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vendredi 12 avril 2013

Jeu d'écriture



Aujourd'hui je vous propose un jeu auquel j'ai participé lors du labo de l'écriture des nouveaux talents.

En voici la consigne:

Choisir parmi la liste ci-dessous un personnage + un lieu + un objet.


Personnages 
Un jeune militaire au crane rasé qui porte un gros sac
Une vieille dame qui a un cabas avec plein de journaux
Une pré ado (10-12 ans en pleurs)
Un trentenaire banquier qui a démissionné

Lieu
Une fermette abandonnée dans les Landes
La boutique d’un brocanteur aux puces
Un abribus
La salle en rotonde des Invalides avec le tombeau de l’empereur

Objet
Une boussole dont l’aiguille est bloquée
Une pierre fossile d’un reptile
Un carnet vierge avec une ou 2 pages écrites
Un billet de banque sur lequel a fait un signe de reconnaissance

Contrainte de temps : 20 minutes maximum!
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Voici mon texte. J'ai choisi :

Un trentenaire banquier qui a démissionné
Un abribus
Un billet de banque sur lequel a fait un signe de reconnaissance

"Le bus 66 arrive, celui qui le conduisait habituellement à son travail tous les matins. Il regarde désormais cette foule automate avec indulgence, presque tendresse. Ca se pousse, ça se serre, s’invective “vous pouvez pas attendre le prochain?” lance une jeune fille en pleurs. Bruit pneumatique des portes qui se ferment sur ces costards cravates, ces tailleurs/talons hauts qui partent travailler comme lui auparavant. Avant qu’il ne plaque tout, la banque, son CDI, son plan d’épargne entreprise. Tous ces fils à la patte, comme autant de barreaux à sa prison dorée. “Tu la voyais pas comme ça ta vie”, chantait Souchon dans son enfance, ça lui revient en tête désormais. Assis sous l’abribus, il aperçoit le bus 82 arriver. Immobile, il égrène le nom des stations comme autant de présages de doux moments à venir, loin de la cohue et du quotidien. Une balade au champ de Mars le nez au vent, une sieste impromptue sous la Tour Eiffel. Et pour finir une échappée au jardin du Luxembourg. Il va bien falloir le meubler tout ce temps maintenant. Faire croire à sa femme, ses enfants que rien n’a changé, donner le change. Avoir l’air fatigué malgré tout le soir pour ne pas se faire démasquer. Papa a beaucoup travaillé aujourd’hui. Pour se donner du courage, il sort de sa poche ce billet de 50 francs qu’il avait rangé dans une enveloppe il y a 25 ans exactement, comme un testament de l’enfance. Il inspire profondément puis relit comme un mantra cette phrase écrite d’une main malhabile « es-tu fier de ta vie ? ».