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lundi 14 janvier 2013

Le poids des stéréotypes



Le 21 décembre dernier, j’ai eu la chance d’être invitée au 2ème forum de la mixité qui se tenait à l’Espace des Blancs Manteaux.

L’originalité de l’événement, au-delà du salon qui regroupe une soixantaine d’exposants, ce sont ces 20 ateliers très concrets (leadership, visibilité, stéréotypes, parentalité…) animés par des experts.

J’ai pu assister à 2 sessions : visibilité en entreprise et stéréotypes.

C’est sur ce second atelier que je m’attarderai aujourd’hui, animé par Inès Dauvergne, responsable diversité à l’IMS et Corinne Hirsch, cofondatrice du laboratoire de l’égalité.

Nous avons commencé la séance par un petit exercice interactif afin de nous mettre en jambe : lister l’ensemble des qualités et défauts hommes/femmes (intéressant d’ailleurs de voir que les hommes, ultra-minoritaires dans l’assemblée, on réussi à parler davantage que les femmes tout au long de l’atelier !)

Petit florilège des qualités et défauts féminins: sensibles, attentives, consensuelles, patientes, agressives, autoritaires, sérieuses, maternelles, imaginatives.

Qualités et défauts au masculin : suffisants, autoritaires, arrogants, ambitieux, séducteurs, carriéristes, bornés, manipulateurs, narcissiques.

Il ressortait de cet exercice interactif que les stéréotypes semblaient assez bien partagés par les 2 sexes : une étude citée par les intervenantes le confirme bien. Menée auprès de 1200 managers (hommes et femmes), elle démontre ainsi qu’un tiers d’entre eux pensent que les 2 sexes sont génétiquement programmés pour avoir des compétences différentes.

Hommes et femmes sont d’ailleurs assez d’accords sur les stéréotypes : d’après les verbatim collectés, les femmes sont intuitives, créatives, empathiques, organisées, les hommes sont cartésiens, combatifs, font preuve de leadership et d’autorité.

Partant de ce constat, Catherine Vidal, neurobiologiste, est ensuite venu nous expliquer l’origine de ces différences.

Il y a 15 ans, le poids de l’innée était très lourd. Psychologues et neurobiologistes n’hésitaient pas à asséner de façon définitive « Tout est joué avant 6 ans ». Les chercheurs ont depuis fait une découverte fondamentale : la plasticité du cerveau, qui se construit en fonction des apprentissages et de l’expérience de la vie. Il apparaît que nous avons donc tous et toutes des cerveaux différents (il y a d’ailleurs plus de différences entre des cerveaux du même sexe qu’entre des cerveaux d’hommes et de femmes).

Le système visuel illustre d’ailleurs très bien cette plasticité: à la naissance, le nouveau-né possède une vision limitée et n’acquiert une vision équivalente à celle d’un adulte qu’à l’âge de 5 ans. Si l’œil de l’enfant n’est pas exposé à la lumière, les connexions neuronales ne se feront pas et la vision en sera affectée.

90% de nos connexions neuronales se construisant après la naissance, l’influence de l’environnement est donc prépondérante.
De plus, avant un an et demi, l’enfant ne s’identifie pas à un sexe. Il a pourtant été sexué bien avant sa naissance par ses parents (avec une chambre rose ou bleue par exemple).

Ce sont ces interactions qui vont contribuer à développer des comportements différents et non pas un quelconque déterminisme biologique conclut alors Catherine Vidal.

La séance s’est ensuite achevée sur un échange autour des « best pratices » en matière de lutte contre les stéréotypes.

J’ai trouvé cet atelier passionnant, pédagogique et très accessible. Il m’a donné envie de connaître plus en détail les travaux de Catherine Vidal et m’a permis de mieux décoder et comprendre les stéréotypes.

Pour aller plus loin sur le sujet et s’amuser à lister l’ensemble des préjugés intériorisés par les femmes, je vous conseille la lecture de cet article, sur lequel je suis tombée par hasard : « La cuisine de femme existe-t-elle ? ». 

