> Pfff encore une critique positive d' "Intouchables"...

samedi 5 novembre 2011

Pfff encore une critique positive d' "Intouchables"...

J’aurais aimé vous parler d’un film coréen ou kazakh au titre sybillin, un truc d’art et d’essai seulement connu d’une poignée de gens, au sujet bien noir et déprimant. Ca vous pose une bloggeuse ce genre de référence.

J’aurais aimé vous dire qu’ « Intouchables » le dernier film d’Olivier Nakache et d’Eric Tolédano, est une niaiserie de plus au box office, une « fable relou et démagogique » pour reprendre le titre très classe des « Inrockuptibles », garants du bon goût et de la branchitude depuis 1986. Ca m’aurait permis de me démarquer du concert de louanges lu et entendu sur tous les médias et de sortir du lot.

Pourtant, je ne vais pas être originale et vais rejoindre la cohorte de spectateurs ravis : « Intouchables » est un très bon film, dont on ressort à la fois ému et transporté.

Si on ne sait pas que l’histoire est basée sur une histoire vraie, on peut craindre, comme ce fut mon cas, l’abus de grosses ficelles et de clichés en tout genre. La rencontre du riche tétraplégique et du jeune des banlieues peut vite virer à un mauvais épisode de "Plus belle la vie". Pourtant ce n’est jamais le cas, le duo de réalisateurs ne cédant jamais à la sensiblerie, alternant humour acide et scènes d’émotions avec une grande dextérité. Comme Driss, le héros du film, le traitement du handicap est « sans pitié » c’est aussi ce qui le rend réaliste et sincère, sans mièvrerie inutile. Les jeux de mots et les boutades frôlent parfois la ligne rouge par leur côté décomplexé mais ne la dépassent jamais. Pour autant, même si l’humour est omniprésent, il existe de vrais moments d’émotions tout au long du film qui m’ont émue aux larmes.

Au-delà de cette mécanique scénaristique bien huilée, il faut également saluer le jeu brillantissime des acteurs : on retrouve le côté extraverti d’Omar Sy, son rire ravageur et communicatif mais on lui découvre aussi une facette jusque là inexploitée, un jeu tout en sensibilité et en demi-teinte dans la veine des grands comiques. François Cluzet est lui aussi époustouflant : cloué sur son fauteuil, il arrive à retransmettre une incroyable palette d’émotions d’un clignement d’œil ou d’un sourire en coin, nous rendant le personnage de Philippe irrésistiblement attachant. Avec un jeu d'une grande sobriété, il fait la place belle à Omar Sy, dans un habile numéro de duettiste.

Ce film est donc à la fois un grand moment de plaisir et une très belle leçon de vie. Et pas seulement grâce à la jolie histoire racontée dans le film.

Il y a quelques années, je fréquentais une bande d’amis dont faisait partie Olivier Nakache. Je l’avais croisé à plusieurs reprises alors qu’il officiait en tant que disc-jockey dans des mariages, enchaînant « Celebration » avec « Et pour les mariés chantant tous Mazel Tov ». C’était quelqu’un d’adorable, de drôle et d’accessible et qui méritait vraiment d’en arriver là où il est aujourd’hui.

Je suis vraiment ravie qu’il puisse faire cohabiter aujourd’hui Vivaldi et Kool and the Gang dans la bande son de son film mais aussi dans celle de sa vie. Bravo à toi Olivier et longue vie à tes films!