette furie échevelée. Avec le temps, j’ai appris à davantage m’accepter, j’ai cessé de chercher la reconnaissance et l’acceptation d’autrui à tout prix. Je suis devenue moins consensuelle et plus diplomate.

Si je devais faire l’expérience du non-mensonge pendant une semaine comme le propose le blog « apprendre à manipuler », je pense que je m’en sortirais plutôt bien.

Ayant beaucoup souffert du non-dit dans mon enfance, je me suis toujours jurée de dire, dans la mesure du possible, la vérité à mes enfants. Je leur dis que jouer avec eux m’ennuie, je leur dis quand je n’ai pas le moral, je leur explique pourquoi leur père m’énerve parfois. Je leur dis aussi que je les aime, que je crois en eux et que sont les meilleurs enfants du monde. Car dire la vérité ce n’est pas seulement assener des phrases assassines.

Avec mon mari, j’ai toujours fait preuve d’une extrême franchise (parfois excessive d’après ses dires !). Je me souviens que ma grand-mère paternelle, effrayée par mon franc-parler, me conseillait de le complimenter régulièrement, même si je n’en pensais pas un mot ! « Dis lui « oh que tu as une belle cravate ! » ».

C’est finalement dans le cadre de mon ex-sphère professionnelle que j’ai été amenée à mentir le plus fréquemment. Chaque jour, je jouais le rôle de quelqu’un que je n’étais pas, masquant mes envies et mes aspirations, essayant tant bien que mal de devenir l’employée du mois. Jusqu’au burn-out.

Depuis que je ne me mens plus à moi-même, je ne mens (presque) plus aux autres. Et si c'était ça la maturité?

lundi 5 décembre 2011

Lili poupée casse-couille ou quand les parents ont des devoirs


Vendredi soir, j’ai récupéré mon fils à la sortie de l’école avec sa bouche pincée, caractéristique d’une contrariété ou d’un truc resté en travers de la gorge. « Tiens », s’es-il contenté de me dire en me fourguant dans les bras un sac en tissu synthétique à grosses fleurs roses. En jetant un coup d’œil à l’intérieur j’ai identifié une poupée noire, une valise et un cahier A4. « Elle s’appelle Lili, va falloir la garder le week end et marquer dans le cahier ce qu’on a fait avec elle » a-t-il expliqué d’un air aussi guilleret qu’un condamné sur l’échafaud.

Et merde. Le retour de la malédiction du machin à trimballer partout pour faire plaisir à la maîtresse. Parce qu’on y avait déjà eu droit en petite section au doudou cochon nommé « Tititata ». La première fois on avait trouvé ça rigolo, même mon fils s’était senti investi. Mais là, en CP, il est davantage dans le trip Beyblade/chevaliers/pirates que pouponnage. C’est donc moi qui allais m’y coller…Joie dans les cœurs !

Arrivée à la maison, j’ai ouvert le cahier et y ai découvert 2 avertissements « MERCI DE NE PAS LAVER LES VETEMENTS ET D’EN PRENDRE GRAND SOIN », assorti d’un inventaire en 2 exemplaires des 12 tenues de Lili. J’ai reconnu la légendaire souplesse de l’instit, celle-là même qui file des mauvais points aux élèves qui osent aller aux toilettes pendant la classe. Contrairement à Tititata, nous n’étions, cette fois-ci, pas les premiers à inaugurer le cahier, 3 familles s’y étaient déjà collées avant nous. Et on peut dire qu’elles avaient fait les choses bien : photo encadrées, légendes tapées sur l’ordi avec polices différentes à chaque fois, agenda de ministre (« Lili au cirque » « Lili au cinéma » « Lili chez une copine »). Les parents modèles quoi : moi qui comptais bâcler le truc ça n’était plus possible, la barre était très très haute. Je me suis demandée comment feraient des parents qui parlaient très mal le français ou n’avaient pas d’appareil photo numérique. Ok, l’enfant pourrait toujours dessiner ce qu’il a fait avec Lili mais il serait forcément mal à l’aise par rapport au professionnalisme des élèves précédents. De toutes façons, pas le droit de critiquer c’est « un projet PE-DA-GO-GI-QUE » : j’imagine toutes les bonnes raisons formulées dans un charabia didactique pour justifier cette mascarade qui n’a d’autre finalité que de faire bosser les parents !

Visiblement, ce genre de projet a le vent en poupe, si j’en juge les réactions de mes amies sur Facebook « moi c'était un ours en peluche. J'y suis déjà passée mais NOAH en avait rien à faire. il ne l'a même pas calculé. Bon courage:-) » « moi l'année dernière un ours cette année... une souris!!! » « nous, on a eu Mr Moustache....et Laetitia* n'en avait rien à faire non plus ! Mr Moustache..je te jure, quelle idée ! » « ahah je me souviens de Lucette la souris qui épongeait le vomis de mon chien l' an dernier :-))) ». Une véritable épidémie cette invasion de bestioles à poils !

Ne voulant pas que mon fils se fasse remarquer, je me suis attelée au remplissage consciencieux du cahier, tout en pestant intérieurement. Il en a fallu de l’imagination d’autant que nous avons été cloitrés à la maison pour cause de weekend pluvieux ! Ce fût parfois électrique « JOSEPH VIENS TOUT DE SUITE FAIRE SEMBLANT DE LIRE UNE HISTOIRE A LA POUPEE POUR QUE JE FASSE UNE PHOTO » mais la mission a été accomplie. Mon fils ne sera pas la risée de sa classe et j’ai gagné ma médaille de mère parfaite.

Enfin, officiellement. Parce qu’officieusement, je n’ai pas pu m’empêcher de régler son compte à cette saleté de Lili qui nous a pourri le week end. Petit extrait de mon shooting perso :

Lili version sado maso


Lili version Véronique Courjault


Lili version "Tu t'es vue quand t'as bu"


Lili version "Bob Marley power, je fume la ganja"

*Certains prénoms ont été changés pour préserver l'anonymat des mères!