Un joli florilège de stéréotypes égrenés par les femmes elles-mêmes :

 « Une femme ne cuisine pas pour séduire ou accomplir un exploit, mais pour nourrir, fédérer. C'est une cuisine tournée vers les autres, quand celle des hommes, réfléchie, carrée, tient plus de la performance »

« Les hommes sont plus techniques, quand les femmes sont rassembleuses »

 « Nous faisons une cuisine plus débrouillarde, plus instinctive peut-être. Moi je cuisine comme si j'étais une femme au foyer qui a de l'argent, du temps et qui veut faire plaisir. La cuisine d'homme est souvent plus technique, elle revêt plus un côté 'show' »

Preuve, s’il en fallait une, que c’est dans les vieilles casseroles que l’on fait les meilleurs stéréotypes !



jeudi 10 janvier 2013

Jours avec, jours sans


Les jours sans
Se lever, boule dans la gorge, en se demandant, embrumée, « quel jour on est ? ». Accompagner sa fille à l’école en pilote automatique, la tête dans ses pensées.
Regarder les autres mères, apprêtées et volubiles embrasser leur enfant rapidement et partir vers leurs autres vies.
Essayer de deviner lesquelles : avocates ? Comptables ? Comédiennes ? Dans ces cas-là, quoi qu’elles fassent, je les envie.
Retrouver l’appartement vide, fantomatique. Ranger les tasses du petit déjeuner, faire tourner une machine.
Essayer de pondre un article pour le blog. Accouchement difficile, épisiotomie nécessaire mais c’est mieux que rien.
Un coup d’œil sur Facebook : les vies des gens, joliment enveloppées sous cellophane, m’exaspère. Sur Twitter, pas mieux, les trending topics me donnent la nausée, entre homophobie et antisémitisme. Couper tout.
Déjà midi.
Faire chauffer un plat Picard ou les restes de la veille.
Repenser avec nostalgie à la cantine de son ex-boîte, à la caissière qui me disait « vous êtes ma meilleure cliente ! ».
Manger pour s’alimenter, sans grand plaisir, par nécessité.
Retrouver son ordinateur, la tête vide, les jambes coupées.
Démarcher ? Pas envie. Ecrire ? Pour qui, pour quoi ?
Envie d’un café, moi qui n’en bois jamais, juste pour discuter autour de la machine à café.
Repenser à ses anciens collègues, ne se souvenir que du meilleur, de ces fou-rires, de ces moments de partage, de ces mains tendues qui m’ont aidées à tenir.
Se dire que c’est une folie d’avoir quitté la World Company. Que même si ce n’était pas drôle tous les jours, j’avais la sécurité de l’emploi, un salaire fixe.
Qu’est ce que je croyais ? Qu’on m’attendait à l’extérieur, qu’on allait me dérouler le tapis rouge ? Comme si j’étais la seule à avoir envie de vivre de ma plume…
Faire une brioche pour se changer les idées.
Les mains dans la farine, se concentrer sur l’ici et le maintenant.
Laisser la pâte (et mon esprit) reposer.
Confondre la fonction étuve de mon four avec la fonction grill.
Retrouver un morceau de charbon en ouvrant la porte du four.
Vraiment un jour sans.

Les jours avec
Se réveiller avant l’heure, la tête foisonnant d’idées.
Se précipiter sur son ordinateur pour les fixer avant qu’elles ne s’évaporent, pendant que la maisonnée dort encore.
Entendre, depuis le bureau, les respirations profondes des enfants. Se dire que c’est un petit miracle.
Accompagner sa fille à l’école, sa petite main chaude dans la mienne.
Refaire le monde, fixer son petit rire cristallin à jamais dans mon esprit.
Voir les autres mères, pressées, fanées, partir vers leur autre vie.
Se dire qu’on a de la chance d’avoir échappé à tout ça.
Boire un café avec les mères des copines de ma fille. Se réchauffer le corps et le cœur.
Retrouver la maison vide, apprécier le calme, la sérénité. Se presser des oranges. Se faire griller du pain.
Sortir de la machine le linge qui sent bon la fleur d’oranger.
Mettre en ligne un article sur le blog écrit la veille.
Voir les commentaires affluer, y répondre attentivement, se sentir rassérénée, revigorée.
Lire les statuts sur Facebook, sourire, avoir le cœur pincé, vibrer. Ressentir des bouffées d’amour et de reconnaissance pour ces amis, cette famille qui est là pour moi, quoi que je fasse.
Lire les messages sur Twitter, tous ces yeux invisibles qui me parlent, me répondent, réagissent et me soutiennent.
Ne plus jamais se sentir seule.
Recevoir des propositions de boulots. On a pensé à moi. On aime beaucoup ce que j’écris.
Déjà midi.
Filer retrouver ma mère ou une copine pour un déjeuner.
Refaire le monde, recharger les batteries, prendre le soleil.
Passer à la librairie du coin faire le plein de livres.
Les acheter sans réfléchir, sans culpabiliser, parfois juste parce que j’ai aimé la photo en couverture.
Rentrer à la maison.
Finir son article, avancer sur son autre projet.
Lire ses mails.
Découvrir que l’on a gagné un concours d’écriture et la tablette qui va avec.
Se dire que l’on a bien fait de changer de vie, définitivement.
Vraiment un jour avec.

