> Mère coupable, bande de salopes ou connasse : mon top 10 des t-shirts les plus sexistes

lundi 15 juin 2015

Mère coupable, bande de salopes ou connasse : mon top 10 des t-shirts les plus sexistes



Les vêtements à messages ont le vent en poupe. Pourtant, alors qu’ils pourraient être l’occasion pour tordre le cou aux stéréotypes ou promouvoir l’empowerment des femmes à travers des messages positifs, ils se contentent souvent de filer la métaphore sexiste.
Démonstration en 10 exemples totalement subjectifs.

1°) Trop mignonne pour faire mes devoirs


"Too  pretty to do my homework" (trop mignonne pour faire mes devoirs) : visiblement, pour la marque de vêtements pour ados "Wet Seal", une jeune femme ne peut être à la fois jolie et intelligente. En 2011, la marque JC Penney avait déjà crée la polémique en commercialisant un t- shirt dans le même esprit estampillé "Too  pretty to do my homework so my brother has to do it for me" (trop mignonne pour faire mes devoirs donc mon frère les fait à ma place). Devant le bad buzz, elle avait été contrainte de les retirer des rayons.

2°) Certifiée mère coupable

Après la mode des mères indignes, voici venu le temps des "mères coupables" affichées en toutes lettres sur des t-shirts ( merci @vgbell pour la découverte). Coupables de quoi ? De "vouloir se baigner dans un verre de Mojito géant". Ces vêtements sont vendus sur le blog du même nom qui, d’après son auteure, "fait passer de drôles de messages sur des t-shirts et autres produits dérivés pour décomplexer les mamans d’aujourd’hui". Merci pour l’œuvre de salut public hein. Sauf que comme Nadia Daam, nous sommes beaucoup à saturer de la mode des mères indignes qui "surjouent le cynisme sans être motivés par une réelle réflexion et volonté de démythifier la parentalité. Mais surtout, parce que ces personnages sont récupérés à des fins commerciales: le mouvement qui voulait déculpabiliser les parents est finalement en train de les gonfler. Si à la base, il s'agissait de dire "Je ne suis pas une mère parfaite, et alors? ", le message est aujourd'hui dévoyé en "Hey, les mauvais parents, achetez mon livre, des billets pour mon spectacle". 

Et mes t-shirts.  De plus, cette rhétorique du parent indigne ne concerne que les mères, il suffit de jeter un œil aux vêtements commercialisés pour s’en rendre compte.  Point de t-shirt "Père indigne" ou "Père coupable" sur les sites de vente en ligne concurrents. En revanche, pléthore de "Papa cool", "Super Papa" ou "Papa VIP", qui, eux, ne se sentent nullement coupables de vouloir de temps en temps se baigner dans un verre de Mojito géant.


3°) Je m'entraîne pour être la femme de Batman


 
"Training to be Batman's wife" (je m'entraîne pour être la femme de Batman) : pour DC Comics, la célèbre maison d’édition américaine, les hommes rêvent de devenir des super-héros et les femmes…de les épouser ! Dansun billet cinglant, la blogueuse PJ says remet les pendules à l’heure : "Je n'en ai rien à faire d'être la femme de Batman, moi ce que je veux c'est être Batman". 


Un bad buzz qui n’a rien d’inédit puisque quelques jours avant DC Comics avait déjà fait polémique en commercialisant un t-shirt avec l’inscription "Gagné ! Superman emballe à nouveau".

4°) Bande de salopes


Gone est une marque française vendue sur le site RAD dont les vêtements sont "hautement expressifs et interpelleront". Comprendre, honteusement sexistes à défaut d’avoir un vrai contenu de marque à véhiculer. On trouvera donc parmi la collection le sweat-shirt "Bande de salopes" "Aujourd’hui pas de culotte" ou "Femme de bandit" (décidément, se définir comme "femme de" est un grand classique du t-shirt à message).

5°) Keep calm and rape a lot


Le célèbre slogan "Keep Calm and Carry On" (Restez calmes et continuez) a été de nombreuses fois détourné de manière humoristique : "Keep calm and don’t stress » ou "Keep calm and eat chocolate" par exemple. En revanche, on rit beaucoup moins en découvrant les vêtements de la marque américaine Solid Gold Bomb incitant à la violence conjugale. Vendus sur Amazon,  ces t-shirts revisitent le célèbre slogan avec "Keep Calm and rape a lot" (Restez calmes et violez beaucoup) ou encore "Keep Calm and hit her" (Restez calmes et frappez-la). La marque, littéralement prise d’assaut sur les réseaux sociaux, a été contrainte de s’expliquer et a invoqué une erreur due à l’utilisation d’un algorithme générant automatiquement des slogans à partir d’une base de milliers de mots.

