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lundi 29 septembre 2014

Sur les planches

 Moi il y a 10 ans, dans la pièce "5 filles couleur pêche" montée avec mon cours de théâtre.

Moins d’internet et plus de vraie vie, telle était ma bonne résolution de cette rentrée (dit celle qui tape sur son clavier en ce moment).

Retrouver le goût des choses simples, délaisser la clameur des réseaux sociaux pour se donner rendez-vous avec soi-même plus régulièrement.

Moins de Facebook, de Twitter et de blog, plus de temps au téléphone, au restaurant, dans les librairies et au cinéma. Davantage de mains serrées, de joues embrassées et de rires échangés.

Reprendre le théâtre est une envie qui couvait depuis longtemps et que je viens enfin d’assouvir mardi dernier. Alors que je persistais depuis 6 années de pratique à m’inscrire en « débutant » je viens enfin de sauter le pas en choisissant le cours des « confirmés ».

Sortir de ma zone de confort est une philosophie que j’essaye d’appliquer ces derniers temps à ma vie quotidienne. Ca passe par choisir le couloir de nage rapide à la piscine plutôt que de m’ennuyer dans la file des nageurs lents. Dire oui à un passage à la télévision. Accepter d’intervenir dans une conférence. Ecrire sur des sujets que je ne maîtrise pas à 100%

Et remonter sur les planches.

Bien sûr, après 10 ans d’interruption, l’exercice n’est pas des plus faciles. On retrouve le ridicule des exercices d’échauffement, le contact de personnes qu’on ne connaît pas.

On réapprend à apprivoiser ce corps si grand et si raide, à habiter cette grande carcasse.
On cherche une posture à ces bras ballants.

Et on se compare inévitablement aux autres.

Le dernier exercice a été très révélateur. Chacun d’entre nous devait mimer à tour de rôle 3 émotions (la tristesse, la joie puis la colère) en ne prononçant qu’une phrase proposée par le public. L’exercice est extrêmement difficile car tout devait passer dans le regard, la gestuelle sans pour autant tomber dans la caricature. Tellement obsédée par ma volonté d’occuper l’espace, je me suis levée, ai marché, tourné, et ai fait des grands gestes qui finalement n’apportaient rien à la scène. Une autre s’est simplement assise à chaque fois, a prononcé sa phrase sans fioriture, pleine d’intensité et de conviction. Et est passée d’une émotion à une autre avec une grande maitrise et une infinie justesse. Bluffant.

Passer dans le cours des confirmés m’a réellement fait prendre conscience du chemin qu’il reste à parcourir en terme de jeu. Mais c’est aussi un formidable défi à relever.

Alors que je souffrais d’insomnie depuis des semaines, j’ai enfin pu profiter d’une nuit de sommeil complète mardi dernier. Preuve que d’autres choses se jouent aussi sur une scène de théätre…