Merci à tous ceux qui ont permis à mes journées d’être « des jours avec » : ma mère, Juju, Guy, Nicole, Joanne, Miko, Audrey, Guetty, Muriel, Agnès, Deborah, Delphine, Morticia, Sophie, Audrey L. (et bientôt R !), Vanille, David, Virginie, Fielus, Cécile&Co, Amandine, Clim, ma ptite Val, Carole, Cédric alias Gentilchanoir, Tatiana et Natacha, Pimpette Dunoyer, Corinne Dillenseger, Dan Dhombres, Anne-Charlotte, Sarah-Pearl, Elooooody, Euterpe, Gregatort, Delphine D., Doudette, Fred Gosselet, Nardeau, Fred Alpi, Domy Dom…j’en oublie surement…

Merci à tous les lecteurs, ceux qui commentent et ceux qui n’osent pas, votre présence est chère à mon cœur.

Je vous souhaite à tous, du fond du cœur, 365 jours avec !

lundi 7 janvier 2013

Noel 2013 : vers la fin des jouets genrés?



L’année dernière, la petite Riley s’insurgeait dans une vidéo contre les séparations de genre dans les magasins de jouets : « Pourquoi demande-t-on aux filles d’acheter des princesses, et aux garçons d’acheter des super-héros ? Les filles aussi veulent des super-héros ! », « Ils essaient de piéger les filles avec des trucs roses, il y a des garçons qui aiment les poupées et les super-héros ». 




Aurait-elle été entendue cette année ?  Le catalogue de Noel de Super U semble avoir répondu à sa demande en mettant en scène au sein de ses pages des petits garçons câlinant des poupées et des petites filles captivées par des petites voitures. Pour autant, les séparations filles/garçons n’ont pas disparu du catalogue et l’enseigne réfute toute volonté militante. "Nous ne sommes pas non plus dans la provocation, mais dans la réalité d'une société qui change, dans laquelle la place respective des hommes et des femmes change" assure le responsable des relations extérieures du groupe.


En effet, les temps changent, de plus en plus de femmes investissent le marché du travail, pour autant le marché des jouets semble désespérément bloqué dans les années 50. Cuisine, nettoyage, apparence et robes de princesses sont encore et toujours réservés au rayon « filles » des magasins. S’agirait-il d’un backlash, d’un retour de bâton idéologique, renvoyant les mères et leurs filles aux fourneaux et au sein du foyer pour contrebalancer les avancées professionnelles des femmes ?

Contrairement à une idée reçue, cette séparation genrée dans le domaine du jouet est assez récente. Cet article du New York Times nous apprend qu’il n’en a pas toujours été ainsi : le genre était ainsi remarquablement absent des publicités de jouets au tournant du 20e siècle, mais a joué un rôle beaucoup plus important dans le marketing du jouet dans les années antérieures et postérieures à la seconde  guerre mondiale. Cependant, au début des années 1970, la séparation entre "les jouets des garçons" et "les jouets des filles" a semblé s’éroder. L’auteure a ainsi constaté lors de ses recherches qu'en 1975, très peu de jouets étaient explicitement commercialisés selon le genre et que presque 70 % n'ont montré aucune signalisation de genre du tout.