6°) Connasse

La "connasse" est tristement devenu un véritable phénomène de mode. Après le collier "Connasse", la mini-série "Connasse", le livre "La femme parfaite est une connasse", voici donc le t-shirt "Connasse". Ou comment les femmes s’auto-sabotent en ayant l’impression d’être subversives et décalées. On me répondra que c’est de l’autodérision. Une faculté dont les hommes semblent être cruellement dépourvus si l’on jette un coup d’œil à la collection masculine de la marque : ici point de connard ou de salaud, seulement du "Voyou au grand cœur"  du "Prince charmant" ou du "Garçon chic". Cherchez l’erreur.

7°) Allergique à l’algèbre


Pour certains fabricants de vêtements, les clichés sexistes à destination des jeunes filles ont décidément la vie dure. Après Wet Seal et JCPenney, c’est à la marque pour ados Forever 21 de commercialiser un t-shirt pour filles rose, portant l’inscription "Allergic to algebra" (allergique à l’algèbre). Ce genre d'affirmation "sape les efforts entrepris pour lutter contre la sous-représentation des femmes dans les filières scientifiques", a déclaré Erika Ebbel Angle, ancienne Miss Massachusetts et fondatrice de plusieurs projets éducatifs en sciences, dans un communiqué. La représentante de la marque a depuis présenté ses excuses et assuré prendre les mesures nécessaires.

8°) Eat less

La marque américaine de prêt à porter Urban Outfitters a crée la polémique en 2010 en commercialisant un t-shirt estampillé de l’injonction "Eat less" (mange moins). Comble de l’ironie, le vêtement était porté par un mannequin ne dépassant pas la taille 36. Accusée de promouvoir l’anorexie et la taille zéro, la firme a dû retirer son vêtement de la vente. Ce qui ne l’a pas empêché de commercialiser l’année dernière un t-shirt de très mauvais goût, barré du mot "Dépression".
 
9°) Coupe du Monde 2014

Carton rouge pour la marque Adidas  qui a joué la carte de l’humour sexiste à l’occasion de la Coupe du Monde de football 2014. L’équipementier sportif a ainsi choisi  d’imprimer sur ses t-shirts des illustrations pour le moins suggestives : les fesses inversées d’une femme en string sur l’un, une jeune femme sexy en maillot de bain, ballon à la main accompagnée de l’inscription: "Looking to score" ("cherche à marquer un but") sur l’autre. Dans un communiqué, la ministre brésilienne des politiques pour les femmes, Eleonora Menicucci, a déclaré : "Il est inadmissible qu’une multinationale de produits sportifs comme Adidas (…) vende des tee-shirts avec des images et des phrases qui lient le Brésil au tourisme sexuel. Cette campagne stimule la prédation sexuelle (…). Elle manque de respect à notre pays et l’agresse en reproduisant un imaginaire que nous nous efforçons sans relâche d’enterrer définitivement. "

10°) La vérité sur les filles


A l'occasion du lancement de la Nouvelle Renault Twingo, l'enseigne automobile a commercialisé en février dernier une collection capsule nommée "La vérité sur les filles" composée dune ligne de sweats, tee shirts et tote bags. Alors que l’opération aurait pu être l’occasion de battre en brèche les clichés, la marque s’est enfoncée dans les stéréotypes sexistes, à l’image des phrases imprimées sur ces sweat-shirts : "Je mange du gluten", "Je crois au prince charmant et aux licornes", "Je ne suis pas chiante, je suis cérébrale", "J’adore les enfants (quand ils dorment) ", "Je suis un cordon bleu du surgelé", ou encore "Femme jusqu’au bout de mes sneakers". Des femmes uniquement définies par leur régime, leur prince charmant, leur cuisine et leur apparence. Renault n’en est pourtant pas à son coup d’essai question campagne sexiste : en 2014, un spot de pub diffusé par Renault en Belgique pour promouvoir la nouvelle Twingo avait été retiré quelques heures après sa mise en ligne sur les réseaux sociaux.  On y voyait un une jeune femme garer sa voiture sur le terre-plein central d'un rond-point puis noter son numéro sur une serviette hygiénique,  déposée sur le pare-brise.