> Jeu d'écriture à partir d'un incipit

vendredi 8 février 2013

Jeu d'écriture à partir d'un incipit


Aujourd'hui, nous allons partir d'un incipit (la première phrase d'un livre) pour écrire un texte.

La voici : "Le camion avance" (incipit du livre de Jacques Lanzmann "Le dieu des papillons")

A vos claviers!

Comme d'habitude, si vous le souhaitez, vous pouvez poster votre participation dans les commentaires.


Voici mon texte (à ne pas lire si vous souhaitez participer!).
 
Le camion avance. Dommage, ça me plaisait bien moi d’être coincé dans les embouteillages. C’étaient des minutes supplémentaires passées près de toi papa. De toi, je ne vois que le col de chemise et la main impatiente qui tapote sur le volant et passe nerveusement les vitesses. Ton odeur de sapin comme je l’appelle, à cause de ce produit que tu mets après t’être rasé, je l’inspire de toutes mes forces pour garder un peu de ta présence. Toi, tu es déjà dans l’après. Tu consultes ton agenda, appelles tes clients. Je suis déjà loin. Ces 2 jours, une semaine sur 2, c’est trop et pas assez. Trop parce que je vois bien que je vous gêne un peu, Claire et toi, que je perturbe votre vie bien rangée. Pas assez parce qu’en 2 jours, on a tout juste le temps de prendre ses marques qu’on doit déjà repartir. Comme si on t’agitait sous le nez une barbe à papa, joufflue et parfumée, et qu’on te l’enlevait juste après 2 bouchées. Un goût de trop peu. Tu sais, même si je n’ai que 6 ans, je sens bien que ça ne te suffit pas à toi non plus papa. Parfois, tu me serres trop fort dans tes bras ou tu inspires l’odeur de mes cheveux, les yeux fermés, comme du temps où maman et toi étiez encore mariés. En y repensant, ma tête dodeline doucement contre l’appui-tête de mon siège auto. J’oublie l’école qui m’attend dans quelques minutes, les contrôles, la peur au ventre. Les souvenirs défilent en même temps que le paysage derrière la vitre. Brusque retour à la réalité. Tu klaxonnes, tu cries contre ce camion qui s’arrête encore « Non mais avance ! On va jamais y arriver ! ». Si seulement c’était vrai.