Dans les années 1970, les annonces de jouet défiaient souvent des stéréotypes en montrant des filles en capitaine d'avion construisant et jouant et des garçons mitonnant des petits plats dans la cuisine. Mais depuis 1995, la publicité genrée a fait un bond en arrière pour revenir à une situation comparable à celles des années 50. Trouver aujourd’hui un jouet qui n'est pas commercialisé explicitement ou subtilement (par l'utilisation de couleur, par exemple) par le genre est devenu incroyablement difficile.

Il y a plusieurs raisons qui expliquent l’essor du marketing genré. D’un point de vue pratique, les fabricants de jouets savent qu'en segmentant le marché dans des groupes démographiques étroits, ils peuvent vendre plus de versions du même jouet. Et la nostalgie incite souvent les parents et grands-parents à offrir des jouets qui leur rappellent leur propre enfance.


Cependant, quelques initiatives provenant de grandes marques de jouets tendent à prouver que les lignes semblent bouger progressivement, à la demande des consommateurs. Après Riley l’année dernière, McKenna Pope, adolescente de 13 ans a fait récemment le buzz en s’indignant que la marque Hasbro ne propose son four Easy Bake qu’en rose et violet. Sa pétition sur le site Change.org a récolté plus de 30 000 signatures en une semaine et a attiré l’attention d’Hasbro qui l’a invitée dans ses locaux.  A cette occasion, la marque lui a présenté un prototype de four, dans les tons bleus, gris et noirs qui devrait être commercialisé l’été prochain. Mission accomplie !



Mattel a également décidé d’élargir sa gamme de produits en proposant aux petites filles un jeu de construction Barbie Mega Bloks. Les blocs sont roses bonbon et servent à construire une maison digne de Paris Hilton mais l’effort est là. Il n’y a, encore là, sans doute pas de démarche militante mais surtout une volonté de surfer sur le succès commercial des Lego Friends, la gamme développée spécifiquement à l’attention des petites filles.

Francetvinfo avait récemment dressé le portrait robot du jouet de Noël 2012 : high-tech, éducatif, chiné sur le bon coin, made in France et…unisexe. Noël 2013 sera sans doute décisif pour juger s’il s’agit d’un profond changement de mentalité ou d’une simple tocade des consommateurs. RDV sur le blog l’année prochaine pour en juger !


vendredi 4 janvier 2013

Mon interview sur l'Express Styles


Quand l'Express Styles m'a contactée pour faire partie des "top blogs" de la rédaction j'ai été agréablement surprise : il n'est pas courant qu'un blog qui parle féminisme fasse partie d'un quelconque palmarès, les thématiques vedettes étant généralement celles consacrées à la beauté, la mode, la cuisine, ou la déco.

Vous trouverez donc mon interview ici : "On n'a jamais eu autant besoin des féministes".

Bonne lecture!

mardi 1 janvier 2013

Une pilule qui a du mal à passer...




J’avais vu passer ces derniers jours, sans trop m’y pencher, quelques articles au sujet de l’AVC subi par une jeune femme qui prenait une pilule dite « de 3ème génération ». Avant elle, une jeune femme qui prenait le même contraceptif, était décédée en 2007 d’une embolie pulmonaire.

Je n’avais pas fait le rapprochement avec la pilule que je prends depuis plus de 10 ans, Méliane, avant de lire cet article de Martin Winckler (toujours très pédagogique comme d’habitude). Je mets d’ailleurs au défi les femmes de définir précisément à quelle génération appartient leur contraceptif, information qui n’est pas donnée lors de la délivrance et qui ne figure pas sur l’emballage.

Je suis vraiment tombée des nues en retrouvant ma pilule sur le banc des accusés surtout que j’ai un historique qui aurait dû mettre la puce à l’oreille aux différents médecins qui me l’ont prescrite : j’ai 2 parents cardiaques et qui ont du cholestérol. Quant à moi, j’étais au-dessus des normes lors de ma dernière prise de sang (qui remonte à 4 ans, les renouvellements se faisant sans aucun contrôle). Durant ces 10 ans, personne n’a jugé bon de m’avertir des conséquences possibles ou de m’orienter vers un autre type de contraceptif.

En faisant quelques recherches complémentaires sur internet, j’ai également découvert que cette pilule, agissant sur les hormones mâles, avait pour conséquence de diminuer la libido (il suffit de taper « pilule libido » pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène sur les forums). Encore une fois, aucune information à ce sujet ne m’a été communiquée, les médecins jugeant sans doute cette précision peu importante et puis « la libido des femmes c’est dans la tête de toutes façons ». Celle des hommes semble, en revanche, faire l’objet de bien plus de considération, comme l’explique Gaelle-Marie Zimmermann dans cet article : on y apprend ainsi que des chercheurs américains seraient sur le point d’élaborer la pilule pour homme mais que la probabilité qu’elle diminue la libido masculine retarde sa commercialisation. Que des armées de femmes aient vu leur désir s’évanouir dans la nature suite à la prise d’un contraceptif ne semble poser problème à personne, en revanche, pas touche à celui de ces messieurs !

J’imagine déjà la réaction paternaliste de mon généraliste si je lui demande de me changer de pilule « ah ah, faut pas croire tout ce qu’on dit dans les journaux ma bonne dame. Et puis faut arrêter d’aller sur internet ».

Jusqu’ici, je trouve que j’ai pourtant été bien docile et malléable envers de médecins qui m’ont entendue mais jamais écoutée.

Comme cet échographiste qui m’a lancé un jour « vous avez un utérus retroversé, c’est une anomalie, vous aurez des problèmes pour avoir des enfants » puis s’est contenté de me renvoyer vers sa secrétaire pour régler ma consultation sans m’expliquer quoi que ce soit (j’ai appris ensuite que c’était très commun et n’empêchait nullement d’être enceinte).

Comme cette gynécologue qui me confirme que je suis enceinte « d’un truc ridicule, pas très visible à l’échographie, si ça se trouve c’est arrêté » puis m’expédie sans plus d’explications, me laissant avec mes doutes et mes angoisses.

Comme cette interne vue à l’hôpital suite à des saignements à 2 mois de grossesse et qui me lance « y a rien du tout là-dedans ». Devant mon air effondrée elle ajoute « enfin, y a un truc mais c’est un œuf vide ».

Comme ce médecin qui me renvoie chez moi avec une pilule abortive pour « évacuer tout ça » en me précisant juste que j’aurai quelques douleurs et en omettant les contractions dignes d’un accouchement, le sang et la souffrance.

Comme ce gynécologue qui n’a pas voulu m’écouter quand, enceinte, je lui disais que j’avais mal aux reins « toutes les femmes enceintes ont mal aux reins ». Résultat : infection des reins, hospitalisation pendant 2 semaines, tension à 6 et aucune certitude que le bébé soit épargné.

Comme ce chef de service qui n’a pas voulu transmettre à ma sortie mon dossier médical à mon gynéco et n’a rien voulu me répondre quand je m’inquiétais de ne plus sentir mon bébé bouger à part « il faudra faire une échographie quand vous serez sortie »

Comme ce généraliste qui n’a pas entendu mon inquiétude quand à l’étrange grosseur qui était apparue soudainement et qui s'est soldée finalement par une infection et une opération en urgence.

Comme ce pédiatre qui m’expédie en 5 minutes, m’infantilise quand je pose des questions, le compteur tourne.

Comme tous ces médecins vus lors de ma grossesse et pour qui je ne suis qu’un utérus sur patte, dans lequel on plonge les mains en regardant ailleurs. Une vulgaire machine sans âme qui s’écoute trop.

La liste est longue et j’en oublie encore…La seule personne du corps médical qui m’ait vraiment écoutée c’est une infirmière croisée lors de mon hospitalisation pour mon infection des reins. 39,5 de fièvre, enceinte de 6 mois et pleine de contractions, son apparition m’a fait l’effet d’un ange surgi de nulle part. Une petite réglette à la main elle m’avait simplement demandé d’évaluer ma douleur sur une échelle de 1 à 10. Je crois que personne avant elle ne s’en était soucié. Je ne l’ai jamais revue.

En attendant, je cherche toujours mon Dr Sachs…